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31 janvier 2006


Rapport de la mission famille : une machine de guerre contre l’égalité pour la Coordination InterPride

Au lendemain de la publication du rapport de la Mission parlementaire sur la famille, la Coordination InterPride critique sévèrement ses conclusions dans lesquelles elle voit "une machine de guerre" contre l’égalité.

"Ce rapport est une véritable machine de guerre contre toute égalité des couples, toute réforme de la famille et de la filiation. Il envoie une fin de non-recevoir aux aspirations et aux revendications sociales légitimes exprimées par les citoyens faisant partie de nos associations : ouverture du mariage aux couples de même sexe, adoption par ces couples ou par le second parent de même sexe, procréation médicalement assistée pour les couples de femmes " écrit la Coordination.

Concernant le PaCS et le projet d’amélioration gouvernemental en cours, la Coordination InterPride France demande au gouvernement "de faire preuve d’audace" en ne se contentant pas des propositions du rapport.

"L’amélioration sensible, sans restrictions, du PaCS, l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, de l’adoption pour les gays et lesbiennes, y compris pour les concubins hétérosexuels, la procréation médicalement assistée restent plus que jamais d’actualité" considère la Coordination des principales organisations homosexuelles en régions.

La Coordination InterPride France "donne rendez-vous au gouvernement" pour les Lesbian & Gay Pride et Marches des Fiertés LGBT qui se dérouleront partout en France à partir de la mi-mai.

Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=12328
Mis en ligne le 31/01/06

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États-Unis : Un couple gay ne veut plus payer ses impôts tant qu'il ne sera pas reconnu en tant que tel

Un couple gay de Hendersonville, en Caroline du Nord, a trouvé une façon originale, et peut-être efficace, de protester contre l'interdiction qui lui est faite de se marier. «Je n'ai aucune intention de payer mes impôts à l'État fédéral pour la bonne raison que mon partenaire et moi ne pouvons pas nous marier légalement et recevoir les mêmes avantages financiers que les autres couples mariés», s'insurge Merrill, artiste gay militant âgé de 71 ans, cité par le site LGBT nord-américain 365gay.com. Il affirme que son action représentera environ un million de dollars de perte. «Ne pas payer mes impôts, c'est un acte civil de désobéissance délibérée envers le président qui veut un amendement à la Constitution pour autoriser uniquement le mariage entre un homme et une femme, sans permettre à deux personnes du même sexe qui s'aiment de se marier. C'est une discrimination contre nous en tant que citoyens des États-Unis.» En 2004, un autre couple avait tenté une telle action, mais avait été débouté de ses prétentions.

par Charlotte Bourgeois

Source : http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=8981

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30 janvier 2006


Un couple de lesbiennes portugaises veut contraindre l'État à les marier

Un couple de lesbiennes portugaises, estimant que le mariage entre personnes du même sexe est un droit prévu dans la Constitution, veut contraindre l'État portugais à les marier, rapportait vendredi 27 janvier la presse portugaise. Teresa et Lena veulent prouver que le code civil, qui prévoit le mariage uniquement entre personnes de sexes différents, est en contradiction avec l'article 13 de la Constitution portugaise interdisant explicitement la «discrimination fondée sur l'orientation sexuelle» (lire Quotidien du 26 avril 2004). Les deux femmes, qui vivent en couple depuis trois ans, ont fait appel à un avocat, Luis Rodrigues, qui propose ses services gratuitement aux couples homosexuels souhaitant se marier. Cet avocat souhaite démontrer l'inconstitutionnalité du code civil, a-t-il confié au quotidien Publico. Mercredi prochain, tous les trois se rendront dans un bureau de l'État civil afin d'y faire enregistrer l'union. Anticipant un refus, M. Rodrigues a indiqué qu'il avait déjà préparé un recours pour inconstitutionnalité. Quant aux deux femmes, elles ont indiqué qu'elles étaient prêtes à porter l'affaire devant le tribunal constitutionnel portugais et devant la Cour européenne des droits de l'Homme si nécessaire. L'objectif de cette démarche est «d'agiter les milieux politiques, explique l'avocat. Ces deux femmes peuvent très bien ouvrir la voie à ce que d'autres revendiquent» le même droit. La loi portugaise reconnaît depuis 2001 les unions de fait des personnes vivant en couple depuis plus de deux ans indépendamment de leur sexe et leur reconnaît un certain nombre de droits notamment en matière fiscale (lire Quotidien du 16 mars 2001). Désireux de suivre l'exemple de l'Espagne voisine, les homosexuels portugais réclament la légalisation du mariage entre personnes du même sexe. Une pétition a été lancée en septembre dernier ayant pour objectif de soumettre cette question au parlement (lire Quotidien du 16 septembre 2005). Le Premier ministre portugais, le socialiste José Socrates, arrivé au pouvoir en mars dernier, a pourtant indiqué que le thème du mariage gay n'était pas une priorité de son gouvernement. (avec AFP)

