31 juillet 2005

Photo Ivanoh Demers, La Presse
Magella Dionne, dentiste gai de La Pocatière, est heureux de vivre dans la ville «la plus homophile» du Québec (selon ses dires).
Être gai en région
Luc Boulanger
La Presse
Libérée, la Belle Province? Pour des militants d'associations gaies et lesbiennes qui vivent en région, la vie homosexuelle ne se limite pas au Village à Montréal ni au quartier Saint-Jean-Baptiste dans la Vieille Capitale. Tour du Québec.
Hors de Montréal, point de salut pour les gais et les lesbiennes? Pas si vite! À l'encontre des idées reçues, certains homosexuels refusent de considérer Montréal comme un Eldorado rose.
«Je connais des gens qui sont revenus en région seulement quelques mois après avoir déménagé à Montréal», dit Judith Laurendeau, de la Coalition d'aide aux gais et lesbiennes d'Abitibi-Témiscamingue, à Val-d'Or. «Bien sûr, en Abitibi, rencontrer l'âme soeur n'est pas simple ; les lesbiennes et les gais sont souvent cachés ou isolés les uns des autres. Mais ce n'est guère plus facile de trouver la perle rare à Montréal. J'ai des amis qui sortent dans le Village et ne rencontrent que des gars de bars friands d'aventures sans lendemain.»
À l'autre bout du Québec, Magella Dionne, président de l'Association Gai Côte-Sud (desservant le territoire entre Montmagny et Rivière-du-Loup) abonde dans son sens. «À Montréal, les relations sont souvent éphémères alors qu'en région, les gens sont plus solidaires et les couples, plus stables.»
L'homme originaire de La Pocatière, dentiste de profession et père de trois enfants (il était hétéro dans une autre vie) va jusqu'à affirmer que sa ville est «la plus homophile» du Québec ! Et il n'a pas besoin du Village pour afficher sa fierté gaie.
Il a accroché un drapeau aux couleurs de l'arc-en-ciel sur la devanture de sa clinique dentaire à La Pocatière. Geste jugé trop militant par une partie de sa clientèle familiale, qui a changé de dentiste. «Ce n'est pas grave, dit-il. J'ai perdu 30 clients... mais j'en ai gagné 50 nouveaux. Des gens plus ouverts, plus jeunes.»
Semer le changement
Longtemps perçue comme un endroit imperméable à la différence et à la marginalité, la région semble suivre l'évolution des mentalités. Le site Internet du magazine Fugues recense une cinquantaine d'associations et de groupes communautaires gais établis dans une dizaine de régions du Québec. Comme le Projet 14-25, groupe de soutien et de discussion pour les jeunes, qui se réunit au CLSC de Rouyn-Noranda. Ou encore le Projet ACE-Lanaudière (pour Action, coopération, entraide), qui organise des rencontres à Terrebonne, en plus d'offrir des «ateliers de démystification de l'homosexualité» destinés aux écoliers. Son cofondateur, Hugo Valiquette, constate un changement des mentalités depuis 1999, année où il a commencé à faire des visites dans les écoles de Lanaudière. «Au début, des élèves sortaient de la classe ou me tournaient carrément le dos! Aujourd'hui, ils sont plus curieux et leurs questions sont différentes. Avant, les élèves demandaient qui faisait l'homme et qui faisait la femme dans un couple homosexuel... Ou encore, ils passaient des commentaires sexuels. Maintenant, les adolescents posent davantage de questions sur le mode de vie, le mariage, l'adoption et les Jeux gais.»
Heureusement que les groupes communautaires existent... Car, en province, les nuits sont longues. La vie nocturne homosexuelle est pratiquement inexistante: à peine 11 bars gais dans toute la province, à l'exception de Québec et de Montréal. Voilà pourquoi plusieurs jeunes gais rêvent des nuits folles du Village et mettent le cap sur la métropole ou la capitale (comme pour les jeunes hétéros des régions, d'ailleurs).
Or, ceux qui croient que leurs problèmes s'envoleront en traversant le pont Jacques-Cartier se leurrent. «En région, tout le monde a son petit réseau de soutien, explique Judith Laurendeau. À Montréal, les jeunes des régions perdent leur réseau et ne s'en refont pas un nouveau.» Plusieurs cèdent aux excès de la jungle urbaine: toxicomanie, prostitution, MTS...
Le miracle Internet
Outre l'évolution des mentalités, la nouvelle technologie et Internet ont beaucoup aidé à briser l'isolement des gais en région. D'un clic de souris, un adolescent homosexuel de Baie-Comeau peut être en contact avec un jeune gai à 1500 kilomètres de chez lui.
Les organismes communautaires des régions ont suivi la tendance informatique en créant leur propre site pour faire connaître leurs activités. Le centre Gai Écoute a pu promouvoir sa ligne téléphonique sans frais dans toute la province grâce à Internet. D'ailleurs, en 2004, près de la moitié des appels (44 %) faits à Gai Écoute provenaient de l'extérieur du Grand Montréal.
Ces avancées ont porté leurs fruits. Au printemps dernier, lors d'un atelier dans une polyvalente à Joliette, une écolière s'est levée en classe pour s'adresser à deux garçons. «Elle en avait ras le bol d'entendre leurs jokes de fifs et de gouines, car sa mère est lesbienne, explique Hugo Valiquette. Pour un intervenant, c'est un moment inoubliable qui donne tout son sens à des années de travail.»
Pas si rose, la ville
Tous les intervenants s'entendent sur une chose: l'homophobie est aussi présente dans les villes que dans les régions. «Je connais des Montréalais qui refusent de sortir dans le Village de peur d'y être vus. Pour moi, l'important, c'est d'accepter sans honte son orientation sexuelle.»
Même son de cloche pour Linda Gauthier, mère lesbienne de deux enfants, qui habite un village des Bois-Francs: «Quand on dévoile son orientation sexuelle, généralement, ça facilite la vie. Les gais et les lesbiennes sont souvent victimes de leurs propres peurs.»
Bien sûr, il faut être fin prêt à sortir du placard. Mme Gauthier l'a fait sur le tard, à 36 ans. «À mon âge, j'avais davantage de craintes pour mes enfants, qui auraient pu subir des railleries à propos de leur mère. Or, la direction de l'école m'a assuré qu'elle ne tolère aucune forme de discrimination.»
«Les homophobes vont quitter La Pocatière avant moi! s'exclame pour sa part Magella Dionne au bout du fil, entre deux patients. Ils n'ont qu'à s'en aller au Vatican, prêcher avec monseigneur Ouellet.»
Voilà un dentiste qui ne mâche pas ses mots.
