03 février 2006

Proviseur révoqué : la formidable mobilisation des bloggeurs
Webmaster du site Gayattitude, Matthieu Rouveyre revient sur la mobilisation des bloggeurs suite à la révocation du proviseur de Mende.
Quelles ont été les réactions à cette affaire ?
Elles ont été nombreuses, plus de cent réactions quotidiennes les premiers jours, et une cinquantaine aujourd’hui encore. Les réactions mêlent à la fois une vraie colère contre cette atteinte à la liberté d’expression et une réaction virulente à l’homophobie qui sous-tend cette révocation. Ce qui nous surprend, c’est que nous avons beaucoup de réactions que je qualifierais de "kamikazes" de bloggeurs gay, souvent dans l’Education Nationale, qui témoignent avec leurs noms, leurs prénoms et qui appellent à être visibles et à s’insurger contre ce qu’ils trouvent injuste et dégueulasse.
Qu’est-ce qui les choque le plus ?
C’est le motif même invoqué pour justifier la révocation. L’homophobie qui sous-tend une argumentation bâtie sur un amalgame entre homosexualité et pédophilie. C’est navrant de voir qu’on se réfugie derrière l’argument de la pornographie pour attaquer l’homosexualité en faisant, par sous-entendus, l’amalgame avec la pédophilie. Si on parle de pornographie dans le cadre de l’Education Nationale, qu’est-ce qui vient à l’esprit ? Les gens réagissent à ce retour à l’ordre moral, plus insidieux qu’il y a quelques années et aussi à cette idée qu’une poignée d’individus puisse avoir, sans garde-fous, un pouvoir aussi exorbitant sur la vie d’un homme.
Que s’est-il passé avec l’annonce par le ministre de l’Education Nationale qu’une "décision mieux proportionnée" serait appliquée ?
La première réaction a été que la mobilisation ne devait ni faiblir, ni s’arrêter. Par ailleurs, on constate que Gilles de Robien [ministre de l’Education Nationale] écrit "une décision mieux proportionnée à la faute commise par ce fonctionnaire". C’est le signe que le dossier a été réexaminé et que, selon le ministère, il y a bel et bien faute. Or, dans le recours gracieux déposé par le proviseur, il y a le réexamen de la sanction et la vérification de la légalité de la décision. Ce communiqué fait du coup passer ce recours comme une demande de grâce adressé au ministre, ce qu’il n’est pas et ce qui est à notre sens très insultant. Enfin, pour dramatiques que soient les conséquences actuelles pour le proviseur, il est important de dé-personnifier les enjeux de cette affaire. Il faut trouver les moyens que cela ne se reproduise pas à l’avenir. Si on assistait à une multiplication de ce type d’affaires, il y aurait sans doute une forme de banalisation, la mobilisation serait sans doute moins forte, ce qui serait dramatique sur le plan des libertés.
Pétition et infos sur : http://blog.mobilisation.gayattitude.com
Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=12338

Cameroun : tirs à boulets rouges sur des gays présumés
Des journaux publient des listes de personnalités «accusées» d'être homosexuelles...
Dans un contexte d'homophobie important, des journaux camerounais publient des listes d'homme politiques ou d'officiels présentés comme homosexuels. Les ventes des titres de presse concernés ont été dopées par ces pseudos révélations alors même qu'aucun fait avéré ne vient étayer ces écrits.
Parmi les personnes visées, dont des ministres en exercice, beaucoup ont déjà portées plainte alors que l'on estime que le climat politique est pour beaucoup dans cette chasse aux sorcières déguisée. La Météo, l'Anecdote et Nouvelle Afrique sont les trois journaux qui ont publié ces listes alors que l'homosexualité demeure un délit, passible de lourdes peines. L'article 347 bis du code pénal stipule que toute personne reconnue coupable d'homosexualité encourt « un emprisonnement de six mois à cinq ans » et « une amende de 20000 à 200000 francs CFA ».