par Judith Silberfeld

Source : http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=8974

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Une lesbienne pourrait diriger l'Église de Suède


L'Église de Suède est réputée pour ses positions progressistes. Mais est-elle prête à nommer une femme, et qui plus est homosexuelle, à sa direction ? Fin 2005, l'actuel archevêque de Suède, Mgr KG Hammar, a annoncé qu'il quitterait ses fonctions au printemps 2006. Depuis, la course à sa succession est engagée. Avec une candidate qui fait déjà beaucoup parler d'elle. Il faut dire qu'Anna-Karin Hammar est loin d'être un choix consensuel. Certes, comme son nom l'indique, cette femme prêtre de 54 ans est la sœur de l'actuel archevêque de Suède. Mais elle est aussi lesbienne et vit en couple avec sa compagne depuis de nombreuses années. Or si elle refuse d'évoquer son orientation sexuelle, considérant que le sujet relève de sa vie privée, son homosexualité pourrait être un obstacle à son élection. Plusieurs évêques ont d'ailleurs déjà fait savoir qu'ils ne pensaient pas que l'élection d'une femme soit adaptée au contexte. Mais Anna-Karin Hammar a pris une longueur d'avance, en fin de semaine dernière, en figurant sur la liste des dix candidats approuvés par les 260 représentants de l'Église, chargés d'établir la liste officielle des potentiels futurs archevêques de Suède. Une liste sur laquelle ne figure pas Hans Börje Hammar, frère de Anna-Karin et Mgr KG Hammar, et lui aussi ouvertement candidat… à la succession de son frère. Les élections auront lieu en mai.

par Anna Lund

Source : http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=8972

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Italie : Un transsexuel se présente aux élections législatives

''Je serai transgenre au parlement'', a-t-il déclaré !

Parmi les candidats « extérieurs » du parti de la Refonte Communiste (Rifondazine Comunista), dont la liste a été diffusée jeudi 26 janvier à Montecitorio, on note la présence de Vladimir Luxuria, une figure de la communauté homosexuelle italienne.

Même s'il faut l'appeler Vladimiro Guadagno durant la campagne, il a déclaré ne pas renoncer à être « un député transgenre, à moitié femme, à moitié homme», arborant fièrement paillettes et talons aiguilles.

Cette candidature fait grincer des dents, notamment du côté des membres du parti de la Marguerite (regroupement de centristes et d'anciens démocrates chrétiens).

Fausto Bertinotti, secrétaire du parti de la Refonte Communiste a déclaré quant à lui, qu'il fallait prendre en considération " les expériences concrètes et pas les idiosyncrasies personnelles" d'un candidat.

Il est vrai que le site de Vladimir ne nous apprend pas grand chose sur son programme, à part bien sûr son soutien de la campagne pour la reconnaissance des Unions Civiles.