Source : http://www.cyberpresse.ca/actuel/article/article_complet.php?path=/actuel/article/27/1,4230,0,072005,1113430.php

Amnesty International s'inquiète
Amnesty International s'inquiète vivement des déclarations faites par certains hommes politiques lettons quelques jours avant la première parade homosexuelle jamais organisée en Lettonie.
Le 20 juillet, Eriks Skapars, secrétaire général du conseil municipal de Riga, est revenu sur l'autorisation qui avait été accordée aux gays et lesbiennes d'organiser une Gay Pride le 23 juillet. La décision d'Eriks Skapars a été annoncée peu après qu'Aigars Kalvitis, Premier ministre de Lettonie, eut déclaré lors d'un entretien télévisé, qu'il ne pouvait « accepter que se déroule une manifestation de minorités sexuelles dans le coeur même de Riga, près de la cathédrale du Dôme. Ce serait inacceptable. La Lettonie est un État qui s'inspire de valeurs chrétiennes. Nous ne pouvons promouvoir de telles choses, inacceptables pour la majorité des personnes de notre société. »
Le 19 juillet 2005, Leopolds Ozolins, vice-président du parlement letton, avait publié une lettre ouverte à propos de la marche des homosexuels, utilisant des termes particulièrement insultants à propos des gays et lesbiennes. Leopolds Ozolins aurait également fait un certain nombre de remarques très critiques à propos de « l'attitude ouverte et bienveillante » de l'Union européenne envers les homosexuels hommes ou femmes.
Les organisateurs de la parade avaient officiellement déposé plainte devant le tribunal administratif de Riga après notification de l'interdiction. Le 22 juillet 2005, le tribunal administratif a décidé d'annuler la décision d'Eriks Skapars d'interdire la marche des gays et lesbiennes. Le 23 juillet 2005, la parade s'est déroulée comme prévue initialement.
Selon les organisateurs et les médias ayant couvert l'évènement, environ 300 personnes ont participé à la marche des homosexuels. Dans le même temps, plus d'un millier de personnes s'étaient rassemblées pour protester contre cette parade. Certains des manifestants ont tenté de bloquer le défilé, tandis que d'autres ont employé des gaz lacrymogènes et lancé des oeufs sur les participants. Les membres de forces de l'ordre ont réussi à protéger le cortège. Au total, six manifestants ont été arrêtés, deux d'entre eux portaient des insignes nazis sur leurs vêtements.
Amnesty International s'inquiète vivement des déclarations du Premier ministre et du porte-parole adjoint du parlement et de l'impact qu'elles ont pu avoir. Amnesty International craint que ce type de commentaires de la part des autorités n'encourage un climat d'intolérance et de haine et n'incite à des débordements verbaux et des agression physiques contre des personnes homosexuelles, comme on a pu en voir lors de la Gay Pride du 23 juillet.
À propos de l'interdiction initiale de la marche, Amnesty International rappelle au gouvernement letton les obligations internationales de la Lettonie au regard des normes et du droit international relatif aux droits humains. Amnesty International lui demande instamment de respecter les droits énoncés aux articles 2, 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, concernant respectivement le droit de vivre libre de toute discrimination, la liberté d'expression et la liberté d'association.
Amnesty International demande instamment au Premier ministre d'exercer son rôle dirigeant et de veiller à ce que le gouvernement de Lettonie oeuvre activement à la promotion de ces droits et à la construction d'une société dans laquelle ces droits s'appliqueront à tous.
News Press 2005 - 27/07/2005
Source : http://www.tv5.org/TV5Site/info/regards_communiques_article.php?id_signal=2&id_zone=76&NPID=FR163103
30 juillet 2005

Lesbiennes ou hétéros ? A qui donner son sperme ?
Depuis le 1er juillet, en Suède, tous les couples lesbiens ont droit à la fécondation assistée. Mais les lesbiennes ne pourront avoir accès au sperme congelé jusqu’ici, puisque les donneurs, à l’époque, ne s’étaient prononcés que pour l’insémination des femmes hétérosexuelles. Les hôpitaux devront donc soit recontacter ces donneurs, soit créer de nouvelles banques de sperme. Sur les 18 administrations hospitalières contactées par Dagens Nyheter, certaines redoutent une baisse du nombre des donneurs, d’autres tablent sur une augmentation du nombre de donneurs homosexuels. Svante Kjellberg, chef de clinique au service de gynécologie de l’hôpital de Linköping, craint qu’un certain nombre de donneurs ne mettent fin à leur activité. “La plupart d’entre eux ne souhaitent pas faire don de leur sperme à des couples lesbiens.” Combien de donneurs compte la Suède ? On l’ignore : les registres hospitaliers sont protégés par le secret médical. Mais les médecins sont unanimes : les donneurs manquent. Si la demande de fécondation in vitro augmente, les couples hétérosexuels devront attendre plus longtemps pour être traités.
“J’ai proposé que l’on puisse choisir à qui faire don de son sperme : c’est le seul moyen de conserver les rares donneurs que nous avons aujourd’hui, même si beaucoup redoutent que les lesbiennes ne soient lésées”, explique Göran Westlander, médecin à l’hôpital Sahlgrenska de Göteborg. Un autre gynécologue, Matts Wikland, souligne que l’objectif des donneurs est d’aider les couples hétérosexuels ne pouvant avoir d’enfants. Que pensent les donneurs suédois du don de sperme aux lesbiennes ? Il n’existe aucune étude sur le sujet. En revanche, une enquête récemment réalisée auprès de donneurs danois montre que ces derniers n’y sont pas favorables.
En Suède, la procréation assistée est perçue comme un traitement. A qui devra-t-on donner la priorité ? Aux patientes infertiles ou aux femmes en parfaite santé ? Faute d’instructions du ministère de la Santé, ce sont les conseils régionaux chargés de la gestion des hôpitaux qui devront trancher.
Mikael Bondesson
Dagens Nyheter, Stockholm
Source : http://www.courrierinternational.com/insolites/insolite.asp?obj_id=53892&provenance=insolites
Gavin Lambert passe derrière le miroir
Amant de Nicholas Ray avec qui il travailla sur quatre films, le scénariste-écrivain anglais est mort à 80 ans.
Par Philippe GARNIER
mercredi 27 juillet 2005
Los Angeles correspondance
Gavin Lambert, mort dimanche 17 juillet à l'âge de 80 ans, était un Californien plus réticent que les autres. Le scénariste-écrivain anglais n'est arrivé qu'en 1956, retournant en Europe pour de longues périodes (Londres, Tanger, Rome), avant de se fixer pour de bon à Los Angeles, endroit qu'il a défini pour les Européens de façon aussi définitive que les piscines de David Hockney.