Des actes homophobes répétés ou des arrestations de gays présumés sont nombreux et les articles de ces journaux participent à une homophobie sociale, institutionnelle et religieuse au sein du pays. On ne trouve pas d'opposants publics à ces journaux qui, au contraire, semblent bénéficier du soutien de la population, de la presse dans son ensemble, et de la complaisance des corps constitués. Le journal en ligne africk.com rapporte, dans un long article, les propos tenus lors de son homélie du 25 décembre par l'Archevêque de Yaoundé Victor Tonye Bakot qui a dénoncé les relations entre personnes du même sexe : « Je dois vous dire que l'homosexualité est un complot contre la famille et le mariage. Ne l'acceptons pas chez nous. Ce sont des moeurs contre nature (...) On expose gravement nos jeunes à cette perversion morale à cause du pouvoir de l'argent. Pour un poste de travail, une entrée dans une grande école, on contraint nos jeunes à l'homosexualité que l'on veut légaliser. (...) L'homosexualité est donc une perversion contre laquelle il nous faut lutter tous ». A l'occasion de la fête du mouton, le 10 janvier dernier, le cheik Ibrahim Mbombo a, pour sa part, dénoncé l'homosexualité et la pédophilie, qu'il juge « avilissantes ».
De nombreux pays africains pénalisent les relations homosexuelles, l'homosexualité demeure un sujet particulièrement tabou sur ce continent. Le comité Belge de l'organisation de défense des Droits de l'Homme avait dénoncé en décembre dernier la situation dans laquelle se trouvaient onze hommes au Cameroun, emprisonnés du fait de leur homosexualité présumée, et le climat d'hostilité envers la population LGBT qui se dégradait en Ouganda.
Concernant l'Ouganda, Amnesty dénonçait le climat d'hostilité perdurant dans le pays envers la population LGBT et rappelle une série d'actes homophobes, actes effectués à la demande et par les institutions du Pays, notamment sur ordre du Président ougandais. L'organisation dénonçait également une série de dispositions législatives discriminatoires et qui répriment l'homosexualité dans le pays. Pour finir, Amnesty soulignait le harcèlement dont sont victimes des militantEs LGBT ougandaisES.
En novembre dernier, Louis-Georges Tin, fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, dénonçait dans un communiqué la situation extrême que subissait son correspondant ougandais suite à l'arrestation dont il avait été victime à Kampala, la capitale. Le nom du correspondant est tenu secret pour des raisons de sécurité mais il s'agit d'un pasteur, arrêté par la police locale alors qu'il était en prière avec ses fidèles.
Egalement, en 2005, la situation de deux nigérians avait ému la communauté internationale suite à leur arrestation et un long procès. La mobilisation des organisations LGBT et de défense des droits de l'Homme a permis leur acquittement, début décembre, alors qu'ils risquaient la peine de mort pour des relations homosexuelles qui n'ont jamais été prouvées.
A l'initiative de la Nouvelle Zélande, un appel cosigné par un nombre important de pays a été adressé au Président de la Commission des Droits de l'Homme à l'ONU lors de la dernière cession achevée au printemps dernier pour l'adoption d'une résolution s'opposant aux discriminations et aux violences liées à l'orientation sexuelle. Cet appel a été vain. La Commission avait entamé l'examen d'une résolution, présentée par le Brésil, intitulée « Droits de l'homme et orientation sexuelle » (E/CN4/2003/L92). La résolution n'avait pas été adoptée en 2003 et 2004 lors des précédentes sessions ni à celle de cette année.
En attendant, des homsexuelLEs continuent de part le monde à subir une répression sociale et institutionnalisée au mépris des droits de l'Homme.
EN SAVOIR PLUS
L'article sur afrik.com relatif à la situation camerounaise : www.afrik.com
Le site du comité IDAHO : www.idahomophobia.org
03/02/2006 G.L. - Actualites Gay
Source : http://citegay.fr/ACTUALITES/GAY/00/00/243998/actualites_visu.htm

Pologne : un site néonazi publie des listes noires d'homosexuels
Le parquet de Varsovie a ouvert jeudi une enquête sur un site internet néonazi qui publie des listes noires d'homosexuels et de personnalités et militants de gauche et demande à ses sympathisants de rassembler des informations sur eux.