Parmi ses souhaits pour l'année 2006 ? « Capturer Ben Laden mais l'envoyer à Casablanca plutôt que devant un tribunal aux USA. Le faire opérer et le réexpédier en Afghanistan pour qu'il voit comment on vit en temps que femme là-bas .
Envoyer Bush à Disneyland où il serait beaucoup plus à son aise » Tout un programme déjà en effet !

EN SAVOIR PLUS

Le site de « Vladimir Luxuria »

Source : http://citegay.fr/ACTUALITES/GAY/00/00/243935/actualites_visu.htm
30/01/2006 TOF - Actualites Gay

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Allemagne : Le mémorial aux victimes homosexuelles du nazisme, sera réalisé par un duo scandinave

Le monument doit être érigé au plus tôt ...

Ingar Dragset et Michael Elmgreen, deux artistes contemporains de 36 et 44 ans, qui travaillent ensemble depuis 1995, ont été désignés pour réaliser le monument, dont il est question depuis 2003.

Le président du jury en charge de l'attribution du projet, a expliqué que celui-ci souhaitait une oeuvre qui évoque l'homosexualité de manière « directe et cependant subtile »

La sculpture de béton, financée à hauteur de 450 000 euros, par l'état fédéral, sera érigée face au Mémorial de l'Holocauste consacré aux victimes juives du nazisme, près de la Porte de Brandebourg et du bâtiment du Reichstag, et qu'elle comportera une fenêtre dans laquelle une vidéo en noir et blanc montrera « un baiser sans fin entre deux hommes »

Source : http://citegay.fr/ACTUALITES/GAY/00/00/243933/actualites_visu.htm
30/01/2006 TOF - Actualites Gay

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La nouvelle famille, vue par Oliviero Toscani

Il y a quelques mois, ils s'embrassaient allongés dans un canapé, sur les affiches de la marque de mode Ra-Re (lire Quotidien du 7 octobre 2005). Une image signée par le célèbre photographe Oliviero Toscani qui avait provoqué un scandale et la censure de l'IAP, l'Institut d'autodiscipline publicitaire italien, équivalent du BVP français. Depuis quelques jours, les deux amoureux apparaissent sur les nouvelles affiches en poussant, joyeux et heureux, une poussette. Oliviero Toscani, fâché par l'injonction de l'IAP, a voulu contre-attaquer. Entre les deux adversaires, c'est la maison de mode Ra-Re qui se réjouit et qui, du nord est de l'Italie, se voit lancée dans le firmament des griffes connues. L'IAP avait jugé «triviale» l'image où l'un des deux protagonistes touchait les parties génitales de l'autre. Le photographe a ainsi choisi un «virage familial»: après le cliché de la poussette, la série continue avec les deux protagonistes qui s'embrassent chastement sur la bouche entourés d'un couple hétérosexuel, d'un couple de lesbiennes et de deux enfants.



«Après le succès de la première campagne, nous avons décidé de continuer la collaboration parce que nous avons trouvé un message très fort avec Oliviero Toscani, explique l'administratrice déléguée de Ra-Re, Luisa Bertoncello. Nous voulons observer la vitalité dans tous ses changements sociaux.»

par Fausto Furio Colombo

Source : http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=8964

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samedi janvier 28, 13h28
Amélie Mauresmo Décroche Le Graal En Australie