The Slide Area, le mince volume qu'il publie en 1959, n'a peut-être pas été aussi lu qu'il aurait dû, mais son titre seul était irrésistible, comme ses dernières lignes : «Les gens devraient faire plus attention, et ne pas vivre si près du bord.» Gavin Lambert avait suivi Nicholas Ray à Hollywood sous prétexte de l'aider sur Derrière le miroir (1956). Ray l'avait emballé à Londres lors d'une fête, et fait embaucher par la Fox comme dialogue coach. L'Anglais avait écrit une bonne critique des Amants de la nuit dans Sight & Sound, dont il était rédacteur en chef depuis 1950.
Assistant. Lambert était rebelle parce qu'il acceptait sans problème son homosexualité («sans être pour autant militant»). En 1956, Nick Ray l'avait averti de faire attention à Hollywood, de veiller à donner des poignées de main fermes. Arrivant dans les valises du cinéaste, avec qui il partageait le Bungalow Two du Marmont (mais pas suffisamment son lit à son goût), Lambert n'aurait pu tomber mieux : le premier soir chez Chasen's, restaurant des stars déjà musée Grévin, Ray lui souffle : «Ton premier plateau hollywoodien». Dès les premiers mois, Gavin Lambert sera reçu par George Cukor, Fritz Lang et James Whale, avant que le cinéaste ne se fracasse la tête contre le ciment de sa piscine. Il assistera Ray sur trois autres films dont Amère Victoire en France en 1957, pénible expérience pour Lambert à cause du producteur Paul Graenz, qui joue sur sa relation passionnelle avec Ray.
Deux de ses collaborations aux scénarios lui offriront des nominations aux oscars : Amants et Fils de Jack Cardiff en 1960, et Jamais je ne t'ai promis un jardin de rose d'Anthony Page en 1977. Dans les années 90, Lambert refusera d'écrire la biographie de son ami George Cukor, comme il l'en priait, parce que le cinéaste ne voulait pas aborder l'homosexualité. En 2000, par contre, Lambert fera publiquement sortir du placard tous les homosexuels (réconciliés ou non) du cinéma et du théâtre britanniques, dans ce qui reste son meilleur livre. Tout comme Anderson avait mêlé biographie et autobiographie dans son About John Ford, Lambert intitulait sciemment le sien Mainly About Lindsay Anderson. On y retrouve la prose élégante et nostalgique de The Slide Area, parfois oubliée dans ses autres livres pour un ton plus caustique, voire pipelette.
Livres inégaux. Lambert s'est adapté au cinéma avec Inside Daisy Clover. Le film est tourné en 1965 par Robert Mulligan et incarné avec passion par Natalie Wood. L'Anglais a aussi adapté son ami Tennessee Williams, écrivant en 1961 le script de The Roman Spring of Mrs Stone (le Visage du plaisir) pour Vivian Leigh, et, en 1989, une version télévisée de Doux Oiseaux de jeunesse pour Nic Roeg. Sur le tard, il a signé des livres très inégaux sur Nasinova, Norma Shearer et Autant en emporte le vent.
Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=313684
29 juillet 2005

Photo PC
Le coming-out de personnalités publiques, comme le politicien André Boisclair, contribue à faire évoluer les mentalités de l'homosexualité.
L'effet coming-out
Mario Girard
Selon des études canadiennes et américaines, 75 % des hommes gais et 85 % des lesbiennes cachent leur orientation sexuelle en milieu de travail.
De plus, la moitié d'entre eux n'en parlent pas à leur propre famille. Au moment où les gais et les lesbiennes jouissent d'une acceptation grandissante, la question demeure : doit-on le dire ou pas?
Combien d'hommes et de femmes ont vécu leur vie en dissimulant leur identité sexuelle au reste du monde? Les «vieux garçons» et les «vieilles filles» de nos familles, les oncles devenus prêtres étaient parfois des homosexuels condamnés à vivre cet état en silence. S'il est nettement plus facile aujourd'hui de s'affranchir en tant que gai ou lesbienne, plusieurs hésitent à franchir l'étape du coming-out, une démarche qui demeure un choix libre.
«Il n'y a pas de règles à cet égard, dit le psychologue Pierre Ritchot. Chacun est libre de parler ouvertement de son homosexualité ou pas. Tant mieux pour ceux qui le font, mais il y a aussi une certaine élégance à garder le silence.»
Celui qui rencontre dans son cabinet plusieurs gais désireux d'aborder cette difficile question croit qu'il y a en ce moment une insistance du milieu gai à crier haut et fort son homosexualité. «On est parti d'une société pudique à une société exhibitionniste. Personnellement, je ne suis pas sûr que ça soit bénéfique pour tout le monde. C'est sûr que la personne qui fait le choix de ne pas parler de son homosexualité rend tout un pan de sa vie invisible. Mais il lui appartient de savoir si elle est bien avec cela.»
Alain Bouchard, également psychologue, est plutôt d'avis qu'il faut parler de son orientation sexuelle à son entourage. «Je prétends qu'au bout du compte, ça va améliorer le climat sur tous les plans. Vivre dans le secret crée des contraintes qui sont étouffantes à la longue. Vous savez, c'est stressant de vivre avec l'idée qu'on pourrait être dénoncé ou découvert. Le dire enlève cette source de stress.»
Pour plusieurs gais, le coming-out favorise une libération d'abord face à soi-même. «Les gens font leur coming-out pour se sortir d'une culpabilité, dit M. Ritchot. Certains homosexuels ont l'impression qu'en jouant franc jeu, ça leur assurera un bien-être absolu. Mais rien n'assure qu'ils vivront plus heureux. Hétéro ou gai, on a des choses difficiles à vivre.»
Le coming-out peut être sélectif. Il peut se faire seulement auprès de la famille, ou alors auprès des amis ou de certains collègues. Il peut se produire à 50 ou à 60 ans comme à 13 ou à 16 ans. «Il n'y a pas d'âge pour cela, dit Alain Bouchard. Cela dit, c'est aussi difficile pour les jeunes de franchir cette étape que pour les plus vieux.»
Renaud Bourbonnais est président de l'organisme Jeunesse Lambda, qui réunit tous les vendredis soir une quarantaine de jeunes de 25 ans et moins dans un contexte ludique. Le coming-out fait partie des sujets qui reviennent le plus souvent aux rencontres. «Le plus difficile des coming-out, c'est celui qu'on fait avec soi-même. Le jeune qui a du mal à accepter son homosexualité vivra très mal cette expérience.»
Des histoires cocasses ou tragiques de coming-out, il y a en à la pelle. Chacune comporte un épisode sur la préparation de ce grand moment. Le contexte, l'instant choisi, les personnes en cause, tout cela occupe l'esprit de la personne qui s'apprête à plonger. «Il faut tout simplement le faire en accord avec soi-même, juge M. Ritchot. Là-dessus, il n'y a malheureusement pas de recette.»