"Le parquet a ouvert une enquête sur la constitution d'une base de données créée sur l'internet par l'organisation internationale "Sang et Honneur" (Blood and Honor), a déclaré Maciej Kujawski porte-parole du parquet de Varsovie.
Le parquet soupçonne ces listes d’enfreindre la loi sur la protection des données personnelles et sur l’appel à l'agression et la propagation du régime fasciste, a-t-il ajouté.
Le site qui appartient à la branche polonaise de l'organisation néonazie internationale "Sang et Honneur" (Blood and Honor) publie sur ses pages de longues listes de noms de personnalités de gauche accompagnés parfois de leurs adresses ou numéro de téléphone.
Certains noms sont complétés d'inscriptions comme "probablement juif", "pédé", "informateur de la police".
"Si tu reconnais une personne sur les photos et si tu connais son adresse, son numéro de téléphone, ou les plaques d'immatriculation de sa voiture, fais-le nous savoir", indique le site, installé, selon des médias polonais, sur un serveur aux Etats-Unis.
"Rappelle-toi les endroits, les visages des traîtres de la race, ils paieront tous pour leur crimes", écrit encore le site.
Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=12354
Mis en ligne le 03/02/06
Etats-Unis : un jeune agresseur homophobe recherché 
Agé de 18 ans, il a attaqué les clients d'un bar gay avec une hachette et un pistolet...
Trois hommes sont blessés et hospitalisés dont l'un dans un état critique après l'agression à l'arme à feu et avec une hachette dont les clients d'un bar gay de la ville de New Bedford, ville du sud de Boston dans le Massachusetts, ont été victimes dans la nuit de mercredi à jeudi.
La Police locale a lancé un appel au jeune auteur des faits, considérés comme dangereux, pour qu'il se rende et averti la population de ne pas approcher de l'individu.
Le jeune homme, suspecté d'être l'auteur des faits, est arrivé vers minuit au Puzzles, bar gay local, et a commandé un verre en demandant s'il se trouvait bien dans un bar gay avant d'attaquer à la machette des clients parmi les 150 présents. Après une altercation avec d'autres clients, il a sorti un pistolet et tiré sur trois hommes avant de prendre la fuite à bord de sa pontiac.
Reconnu par une cliente du bar comme élève ou ex-élève dans le même lycée, la police s'est rendue au domicile de la mère de l'agresseur et a constaté dans la chambre du jeune homme des insignes et inscriptions néonazies et antisémites.
Le jeune homme avait, lors de son adolescence, intégré des stages de la police locale destinés aux enfants difficiles ou en difficultés.
Aux Etats-Unis, comme partout ailleurs, les lieux de sociabilité LGBT font l'objet de violences régulières, au mieux via de simples invectives, pire par des inscriptions homophobes ou détériorations ou des violences envers les clients ou gérants des établissements.
EN SAVOIR PLUS
Le site de SOS Homophobie : www.france.qrd.org/assocs/sos
Source : http://citegay.fr/actualites.htm
02 février 2006

AFP/PEDRO UGARTE
Trois journaux camerounais publient des listes de personnes accusées de "déviances" sexuelles.
Des journaux camerounais font la chasse aux homosexuels
LEMONDE.FR | 02.02.06 | 14h16 • Mis à jour le 02.02.06 | 15h27
Personne n'y échappe. Politiques, cadres d'entreprises, musiciens sont la cible de journaux privés à scandale camerounais qui, depuis plusieurs semaines, publient des listes de personnalités accusées de "déviances" . Même des religieux sont mis en cause. C'est le bimensuel La Météo qui a lancé le premier, à la mi-janvier, cette chasse aux sorcières avec un dossier sur les homosexuels camerounais. Deux autres journaux peu connus pour leur déontologie, Nouvelle Afrique et L'Anecdote, lui ont emboîté le pas, le premier sous le titre "Voici les pédés de chez nous", le second en affichant "Déviance : la liste complète des homosexuels du Cameroun".