Premier titre du Grand Chelem pour Amélie Mauresmo

Depuis le temps qu'on l'attendait, ça y est, c'est fait! Amélie Mauresmo a remporté à 26 ans son premier titre du Grand Chelem. Samedi 28 janvier, elle s'est imposée en finale de l'Open d'Australie face à la Belge Justine Henin-Hardenne. Cette première victoire de la Française dans l'une des quatre épreuves majeures du circuit gardera un petit goût d'inachevé, son adversaire ayant préféré jeter l'éponge pour cause de mal à l'estomac alors qu'elle était menée 6/1, 2/0. Mais une telle fin tronquée n'ôte rien à la performance de la nouvelle numéro 2 mondiale: dès le premier point, Amélie Mauresmo a pratiqué un tennis de rêve, «c'est peut-être le meilleur set et demi de toute ma carrière en Grand Chelem», selon ses propres termes. Amélie Mauresmo est la première joueuse ouvertement homo à remporter un titre du Grand Chelem. Clin d'œil du destin: il y a sept ans, c'est à l'occasion de l'Open d'Australie, où elle avait déjà atteint la finale, que la Française avait révélé au monde entier son homosexualité.

par Myrtille Rambion

Source : http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=8977

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29 janvier 2006



Jean Lecointre


Le tabou homo des cités

La pénitence prend la forme d'une phrase pointue, aiguë, tranchante, tristement... banale. "C'est qu'une tapette." Il se l'inflige, d'un ton tout aussi... banal. "Oui, je suis une tapette. Et alors ?" Et alors ? Djamel Haoua, 39 ans, est homosexuel. Et alors ? Il est né en banlieue. Et alors ? "Je me fais tout le temps traiter de pédé."


Ses amis proches le surnomment "Djamila". Ça le fait rire. Dans sa cité du Mas-du-Taureau, le quartier le plus chaud de Vaulx-en-Velin (Rhône), situé à une largeur de périphérique de Lyon, Djamel est "le sale pédé". Ça l'a fait fuir.

Djamel n'a pas le style "caillera". Il ne se perd pas dans un gros pull à capuche. Sa démarche n'est pas rythmée au son d'une mélodie salace de rap. Bien au contraire. Il assume son côté "efféminé", ses manières et sa voix de "fofolle", son attitude "un peu bizarre", comme il aime à se décrire, car, affirme-t-il, "on n'aime pas les homos là-bas".

"Je ne parlais à personne. Je ne fréquentais personne." On le soupçonne d'en être "une". "Dans la rue, des jeunes d'autres quartiers venaient me toucher la main en se moquant de moi. Les mecs de mon immeuble qui connaissaient ma mère me laissaient tranquille." Aujourd'hui, il est manutentionnaire et vit dans le centre-ville de Lyon. Mais c'est encore "l'horreur. Ma mère m'interdit d'aller la voir quand la nuit est tombée. On continue à m'insulter. J'ai une haine. Quand je croise des jeunes, je suis obligé de changer de trottoir. Ça me brûle le coeur. C'est comme une dépression dans ma tête". Une larme, et puis il lâche, candide : "Pourquoi ils m'agressent ? Juste parce que je suis homo ?"

Il sait bien que oui. Tout comme Kemel Saroui. Lui se fait appeler "Samantha", ancienne "tapin" lyonnaise. Encore une opération et il sera un transsexuel, une... femme. Pour l'instant, c'est toujours Kemel, 44 ans. Il en fait, facile, dix de moins. Pull Lycra XXL, robe bouffante, poitrine apparente, une pilosité en voie d'extinction. Kemel a grandi rue du Roi-d'Alger, dans le 18e, un quartier populaire de Paris "bien pire qu'une cité", assène-t-il. En entrant au collège, il se montre, naïvement, nature, c'est-à-dire "extravagant". Il porte jean orange, T-shirt moulant et "pompes" compensées. Il n'a pas encore 11 ans quand un voisin abuse de lui. "Depuis, mes parents ne m'ont plus jamais fait de remarques."