Le jeune qui annonce à ses parents qu'il est homosexuel créera dans certains cas une inquiétude. Il faut trouver les moyens de dissiper cette image de désarroi. «Il faut dégager une énergie positive au moment où on le fait. Sinon, on associe l'homosexualité à quelque chose de triste et à une forme de désespoir», pense Renaud Bourbonnais.
Deux peurs guettent ceux qui désirent parler de leur homosexualité à leurs parents ou amis : le rejet et la crainte de faire mal. «Les gens qui s'affranchissent ont, selon mon expérience, le courage de faire face au rejet dont ils peuvent être victimes», dit M. Ritchot.
Bien évidemment, la plupart appréhendent la réaction des parents. «C'est normal que les parents se refroidissent. Ils se sentent coupables ou tristes, car ils se demandent ce qu'ils ont fait de travers. Le gai peut alors dire aux parents : «J'ai du mal à le comprendre moi-même, donc bonne chance.» Mais la plupart du temps, tout est passager», affirme M. Ritchot.
Autant le coming-out peut, dans certains cas, avoir l'effet d'une bombe, autant il peut être sans surprise. «Les gens s'imaginent qu'il y aura des conséquences extraordinaires à leur coming-out, mais, souvent, l'entourage voit venir les choses», poursuit M. Ritchot.
C'est ce qui est arrivé à Benoît, qui a fait son coming-out après deux de ses frères. «Un soir, j'étais au téléphone avec mes parents. Je me suis enfin décidé à leur en parler. L'effet a été nul. C'est comme si je leur avais dit que je m'étais cogné le nez.»
L'homosexualité des personnalités
Rufus Wainwright, Elton John, Ellen DeGeneres, Amélie Mauresmo, K.D. Lang, Rosie O'Donnell, Melissa Etheridge, Richard Chamberlain et, chez nous, Yves Jacques, Daniel Pinard, Clémence Desrochers, Claude Charron, Michel Jasmin... De plus en plus de personnalités publiques parlent ouvertement de leur homosexualité.
Le débat qui entoure le coming-out des personnalités demeure un sujet brûlant. D'un côté, il y a ceux qui croient qu'une vedette ou un politicien devrait toujours en parler et, de l'autre, ceux qui pensent qu'il ne doit y avoir aucune obligation à cet égard. «Parler de son homosexualité, c'est d'abord une révélation à soi-même. Celle-ci n'a pas à être publique ou médiatique», pense Pierre Ritchot.
Le coming-out peut aussi naître dans un moment d'émotion. C'est ce qui est arrivé à Réal Ménard qui, à la faveur d'un débat à la Chambre des communes en 1993, a craqué. Témoin de propos qu'il jugeait offensants de la part d'une députée qui associait l'homosexualité à la pédophilie, il a réagi en prenant la parole. Plus tard, lors d'un point de presse, il a déclaré aux journalistes qu'il avait voulu défendre une communauté dont il faisait partie.
«Avec les autres députés du Bloc, ça s'est toujours bien passé, raconte-t-il. Lucien Bouchard m'a toutefois fait savoir par personne interposée qu'il préférait que je sois discret là-dessus. Plus tard, il s'est ravisé en me disant que c'était mon droit d'en parler.»
Le coming-out dure toute la vie
Faire son coming-out ou pas? Voilà une question qui est propre aux homosexuels. «Le coming-out n'est pas une étape, ça dure toute une vie. Chaque fois qu'il change de ville, de milieu de travail ou de groupe d'amis, le gai doit affirmer son orientation sexuelle», dit Renaud Bourbonnais.
Alors, faire ou pas son coming-out? La véritable accession à l'égalité pour les gais gravite peut-être autour de cette question. Le jour où ils n'auront plus à la formuler, les homosexuels pourront sans doute se dire que cet aspect de leur vie est acquis et accepté. «Après tout, les gens heureux n'ont pas d'histoire», dit Pierre Ritchot.
Maman, papa, je suis gai!
Chaque coming-out est unique. Cinq personnes gaies de différents âges et de différents horizons nous racontent comment elles ont fait le leur.
André Marcotte, 37 ans, relationniste
Je venais d'avoir 21 ans et j'avais quitté l'Outaouais pour venir étudier à Montréal. C'est là que c'est devenu clair pour moi. Durant un week-end de visite, j'ai décidé de passer à l'acte. J'ai préparé un repas. J'avais tout un scénario en tête. Mais les choses se sont bousculées et j'ai lâché le morceau plus tôt que prévu. La réaction de ma mère m'a un peu surpris, car j'étais sûr qu'elle le devinait. Or, elle est restée muette. Mon père, au contraire, s'est mis à me dire qu'ils allaient continuer à m'aimer. Il m'a aussi dit qu'il appréciait mon courage. Le lendemain, on a repris la conversation tous les trois et c'était très cool. J'ai vraiment deux parents extraordinaires. Récemment, mon jeune cousin a parlé de son homosexualité à sa famille. La réaction de mon oncle a été de venir voir mon père pour lui demander des conseils.
Alex Perron, humoriste et comédien
J'avais 17 ans et ça me faisait capoter d'avoir une double vie, de dire que j'allais dans tel bar alors que j'étais dans un autre. Un vendredi soir, j'ai donc décidé d'en parler à ma mère, qui m'élevait seule. Ça n'a pas été une catastrophe parce qu'il y avait déjà des gais et des lesbiennes dans ma famille. Après le lui avoir dit, j'étais à la fois soulagé et déçu de lui avoir causé de la peine. Je me suis rendu compte plus tard que ma mère avait surtout peur pour moi. Ça, c'est mon coming-out personnel. Pour mon second, celui de ma vie publique, il s'est fait naturellement. Dès mon entrée à l'École nationale de l'humour, j'ai décidé de jouer franc jeu. Je ne me voyais pas en train de faire un monologue du genre ma blonde pis moi hier soir... De toute façon, quand tu es humoriste, tu te dois de coller à ta réalité. Le concept des Mecs comiques, le macho, le jeune et le fif, a fait le reste.
Évangéline Caldwell, 52 ans, militante
Contrairement à beaucoup de gens, j'en ai d'abord parlé à mes amis. À la fin des années 60, j'avais 16 ans. J'étais tombée amoureuse d'une fille et c'est ce qui m'a décidé à en parler. J'avais besoin de cela pour m'aider à franchir cette étape, car j'avais lu, plus jeune, dans un livre de diagnostics de maladies mentales, que l'homosexualité était un trouble psychologique. Ça a coïncidé avec la décriminalisation de l'homosexualité au Canada par Trudeau. Ce n'est que beaucoup plus tard que j'ai abordé cet aspect avec les membres de ma famille. Ce n'était plus un grand secret pour eux, car, entretemps, j'étais devenue militante et mon nom circulait dans les médias.