Citées selon de "bonnes sources" jamais identifiées, ces personnalités auraient eu des rapports avec des personnes du même sexe pour décrocher des promotions. Des "révélations" qui ont aussitôt nourri les conversations. "Il est bon que l'on sache, afin que chacun puisse éviter ces chemins de la dépravation", plaide ainsi Dupleix Kuenzob, du Service œcuménique pour la paix, une ONG habituellement engagée dans la défense des droits humains.
PLAINTES ET DROITS DE RÉPONSE
L'affaire s'est ensuite invitée sur le terrain politique quand le ministre de la communication, Pierre Moukoko Mbonjo, lui-même cité dans ces listes, s'en est vivement pris, lundi, à leurs initiateurs. Mais s'il a critiqué ces "outings" en série, c'est surtout "car il sera difficile d'en apporter la preuve devant les tribunaux". "Je ne vois pas comment [ces journalistes] donneront les preuves de leurs allégations, à moins qu'ils ne soient les partenaires de ceux dont les noms sont cités", a glissé le ministre, sans relever le niveau du débat.
Le dossier devrait maintenant arriver dans les cours de justice, de nombreuses personnes visées ayant porté plainte. Egalement stigmatisé par la presse pour son homosexualité présumée, le ministre chargé des relations avec les assemblées, Grégoire Owona, a expliqué avoir "déposé aussi bien un droit de réponse qu'une plainte devant les tribunaux". "Je tiens, dans cette affaire, à voir mon honneur sauf", explique-t-il.
Sujet tabou dans un pays où l'influence de la religion est encore importante, l'homosexualité est interdite par le code pénal camerounais, qui prévoit des peines de six mois à cinq ans de prison et des amendes de 20 000 à 200 000 francs CFA (30 à 300 euros) pour "toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe", des peines régulièrement prononcées par la justice.
MANŒUVRES POLITIQUES ET COMMERCIALES
Des voix indépendantes se sont élevées pour lancer un débat sur la dépénalisation de ce qu'on appelle pudiquement au Cameroun le "bilinguisme". "Le Cameroun est un Etat de droit, et les libertés individuelles, dont le respect est prescrit par la Constitution, doivent être garanties", martèle Suzanne Kala Lobé, militante des droits de l'homme, s'indignant de ce "retour des inquisiteurs".
Derrière ce fracas, des observateurs voient les manœuvres de ceux qui voudraient écarter des adversaires à l'approche d'un éventuel remaniement ministériel. Les journaux incriminés, eux, ne cachent pas leurs préoccupations commerciales. "Il y a très longtemps que nos tirages ne dépassaient pas les 5 000 exemplaires. Depuis que nous traitons de l'homosexualité, nous dépassons les 20 000 exemplaires", se réjouit François Bikoro, rédacteur en chef de L'Anecdote, qui récidivait mardi avec "La suite de la liste des homosexuels". Les journaux qui ont pris le parti du scandale s'arrachent comme des petits pains et à prix d'or, jusqu'à 5 000 francs CFA contre un coût affiché de 300 francs CFA. Des photocopies circulent aussi au marché noir, à des prix astronomiques.
Avec AFP
Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-737061,0.html
01 février 2006

Exclusif : le proviseur révoqué s’explique pour Illico
Parce qu’il a parlé de son homosexualité sur son blog, ce proviseur de Mende a été révoqué de son poste. L’affaire en dit long sur les rapports toujours conflictuels entre Education Nationale et homosexualité. Entretien avec l’intéressé.
Emu par la mobilisation en sa faveur, M.C. revient ici sur les répercussions que sa révocation a eu sur son vie.
Outre les répercussions personnelles, une des questions que pose cette affaire, c’est de savoir où sont les limites du droit d’expression, du cadre privé et du champ de la liberté d’expression des fonctionnaires. Votre affaire atteste-t-elle d’un risque dans ce domaine ?