Les vannes de ses camarades de classe sur son côté délicat l'obligent à changer de bahut. Il a 14 ans et découvre à peine son homosexualité. Trois ans plus tard, commence le "calvaire", souffle-t-il. "Un jour, en bas de chez moi, six voyous du quartier me bousculent, m'empêchent de monter à la maison. Je suis à terre. Un d'entre eux me prend par les cheveux : "Si tu veux pas qu'on te frappe, si tu veux qu'on te laisse tranquille, tu nous suces !" On est allés à la cave." Très vite, ces caïds installent un matelas dans la cave. Quatre ans durant. "Ils me donnaient rendez-vous tous les samedis soir. Comme par hasard ! Ils étaient frustrés de ne pas pouvoir sortir et draguer des filles. Alors, ils s'attaquaient à moi." Kemel n'a pas le choix. "Je n'allais pas dire à ma mère : "Je suis pédé et je suce pour avoir la paix !""

La paix ? En devenant leur "objet", "humilié", avec des "rapports pire qu'avec un animal", Kemel trouve, paradoxalement, sa "tranquillité". "Je pouvais m'habiller en "tapette". Et quand des mecs m'emmerdaient, mes voyous s'interposaient." Parfois, certains d'entre eux "en manque" venaient frapper à la porte. "Ma mère me disait : "Tiens, tu t'es fait ami avec ces voyous". Si elle avait su..."

Le voisinage, pourtant, murmure. "Regarde ton fils !" Le père de Kemel, pour tuer cette rumeur qui dure, ramène une cousine d'Algérie et dit à son fils : "On va te marier, comme cela tu auras ta vie, tu auras ta liberté." Kemel a 21 ans. Fin du "calvaire".

Jean-Luc Romero, secrétaire national du Parti radical, ancien de l'UMP, activiste des droits des gays, affirme, sans hésiter : "L'homosexualité est "le" vrai tabou en banlieue et dans les quartiers populaires." SOS-Homophobie est l'une des rares associations à tenter de mesurer les discriminations contre les gays et lesbiennes en France.

En 2005, pour la première fois depuis dix ans, un chapitre de son rapport annuel est consacré à la banlieue à travers une trentaine de témoignages recueillis sur sa ligne d'écoute (0-810-108-135). Fabrice Soulage, un des responsables, explique : "Sans stigmatiser la banlieue, les agressions physiques y sont 33 % plus importantes et violentes qu'en ville, comme ce viol avec une batte de base-ball. L'agresseur a entre 15 et 25 ans, agit en bande, il est sexiste, machiste, et assimile le gay à un porc à éradiquer." SOS doit rendre publique, en juin, une enquête plus complète sur l'homophobie en banlieue s'appuyant sur 450 témoignages. Une autre est en cours sur la lesbophobie, comptant 1 793 doléances comme celle-ci : "Je suis dans le collimateur d'un groupe de jeunes de mon immeuble. "Nique les gouines" était inscrit sur ma porte." Car les filles connaissent, elles aussi, d'énormes difficultés. Ni putes, ni soumises recense, de son côté, une dizaine de cas "d'agression, de stigmatisation, de problème avec les familles".

Ce n'est pas le cas de Gabrielle G. Adhérente à Angel 91, association homosexuelle des Hauts-de-Seine, ce bout de femme dans la cinquantaine a toujours parlé ouvertement de sa préférence. Dans sa cité d'Antony, elle affirme "ne pas se sentir rejetée ni insultée". Elle est plutôt sévère : "Il ne faut pas s'isoler, mais s'ouvrir vers les autres. Sans minimiser les difficultés en banlieue, le problème c'est la manière dont les homosexuels se projettent. Ils provoquent. Quand on t'insulte, tu ne réponds pas. La société n'est pas encore prête à nous accepter. Il faut savoir se comporter sans choquer."