Réal Ménard, 43 ans, politicien
Je me souviens très bien de ce moment-là. J'avais 18 ans, je commençais à sortir dans les bars et j'ai décidé d'en parler franchement. Dans mon cas, ça s'est fait carrément autour de la table familiale. C'est sûr, sur le coup, mes parents ont eu de la peine. Mais assez rapidement, ils sont revenus à d'autres sentiments. Je trouve cela extraordinaire, car je viens d'une famille tout à fait ordinaire et ils ont tous trouvé, avec leurs propres ressources, une façon d'intégrer cela. Ce qui a été le plus difficile fut d'en parler à mon frère jumeau. Je savais qu'il allait se poser des questions sur sa propre sexualité. Il a vécu un certain choc, mais il n'y a pas eu de rejet.
Maxime Coulombe, 20 ans, étudiant en éducation
Je venais de quitter un collège dirigé par des religieuses pour m'inscrire à l'école secondaire publique. J'ai rencontré un garçon et ça a confirmé mon orientation sexuelle. Un soir, j'ai donc décidé d'en parler à ma mère, car je me sentais plus près d'elle. Bizarrement, c'est elle qui a le plus mal réagi. Elle se préparait une toast et, quand elle m'a entendu, elle a pris la toast et l'a réduite en miettes. J'avais très peur de la réaction de mon père. Je l'avais déjà entendu tenir des propos homophobes. Mais, finalement, il l'a très bien pris. Après l'avoir dit à mes parents, je me sentais tellement bien que je voulais le crier sur tous les toits.
Source : http://www.cyberpresse.ca/actuel/article/article_complet.php?path=/actuel/article/25/1,4230,0,072005,1111482.php&skip_inter=1
Mis en ligne le 25/07/05
28 juillet 2005

Sondage : les Polonais opposés au mariage homosexuel mais favorables au partenariat
72% des Polonais sont opposés au mariage homosexuel, alors que 22% y sont favorables, selon un sondage publié mercredi réalisé du 1er au 4 juillet auprès de 1.021 personnes.
La même étude reflète une opinion plus nuancée en ce qui concerne une forme légale d'union entre deux personnes du même sexe, qui garantirait les principaux droits dont bénéficient les couples hétérosexuels. 46% soutiennent et 44% condamnent ce type de statut légal reconnaissant les unions homosexuelles.
Un projet de loi nommé "partenariat social" de couples homosexuels est toujours bloqué au parlement polonais. Seuls 11% approuvent l'adoption d'enfants par un couple d'hommes, et 14% par un couple de femmes. Enfin, 13% des Polonais accepteraient un prêtre homosexuel dans leur paroisse, selon ce même sondage.
Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=10999
Mis en ligne le 28/07/05

Mille et une pages
Transats de Paris Plage, grandes cités surchauffées, séjours à l’étranger et gentils week-ends familiaux, les occasions de s’évader ne manqueront pas cette année. Pourtant, par votre plus grand plaisir et pour vous inciter à achever votre plan d’épargne déjà sérieusement entamé par les soldes, "Illico" a dressé pour vous la liste de ce qu’il faut lire, écouter et voir en DVD cet été.
Côté lecture, ce sont les libraires homos et lesbiennes de la capitale (Violette & Co, Blue Book Paris, Les Mots à la Bouche) qui ont sélectionné le meilleur (des essais aux romans, des BD aux témoignages) de la saison. Ce sont aussi des pros, les Dj Wild, Mandel Turner, Nick V et Nicolas Nucci, qui proposent leurs playlists — habituellement jalousement conservées — des morceaux à écouter et, si possible, à se procurer pour épater vos potes clubbers. Enfin, dans les temps de disette cinématographique estivale, vous trouverez les innombrables sorties DVD de films gay ou lesbiens de ces derniers mois.
Violette & Co, Blue Book, Les Mots à la Bouche, les trois principales librairies gay et lesbiennes de Paris proposent leurs sélections.
L'été, c'est aussi l'occasion de rattraper les lectures accumulées pendant l'année. Nous avons demandé à nos libraires préférés de nous livrer leurs sélections des ouvrages qu'ils ont particulièrement appréciés cette saison. Un curieux mélange de romans et d'essais, pour un panorama de ce qui s'écrit sur, par et pour les gays, les lesbiennes et les transgenres. Peu de doublons, d'un libraire à l'autre, ce qui tend à montrer que chacun a su trouver son créneau. Bonne surprise aussi, les sélections font toutes une part belle aux petites maisons d'éditions indépendantes. Faites votre choix… 
Blue Book : la sélection de Mehdi et Emmanuel
Mehdi et Emmanuel tiennent la librairie Blue Book (61, rue Quincampoix, 75004, Paris. Tél. : 01 48 87 03 04) où l'on peut flâner entre les lignes, et boire un petit café dans le coin salon. So parisien…
- Ça vaut la peine d'en rire… (2)
Comment passer à côté du dernier ouvrage de Ralf König ? Une fois de plus, notre Allemand préféré nous fait rire et réfléchir. Paul et Conrad s'apprêtent à se marier «pour économiser du fric et emmerder les cathos», mais tout va-t-il se passer comme le voudraient nos tourtereaux ? Parfait !
"Et maintenant, embrassez vous !", Ralk König, Glénat 9,99 euros.
- Bearable life
Après "Ogre" et "Mon Amours", Polver nous revient plus en forme que jamais. Les amateurs de gros nounours vont être comblés. Quant aux autres, ils passeront un très bon moment en compagnie de nos héros…
"Les liens sacrés", Pier-Angelo Polver, Cylibris, 17euros.
- Lettres ouvertes
Une très belle surprise que ce premier livre signé de Benoît Charuau qui relate, à travers un échange de lettres, la relation amicale (voire plus ?) entre Cédric, incarcéré à Fleury-Mérogis pour trafic de drogue, et Lucas, son ancien prof de philo... Un des bouquins de cet été !
"Ton aile", Benoît Charuau, Biliki, 13 euros.
- Les méchantes (2)
Voilà LE livre à dévorer allongé sur votre serviette ! C'est l'histoire de Gabriel et Edwina. Lui est un jeune pédé, héritier fortuné qui passe son temps dans les bras de gigolos. Elle, a la cinquantaine bien entamée, et est richissime également. A Cannes, ils vont faire la connaissance de Serge et Christine. Serge leur fait tourner la tête, et voilà que Gabriel et Edwina vont faire un pari : le premier qui couche avec Serge aura gagné. C'est drôle, on ne s'ennuie pas une minute.
"Des relations de plages", Jean-Pierre Ferrière, H&O, 21 euros.