Cette liberté de ton ne m’a pas été reprochée. En revanche, le mélange des genres "vie personnelle – vie professionnelle" a été qualifié de faute, ce mélange des genres pouvant contribuer à donner une image indigne de la fonction. Le simple fait que le contenu de ce blog ait été signalé comme inconvenant (au sens étymologique : "qui ne convient pas") et soit remonté jusqu’aux échelons hiérarchiques supérieurs montre que cette analyse n’est pas sans fondement.
Par recoupement, on pouvait identifier l’auteur et penser que certains écrits trop personnels pouvaient choquer, dès lors que le chef d’établissement représente dans l’exercice de ses fonctions le ministre et incarne l’image de son établissement.
Certains amalgames sont délicats à gérer, les choix de vie, l’homosexualité par exemple, relèvent de la sphère privée et doivent restés dans cette sphère là. C’est en particulier pour cette raison que mon blog était sous pseudo. Ce n’était pas "le blog de M. X, proviseur du lycée Y". C’était le blog d’un anonyme. Pas identifié mais, hélas, identifiable par recoupements.
Quant au devoir de réserve, ses contours restent flous. Il ne faut rien faire, dire ou écrire qui puisse nuire à l’image de l’institution que l’on représente. Ce qui laisse une grande marge à l’interprétation.
S’interroger, non pas sur le fonctionnement d’une administration, mais sur ses propres pratiques professionnelles n’est pas interdit. C’est ce que je faisais sur ce blog. Il faut veiller à ne pas exposer d’éléments, conversations, rencontres, qui engagent plus que le seul auteur du blog. Je ne crois pas avoir franchi la ligne jaune.
On a le sentiment, malgré de notables évolutions, que dans l’opinion publique — et du coup dans la hiérarchie de l’Education Nationale —, l’homosexualité ne va jamais de soi, constitue un handicap ou pose un problème dès lors qu’on parle d’éducation. Partagez-vous ce sentiment et à quoi l’attribuez –vous ?
Je vous répondrai par un texte : "Pour que la mixité à l’école soit synonyme d’égalité dans la vie, il faut que les aspirations des filles et des garçons se rejoignent davantage. Une meilleure orientation, plus diversifiée, plus adaptée aux évolutions de la société et surtout, plus équitable, contribuant vraiment à l’évolution de la société entre les hommes et les femmes, doit rester un de nos objectifs primordiaux.
Essayons tous ensemble d’emmener les jeunes (…) vers la construction d’un avenir dans lequel les représentations sexuées seront moins souvent la source de tension et de violence, et où chacun pourra, sans arrière-pensée, construire son projet personnel."
Ce texte date de janvier 2003, en préface à un ouvrage collectif intitulé "Pour une égalité des chances."
La volonté est donc affichée. Il faut se donner les moyens de la faire entrer dans les faits. Mais il faut le faire avec prudence et respect, car parler d’homosexualité n’est jamais un sujet simple. Trop de stéréotypes, de clichés, parfois véhiculés par les homosexuels eux-mêmes qui souhaitent simplement montrer que la différence peut et doit se vivre au grand jour, restent vivaces.
Il est difficile d’aborder sereinement le sujet dans les écoles : doit-on faire progresser l’idée de tolérance parce que être homosexuel n’est pas être anormal, ou doit on aller directement à la formulation "être homosexuel, c’est normal", avec l’accusation possible du prosélytisme… Le but final étant bien sûr de dédramatiser le sujet, de faire passer un message de tolérance et de respect au même titre que l’on parle du racisme ou du sexisme… Le but est aussi de rassurer le jeune qui se pose des questions, qui angoisse à l’idée de s’avouer une évidence contre laquelle on le pousse cependant encore à se battre. Avec tous les risques et les conséquences que l’on imagine.
Quel impact a eu cette affaire sur vous et sur vos proches ?