Sans choquer ? A Aubervilliers, dans le quartier du Pont-Blanc, les jeunes ont plus ou moins le même regard sur l'homosexualité : "Si j'en trouve un, je le pète" ; "Il y en a pas ici, ça se saurait. Ça se remarque quand même" ; "C'est pas comme à Paris" ; "Ils font ce qu'ils veulent, j'y peux rien, mais c'est contre nature". Alors, dans la cité, souvent l'homosexuel se fait invisible. Sous pression de la bande, il s'oblige à s'intéresser aux filles ; il est parfois même le premier à lâcher "On va casser du pédé". La culpabilité le ronge aussi. Celle d'être en totale contradiction avec les valeurs familiales, et surtout à l'égard de la religion. Pour éviter la "honte", il se tait, s'attache au silence. Chanceux, il se réfugie sur les sites Internet de rencontres ou de chats gays et lesbiens, pour briser l'isolement. Fortuné, il "s'exile" au Marais, l'emblématique quartier homo de Paris. Sinon, aires d'autoroutes, bords de canaux, toilettes de centres commerciaux font office de lieux de drague.


"Il y a un tel niveau de tabou sur la sexualité dans les familles maghrébines. Il suffit que deux personnes s'embrassent à la télé pour que les parents zappent de chaîne", raconte Nasser Ramdane, 33 ans. Figure du mouvement lycéen en 1990, il a la bouille d'un ado, les cheveux courts, bien dégagés sur les côtés, un visage affûté. Né dans les bidonvilles de Nanterre, il a connu Rueil-Malmaison, Rosny-sous-Bois, Noisy-le-Sec, dont il est conseiller municipal. Même si, aujourd'hui, il se dit soulagé de ne plus "cacher son orientation sexuelle", avant "ça ne passait pas. On a tendance à faire croire que l'homosexualité est une perversion, une anomalie".

Quand il découvre sa préférence pour les mecs, il est à la limite du dégoût. "On se nie. Je pensais être le seul rebeu homosexuel, que c'était réservé aux Occidentaux. Je flippais car je croyais que j'allais devenir une Zaza Napoli comme dans La Cage aux folles." Nasser est isolé, cache sa condition aux amis, car dans la cité, "un village urbain", tout se sait et tout le monde — les potes, les parents — tient des propos homophobes. Quelques intégristes musulmans font même croire que c'est l'Occident qui "rend homos" les jeunes. "Beaucoup se sont barrés de chez eux car les parents étaient au courant. Et, pour survivre, ils se sont livrés à la prostitution."

Nasser a la chance de militer, dès 16 ans, à SOS-Racisme, dont il est aujourd'hui le porte-parole. Il ne traîne pas en bas de l'allée. Il rencontre un "espace de banalité où, quand t'es homo, on s'en fout". Malgré tout, il avait "l'angoisse qu'on le sache publiquement". Nasser trouve n'importe quel prétexte "fallacieux" pour vivre sa sexualité à l'insu de son entourage. Des excuses classiques mais efficaces : un rendez-vous chez le docteur, une rage de dents, ou le coup de la fatigue. "Cette double vie te pousse à avoir des relations furtives et à prendre de grosses précautions. Elle t'auto-interdit les sentiments."

1994, premier coming out devant ses proches de SOS. "J'étais dans une relation sentimentale. Je ne pouvais plus le cacher." "Ça se voyait pas", lui répondait-on. 2001, second coming out... forcé. En campagne municipale à Noisy-le-Sec. Des membres d'une liste concurrente lui proposent un deal. De l'argent en contrepartie de leur soutien. Il refuse. Chantage donc. "Ils m'ont dit qu'ils allaient casser du pédé et révéler mon homosexualité à la ville et à ma famille." On cisaille les freins de son scooter. "Il fallait que je le dise à mes parents. Mon père et ma mère croyaient que je leur annonçais mon mariage..."

Le mariage, ils n'y pensent pas : Nicolas Martin, 35 ans, et Stéphane Grenier, la trentaine, sont ensemble depuis douze ans. Après des squats, puis la rue, ils débarquent, en 1997, à La Courneuve, à deux pas de la cité des 4 000. Pour eux et leurs quatre chiens, l'appartement c'est le paradis. Mais, au bout de deux semaines, les "sales pédés !" fusent. "Je me levais à 4 h 30 pour sortir les chiens. J'étais sûr de ne croiser personne", raconte Stéphane. Du coup, ils ne montent jamais ensemble dans leur 100 m2 à 200 euros par mois. Nicolas ne sort plus de chez lui, confiné au salon comme un "ermite" : "Une fois, j'ai répondu à une insulte, on m'a gazé à la bombe lacrymogène."