- Une enfance drôlement douloureuse (1)
"A la fois hilarant et terrifiant… la réalité dépasse la fiction" écrivait le "Los Angeles Times" à propos du premier livre de Augusten Burroughs, un récit autobiographique ! On suit Augusten, un ado gay hors normes dans l'Amérique déjantée des années 70. Ce livre a été un best-seller aux Etats-Unis. A découvrir…
"Courir avec des ciseaux", Augusten Burroughs, Passage du Marais, 21 euros.
- Enfant soleil
Un véritable coup de cœur pour ce livre coup de poing. L'histoire d'un jeune ado, tiraillé entre sa mère et un père qu'il n'a jamais connu et qui réapparaît d'un coup. Ce gamin fait tourner toutes les têtes, notamment celles des hommes. La scène avec son prof de judo est époustouflante !
"Un garçon naturel", Patrice Salsa, éditions du Rouergue, 8 euros.
- Guerre et mer (2)
Alors que la Grande Guerre fait rage sur le continent, et que les Irlandais sont sur le point de s'insurger contre les Britanniques, Jim et Doyler, deux jeunes garçons, vont se découvrir et s'aimer… Jamie O'Neill signe un véritable chef d'œuvre. Ne passez pas à côté !
"Deux garçons, la mer", Jamie O'Neill, Passage du Marais 24 euros.
- Héritage maudit !
Après "Retour à Calella", voici le nouvel ouvrage signé Lionel Duroi. L'écrivain, confirme tout le bien qu'on pensait de lui. Nous suivons Yann qui va hériter de son vrai père une vaste propriété qui renferme bien des énigmes.
"Le Kotoba", Lionel Duroi, Bonobo, 18 euros.
- Errements quotidiens
Un très beau livre, très tendre, qui nous vient du Québec. Guy Verville a été salué par la critique, là-bas. Et c'est vrai que cette histoire, celle de Rémi, qui vit mollement dans une relation ordinaire, et qui va errer dans les saunas et sur le net pour pimenter son quotidien, vous touche. C'est un peu doux-amer, mais après tout, la vie est comme ça. Non ?
"Les années-rebours", Guy Verville, éditions Varia, 24,50 euros. 
Les Mots à la Bouche : la sélection de Walter
Walter est l'âme des Mots à la bouche (Les Mots à la Bouche, 6, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, 75004 Paris. Tél. : 01 42 78 88 30), la plus ancienne des librairies gay parisienne.
- Guerre et mer (1)
A Dublin, en 1915, une histoire d'amour tendre et tragique entre deux jeunes garçons a priori très différents dont l'un est destiné à la prêtrise et l'autre est un rebelle des bas quartiers.
"Deux garçons, la mer", Jamie O'Neill, Passage du Marais, 24 euros.
- Ça vaut vraiment la peine d'en rire (1)
Pas besoin de présenter le plus grand dessinateur de BD gay qu'est Ralf König. Dans son dernier album, il se penche sur le mariage gay. Peut-être l'un des meilleurs tomes de la série de "Conrad et Paul".
"Et maintenant embrassez-vous", Ralf König, Glénat, 9,99 euros.
- Docul-roman
Raconté par son "ami de longue date", la vie de John Edgar Hoover, pendant près d'un demi siècle chef du FBI, qui a imposé sa loi à tous les dirigeants américains de son époque et … qui s'encanaillait dans des bars gay. Un roman très bien documenté.
"La Malédiction d'Edgar", Marc Dugain, Gallimard, 19,90 euros.
- Le rosse et le noir
Avec cette cinquième enquête de l'avocat gay Henry Rios, Nava s'attaque une fois de plus à l'injustice et à toutes les formes de racisme. Plus qu'un polar gay à l'intrigue prenante, c'est un vrai roman bien écrit.
"Adieu aux amis chers", Michael Nava, éditions du Masque, 16 euros.
- Les méchantes (1)
Deux richissimes héritiers sur le retour se lancent le défi de séduire leur jeune voisin de plage. La règle est simple : tous les coups sont permis.
"Des relations de plage", Jean-Pierre Ferrière, H&O, 21 euros.
- L'enfer du paradis
Haïti, début des années 80. Pendant ses vacances, le narrateur de ce roman (Prix du Roman Gay 2004) se laisse mener par ses amants hors des sentiers battus et découvre l'envers du décor paradisiaque.
"Bleu Caraïbes", Nicolas Henri, Cylibris, 17 euros.
- Comment le dire à deux
Ce texte sensible nous rappelle qu'il y a toujours des jeunes gays qui ne savent pas comment dire à leur meilleur copain qu'ils l'aiment.
"Comment te le dire ?" Mikko Ranskalaïnen Textes Gais, 10 euros.
- Marcela à la barre !
Un essai qui dénonce la répression de plus en plus dure de notre société en matière sexuelle et ébauche la société idéale : Postsexopolis. Pour ne pas bronzer idiot et éviter de tomber dans les pièges tendus dans certaines dunes…
"Antimanuel d'éducation sexuelle", Marcela Iacub et Patrice Maniglier, éditions Bréal, 19 euros.
- Un cigare ?
"Comment devient-on homosexuel ?" Cette question, posée par un journaliste à un psychanalyste, est le point de départ d'un dialogue vif et surprenant, au fil duquel on retourne aux sources de la théorie freudienne sur l'homosexualité.
"Parole d'homme - Les gays sous le regard de Freud", Hubert Lisandre, Hachette, 20 euros.
- La tentation du père
Un Américain gay de 34 ans décide de tout tenter pour concevoir un enfant. Écarté par les banques de sperme, il ne désespère pas et expérimente toutes les possibilités imaginables . L'homoparentalité traitée avecd'humour.
"Espèces en danger", Louis Bayard, 10/18, 10 euros. 
Violette & Co : la sélection de Catherine et Christine
Catherine et Christine ont réussi le coup de force d'ouvrir une librairie féministe et LGBT à Paris : Violette & Co (102 rue de Charonne, 75011 Paris.Tél. : 01 43 72 16 07)… et c'est un succès.
- Découverte
Mireille Havet (1898-1932), poétesse, écrivaine prodige a écrit un journal découvert depuis peu qui est tout à la fois un chef d'œuvre de la littérature autobiographique par son style, sa liberté de ton, sa lucidité sans concession et un document exceptionnel sur la vie lesbienne juste après la première guerre mondiale.
"Journal 1919-1924", Mireille Havet, éditions Claire Paulhan, 35 euros.
- Enfance douloureusement drôle (2)
Il s'agit d'un récit autobiographique qui se déroule aux Etats-Unis dans les années 1970. Augusten a 12 ans, ses parents se séparent et il est confié au psy de sa mère. Il découvre une famille déjantée, se lie d'amitié avec l'une des filles et entreprend une relation érotique avec le fils adoptif qui a 20 ans de plus que lui. Hilarant, un ton grinçant, jubilatoire.