Contrairement à ce que l’on peut penser en sachant que j’écrivais sur un blog publié sur internet, je suis quelqu’un de pudique. Ce blog était un exutoire. Naïvement, oui naïvement, je n’imaginais pas que ce blog pouvait m’apporter des ennuis. Parce qu’il n’y avait rien répréhensible, de contraire à la loi ou aux bonnes mœurs. Parce que c’était une façon de partager avec des (plus ou moins) inconnus, de me créer un réseau d’amitiés virtuelles qui, au fil du temps, ont toujours été des réconforts quand le besoin se faisait sentir.
C’était un blog pour partager ce qui ne se disait pas, ne s’exprimait pas dans la vraie vie. Parler d’homosexualité sur le blog, c’était pouvoir être moi. N’en pas parler dans la vraie vie, c’était éviter un sujet sensible pour mes proches, c’était non pas se cacher, mais être professionnel dans le cadre de mon travail. Je crois pouvoir dire que personne, dans le cadre professionnel, n’a jamais pu savoir ce qu’était ma vie privée. Jean-Louis Bory a écrit un jour : "Je n’avoue pas que je suis homosexuel parce que je n'en ai pas honte, je ne proclame pas que je suis homosexuel parce que je n'en suis pas fier, je dis que je suis homosexuel parce que cela est."
Je n’ai jamais affiché mon groupe sanguin, ou mes goûts en matières de cuisine. Si on me demande, je le dis. Mais je ne l’affiche pas.
J’aurais souhaité pouvoir continuer dans cette voie-là. Hélas, cela a été mis sur la place publique. J’ai heureusement pris les devants avec mes parents qui ont réagi avec beaucoup d’amour et de compréhension. J’aurais aimé leur éviter cette révélation. Je crois qu’il est plus facile de le dire quand on a 20 ans que 48. Faire un coming out devant ses parents à mon âge, c’est comme avouer qu’on leur a menti pendant trente ans. C’est les mettre devant une réalité à laquelle ils ont peut-être refusé de croire. C’est leur briser certains rêves sans avoir le temps d’en refaire d’autres. Je regrette qu’on m’ait obligé de leur faire ça alors qu’ils ont 70 et 75 ans.
Je crois d’autre part qu’il est plus facile de faire un coming out quand on est amoureux. On peut en parler non plus en termes de sexualité mais en terme de sentiment. On passe du lit au cœur. Dans le cas présent, ce coming out auprès de mes parents s’est accompagné du chagrin de comprendre combien je pouvais être seul et le mal-être qui m’habite.
Avez-vous été surpris par l’ampleur des soutiens que vous avez reçu de votre entourage professionnel direct, de vos proches, des syndicats, des internautes, des gays et lesbiennes ?
Surpris ? Le mot est faible. Abasourdi et bouleversé. Tant de marques d’amitié, tant d’encouragements venant de tous bords, c’est exceptionnel. Dans cette épreuve, cette chaleur humaine m’a aidé à tenir, à ne pas lâcher, à retrouver l’envie de faire face. Le plus troublant, c’est le caractère protéiforme de ce mouvement de soutien. C’est pourquoi j’ai beaucoup hésité à répondre. Je ne suis pas le militant d’une cause et je ne souhaite pas le devenir. Je ne suis pas un symbole. Accepter de brandir un étendard, c’est rejeter les autres, ceux qui ne se rangeraient pas sous cette bannière, dans l’ombre. Chacun peut se retrouver, se sentir concerné par mes remerciements. Quelques-uns et quelques unes qui me connaissent ou qui m’ont lu et ont compris ce que j’écrivais sur mon blog, qui ont signé la pétition en ligne sur Internet, quelques uns donc ont eu la gentillesse de mettre en avant le fait que, professionnellement ou hors milieu professionnel, j’étais quelqu’un d’humain. Je ne revendique rien d’autre. Et si je dois endosser une casquette, ce sera celle là, parce que tout le monde, tous ceux qui sont un peu attentifs aux autres, à leurs proches, à leurs collègues, à leurs amis, peuvent se reconnaître. Tout le monde, quels que soient sa vie, ses goûts, ses amours. C’est en tout cas ce que, sur le plan personnel, j’ai envie de retenir de toute cette affaire.