En 2000, ils déménagent, de nuit, abandonnant la moitié des meubles. Nicolas, aujourd'hui comédien, est resté longtemps en dépression. "Depuis quelques mois, quand je croise des jeunes, je ne change plus de trottoir. J'ai une haine et, en même temps, je ne peux pas m'empêcher d'avoir une infinie tendresse pour ces jeunes."


Mustapha Kessous
Article paru dans l'édition du 29.01.06

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-735502,0.html

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28 janvier 2006


Le retour des maisons closes au Royaume-Uni

"Afin d'éradiquer la prostitution dans les rues et de protéger les prostituées des dangers qui les y guettent, les femmes pourront travailler ensemble à deux ou trois dans des ‘minibordels'", annonce le quotidien britannique The Independent, en référence à un projet de loi déposé par le gouvernement de Tony Blair la semaine dernière. "C'est la première fois en cinquante ans qu'un gouvernement s'attaque à la législation sur la prostitution", précise The Guardian.


Selon le ministère de l'Intérieur, cité par le quotidien de Londres, on compte au moins 80 000 prostituées au Royaume-Uni. La prostitution est autorisée par une loi qui interdit le racolage et le proxénétisme. En 2005, l'ancien ministre de l'Intérieur David Blunkett avait déjà tenté de revoir les textes en introduisant la création de zones spéciales indiquées par une lumière rouge. Idée que son successeur Fiona Mactaggart a rejetée, car elle serait pénalisante pour les personnes installées à proximité de ces zones. Outre les minibordels, la ministre de l'Intérieur a également annoncé qu'elle souhaitait renforcer les mesures qui aideraient les prostituées à sortir de la drogue et de l'alcool, problèmes de plus en plus fréquents dans ce type de population.

"Personne ne choisit ce métier par goût, mais parce qu'il n'y a pas d'alternative. Nous permettre de travailler dans des lieux spécifiques est une bonne idée, mais la location de locaux nous obligera à en faire deux fois plus", estime Jenny une prostituée de 54 ans qui gagne actuellement entre 30 et 40 livres par client.

Pour Julie Bindel, la fondatrice d'un groupe de défense de droits des femmes intitulé Justice pour les femmes, "le gouvernement a raison de vouloir lutter davantage contre le commerce du sexe". Elle s'interroge néanmoins sur ce projet de loi autorisant la création de minibordels, car "ils ne résoudront jamais le problème de l'existence même de la prostitution".

"Il s'agit de l'oppression la plus ancienne et non du plus vieux métier du monde, comme le soutiennent fréquemment ceux qui estiment que la prostitution est trop dure à éradiquer. La prostitution n'est pas un métier. Quels sont les boulots dans lesquels la drogue, le viol ou le meurtre sont les risques du métier ?" demande Julie Bindel. "Il y a trop longtemps que les hommes qui se cachent derrière la prostitution sont invisibles", déplore-t-elle encore, citant la Suède en exemple. En effet, "la Suède est le seul pays qui a enfin reconnu que la prostitution était un obstacle à l'égalité entre hommes et femmes. La Suède est également le seul pays à avoir admis que la prostitution était une forme de violence contre les femmes". Et c'est à ce titre que les clients hommes sont poursuivis. Selon un sondage publié en 2004, 80 % de la population suédoise soutient cette loi. Les nouvelles générations grandissent avec la conscience que le corps féminin n'est ni à vendre ni à acheter, et que la prostitution est une violation des droits de l'homme. Un premier pas vers la disparition pure et simple de la prostitution ?

Anne Collet

Source : http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=59306&provenance=accueil&bloc=19

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