"Courir avec des ciseaux", Augusten Burroughs, Passage du Marais, 21 euros.
- Les mystères de la vieille dame
Sur l'île de Paradise, Tyler, jeune infirmier qu'on découvrira homo, se lie d'amitié avec une vieille femme. Petit à petit, on découvre l'histoire de cette femme, accusée de meurtre mais acquittée faute de cadavre, dont la mère est partie vivre avec une femme. Un roman à la fois tendre et cruel qui nous entraîne avec talent dans un univers magique.
"Fleur de nuit", Shani Mootoo, 10/18, 7,80 euros.
- La bible Queer
Ce grand classique des études sur le genre, au fondement de la théorie queer, est enfin traduit en français. Non seulement le genre est construit, ce que les féministes avaient affirmé, mais pour Butler, le sexe l'est également. Ceux et celles qui sont aux marges (les trans, les drag queens…) en introduisant du jeu performatif, déplacent les limites et jettent du trouble dans le genre.
"Trouble dans le genre - Pour un féminisme de la subversion", Judith Butler, La Découverte, 23 euros.
- Mangaga
Après "Love my life", "Sweet lovin' baby" et "Indigo blue", l'auteure de "Yuri" nous régale avec cette histoire Les bienne balançant entre fantasme et réalité. Avec toujours le même style tout en nuances et en douceur.
"Free soul", Ebine Yamaji, éditions Asuka, 9 euros.
- La référence
La référence sur le sujet actuellement avec des contributions variées ; une première partie théorique et politique puis une deuxième rend compte d'études de terrain. L'homoparentalité étant à l'ordre du jour, autant bien se documenter.
"Homoparentalités, état des lieux", dir. Martine Gross, éditions Erès, 28 euros.
- Quand les anges changent de sexe…
Un roman pour adolescents mais qui peut être lu par des adultes et qui traite brillamment de transsexualité sous un angle original. L'histoire d'un garçon qui devient fille racontée par sa sœur. Exceptionnel.
"La face cachée de Luna", Julie Anne Peters, Milan, 9,50 euros.
- Qui sont ces fleurs ?
Contrairement à la théorie communément avancée qui veut voir dans l'Albertine de Proust un Albert transposé en femme, Elisabeth Ladenson montre que l'auteur de "La Recherche" s'intéresse expressément aux lesbiennes et au mystère qu'elles représentent pour lui, tout homosexuel qu'il est. Cette énigme serait même le moteur de la création. Subtil et passionnant.
"Proust lesbien", Elisabeth Ladenson, éditions EPEL, 21 euros.
- Un policier réalité
Depuis treize ans, des centaines de femmes sont enlevées, violées, torturées, assassinées à Ciudad Juarez, ville mexicaine située à la frontière avec les Etats-Unis, en toute impunité. Maud Tabachnik est partie de cet enfer réel pour y jeter son héroïne Sandra Khan. A la fois un policier et un document. Captivant.
"J'ai regardé le diable en face", Maud Tabachnik, Albin Michel, 19,80 euros.
Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=dossiers&articleID=10987

Album : Toscani Pride
Le seul événement culturel de la Gay Pride, c’est cet album édité par Scali : "Gay pride, l’histoire". Il retrace en image l’histoire de la fierté gay et lesbienne selon son auteur le photographe ex- Benetton Oliviero Toscani. (donc vue de l’extérieur, et pas forcément tres pertinente…). Mais nous DEVONS être flatté que des stars de cette importance s’intéressent à nous (mais jusqu’où ?) C’est compris ?
Tim
Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=culture&articleID=10986
27 juillet 2005

Semaine de la fierté gaie - Science, religion, et compassion ne font pas toujours bon ménage!
Réal Ménard
Député de Hochelaga
Édition du mardi 26 juillet 2005
La Semaine de la fierté gaie et lesbienne est l'occasion de faire le point sur la condition homosexuelle. Depuis quelques années, le mariage entre conjoints de même sexe figure en tête de liste des revendications de cette communauté. Le débat sur le mariage gai a suscité bien des passions et, dans certains cas, une opposition irréductible. Par un effet de dialectique, l'Église catholique a été l'acteur social le plus impliqué dans ce débat et son porte-parole autorisé, la Conférence des évêques catholiques du Canada, a déployé un militantisme soutenu.
Sans doute est-il intéressant de chercher à comprendre l'analyse qui sous-tend le discours de l'Église catholique concernant le mariage gai. Il est vrai que les gens d'église, à travers le débat sur le mariage gai, ont vécu tout un traumatisme puisque, comme l'a écrit la Conférence des évêques catholiques du Canada : «Pour la première fois de son histoire, le Canada se voit confronté à un proposition qui admet la coexistence de deux définitions contradictoires du mariage, l'une qui serait valable dans la sphère civile, l'autre dans la sphère religieuse, du moins pour la plupart des groupes confessionnels. Ces deux définitions sont intrinsèquement contradictoires.»
L'analyse du discours officiel de l'Église catholique est ici d'autant plus pertinente qu'au recensement de 2001, 43,6 % de la population canadienne se disait de cette dénomination religieuse. Afin de conduire le plus rigoureusement possible mon analyse, je vous propose une analyse en trois temps : 1) la pastorale catholique et l'homosexualité; 2) le rôle du mariage pour les catholiques; et 3) le mariage et les droits de la personne pour l'Église catholique.
La pastorale catholique
Je m'en voudrais de ne pas reconnaître que l'Église catholique accorde aux personnes homosexuelles dignité, compassion et respect, autant de caractéristiques inhérentes à l'être humain. Cela étant dit, la position officielle de l'Église concernant les personnes homosexuelles a été énoncée par la Congrégation pour la doctrine de la foi en octobre 1986 dans une Lettre aux évêques. On y apprend que l'homosexualité est mauvaise du point de vue moral, qu'elle est considérée comme objectivement désordonnée. La condamnation tire son origine du Lévitique 18,22 et 20 et 13, où sont décrites les conditions nécessaires pour appartenir au peuple élu, et ceux qui sont homosexuels en sont exclus.
Toujours dans la Lettre aux évêques catholiques sur la pastorale à l'égard des homosexuels, le préfet de la Congrégation écrit : «Opter pour une activité sexuelle avec une personne du même sexe revient à annuler le riche symbole et la signification du dessein de la sexualité selon l'intention du Créateur. L'activité homosexuelle n'exprime pas la complémentarité d'une union capable de transmettre la vie et ainsi, elle est en contradiction avec la vocation d'une existence vécue sous la forme de ce don de soi dans lequel l'Évangile voit l'essence même de la vie chrétienne [...]. Comme dans tout désordre moral, l'activité homosexuelle entrave la réalisation et la satisfaction personnelle, parce qu'elle est contraire à la sagesse créatrice de Dieu.»
On constate donc que, pour l'Église catholique contemporaine, la personne homosexuelle est intrinsèquement déséquilibrée. L'auteur de cette lettre est un personnage illustre, le cardinal Joseph Ratzinger, qui allait devenir Sa Sainteté Benoît XVI.
L'Église condamnant l'homosexualité, on voit mal comment elle pourrait démontrer quelque forme de générosité à l'endroit des institutions qui se proposent d'accueillir les personnes homosexuelles. D'où la position de l'Église catholique par rapport à l'accès au mariage par des conjoints de même sexe.
Le rôle du mariage pour les catholiques.
L'Église catholique canadienne a vécu comme une incursion malheureuse de l'État la prise de position du gouvernement Martin dans le débat sur le mariage civil homosexuel. Après tout, bien que détenteur de la légitimité démocratique, les parlementaires ne doivent pas oublier que le mariage n'est pas une affaire d'État, d'Église ou de condition humaine.
Le mariage a des origines «créationnelles». Le livre de la Genèse parle de trois données fondamentales du dessein créateur sur le mariage. En premier lieu, l'homme, image de Dieu, a été créé «homme et femme». Ainsi, l'homme et la femme sont égaux en tant que personnes et complémentaires en tant que masculin et féminin. Ensuite, le mariage est constitué par le Créateur comme un état de vie dans lequel s'effectue la communion de personnes qui engage l'exercice des facultés sexuelles. «Aussi, l'homme laisse-t-il son père et sa mère pour s'attacher à sa femme et ils deviennent une seule chair.» Enfin, Dieu a conféré à l'union de l'homme et la femme une mission de création en disant : «Soyez féconds et multipliez-vous.»
Non seulement faut-il exclure la reconnaissance des mariages homosexuels parce qu'ils ferment l'acte sexuel au don de la vie, qui plus est, l'Église catholique, toujours sous la plume du cardinal Ratzinger, écrivait en 2003 dans un document intitulé Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles que les relations amoureuses entre personnes homosexuelles ne peuvent être des relations conjugales. «Dans les unions homosexuelles est absente aussi la dimension conjugale, par laquelle les relations sexuelles prennent une forme humaine et ordonnée. En effet, ces relations sont humaines lorsque et en autant qu'elles expriment et promeuvent l'aide mutuelle des sexes dans le mariage et restent ouvertes à la transmission de la vie.»
Toutes les formes de conjugalité
Si ce n'était que cette affirmation existe bel et bien sur papier, on croirait rêver.
L'Église catholique non seulement s'obstine à ne pas reconnaître les mariages gais, mais elle nie aussi toutes les formes de conjugalité entre personnes de même sexe. Comme si la longévité et la fidélité, autant d'attributs des relations conjugales, étaient absentes des relations homosexuelles. Au Canada, la contestation judiciaire qui a donné lieu à l'arrêt Egan c. Canada [2 RCS.513] a été portée par deux hommes de Vancouver qui avaient 40 ans de vie commune à leur actif. Pour ce qui est de la transmission de la vie, donc des enfants, le cardinal Ratzinger, toujours en 2003, écrit : «Insérer des enfants dans les unions homosexuelles au moyen de l'adoption signifie en fait leur faire violence, en ce sens qu'on profite de leur état de faiblesse pour les placer dans des milieux qui ne favorisent pas leur plein développement humain.»
Cette affirmation lourde de sens est pour le moins triste, non pas tant qu'elle perpétue des préjugés de la part d'une organisation qui devrait en être exempte, mais surtout parce qu'elle fait fi d'une abondante littérature scientifique qui démontre tout à fait le contraire. D'ailleurs, l'Association canadienne des psychologues a démontré devant le comité législatif qui a étudié le projet de loi C-38 qu'il n'existe aucune corrélation entre les habiletés parentales et l'orientation sexuelle.
Le mariage et les droits de la personne
Dans son mémoire présenté à la Cour suprême (dossier no 29866) lors du renvoi sur les conditions de fond du mariage civil, la Conférence des évêques catholiques du Canada a soutenu aux paragraphes 38 à 44 que la définition traditionnelle du mariage civil n'était pas discriminatoire. Pour la Conférence, parlant des unions de même sexe, elle écrit : «L'exclusion ne dépend pas d'un critère non pertinent, l'orientation sexuelle, mais de l'absence de complémentarité sexuelle indispensable à l'intérêt public.»
Je suis toujours surpris par l'incapacité des ecclésiastiques catholiques d'inclure dans leur discours et leurs réflexions le champ de la non-discrimination. Comment peut-on justifier que la seule possibilité d'avoir des enfants, de donner la vie, soit le critère par excellence qui nous assujettit au droit à l'égalité ? Pourtant, l'Église catholique accueille, et fort pertinemment, les personnes qui souffrent d'infertilité ou les personnes âgées qui veulent se marier mais ne peuvent procréer... Ici la logique cède le pas au dogmatisme.
Et puisqu'il est question de contradiction, on l'a vu, l'Église catholique prétend que le mariage est une institution naturelle antérieure à tous les systèmes sociaux, juridiques, politiques et religieux formellement structurés qu'on connaisse. C'est au nom de cette logique que les porte-parole de cette même Église catholique invitent les parlementaires à s'abstenir de toute transformation de cette institution. On souhaite que l'autonomie entre l'Église et l'État atteigne son paroxysme. Pourtant, l'inverse n'est pas vrai et lisons le conseil que le cardinal Ratzinger donnait aux parlementaires catholiques en juin 2003 : «Dans le cas où serait proposé, pour la première fois à l'Assemblée législative, un projet de loi favorable à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles, le parlementaire catholique a le devoir moral d'exprimer clairement et publiquement son désaccord et de voter contre le projet de loi. Accorder le suffrage de son vote à un texte législatif aussi nuisible pour le bien de la société serait un acte gravement immoral.»
Comme quoi science, religion, compassion et rigueur ne font pas toujours bon ménage !
Source : http://www.ledevoir.com/2005/07/26/86887.html

Allemagne : des länder fichent les homosexuels impliqués dans un délit
La police des länder (régions) de Bavière, Thuringe et de Rhénanie-du-Nord-Westphalie répertorient informatiquement les homosexuels impliqués dans des délits ou des procédures judiciaires, selon l’hebdomadaire d’outre-Rhin Der Spiegel. Et ce, qu’ils soient simples témoins, victimes ou auteurs des faits.
Pour les Verts allemands, ces pratiques «ravivent des souvenirs noirs de l'ancienne pratique policière des "listes roses"».
Source : http://v2.e-llico.com/rubrique.htm?rubrique=telex&articleID=10984
Mis en ligne le 27/07/05