Propos recueillis par Jean-François Laforgerie
Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=12336
26 janvier 2006

Condamnation de Vanneste : réactions au PS, à Act Up et à la Ligue des Droits de l’Homme
Le PS du Nord se félicite de la condamnation de Christian Vanneste pour ses propos homophobes. Act Up demande à l'UMP de "prendre ses responsabilités" et la Ligue des Droits de l’Homme parle de première judiciaire.
La fédération du Nord s'est "félicitée" mercredi de la condamnation la veille du député UMP du Nord Christian Vanneste pour injure envers les homosexuels.
"En s'en prenant ouvertement aux homosexuels, Christian Vanneste se situe dans le droit fil de sa pensée ultraconservatrice et réactionnaire, lui qui remet en cause le droit à l'avortement (et) qui tente de réintroduire la peine de mort dans le droit français", a affirmé dans un communiqué le premier secrétaire fédéral du Nord, Gilles Pargneaux.
Act-Up Paris estime quant à elle, que l'UMP doit "prendre ses responsabilités" après la condamnation de Christian Vanneste. "Le parti actuellement au pouvoir va-t-il garder en son sein un élu qui insulte les gays et les lesbiennes, et qui enfreint une loi que l'UMP a contribué à faire passer"?, interroge l'association, partie civile lors du procès.
"Au-delà de Christian Vanneste, Nicolas Sarkozy va-t-il rappeler à l'ordre les élu(e)s UMP qui ne cessent de nous insulter?", demande l'assocation.
La Ligue des droits de l'Homme (LDH), plutôt hostile à l’inclusion par amendement de l’homophobie dans la loi lors de sa discussion, salue désormais la condamnation du député UMP du Nord Christian Vanneste pour "injure envers les homosexuels" comme une "première judiciaire".
"L'homophobie est un délit même pour les députés", rappelle l'organisation de défense des droits de l'Homme dans un communiqué.
Cette condamnation "marque une réelle avancée dans la lutte contre les discriminations et l'incitation à la haine en raison de l'orientation sexuelle", selon la LDH.
Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=12296
Mis en ligne le 26/01/06 
(Photo : Jacques Myard)
Vanneste : le député UMP Jacques Myard veut réécrire la loi sur les propos homophobes
Le député UMP Jacques Myard déplore la condamnation de son collègue Christian Vanneste et demande "la réécriture" d'un article de loi réprimant les injures et discriminations homophobes.
La condamnation de Christian Vanneste "marque d'une pierre noire la vie fragile de la liberté d'expression", a estimé Jacques. Myard, dans un communiqué.
"La République ne peut certes pas tolérer les injures ad hominem mais, en revanche, peut-on admettre qu'un jugement soulignant un aspect d'une orientation sexuelle puisse donner lieu à des poursuites et à une condamnation", a-t-il poursuivi.
"Il convient de réécrire l'article 21 de la loi du 30 décembre 2004 dont la justice donne une interprétation qui rétablit un ordre moral que l'on croyait révolu", a-t-il plaidé. L'article 21 de la loi créant la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) réprime les injures et discriminations racistes ou sexistes.
Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=12297
Mis en ligne le 26/01/06
25 janvier 2006

Réaction Vanneste : le député UMP dénonce une atteinte profonde à la liberté du parlementaire
Le député UMP du Nord Christian Vanneste, condamné mardi pour "injure envers les homosexuels", a dénoncé ce mercredi "une atteinte profonde à la liberté du parlementaire" et "la dictature de la pensée unique".
"Je suis rempli de honte pour mon pays", a-t-il déclaré sur RTL, en revendiquant sa "liberté d'expression". Il a ajouté que "ces propos font partie d'un débat démocratique" et qu'"on veut tuer la démocratie dans ce pays". "Lorsqu'un député se prononce contre une loi et qu'il justifie ensuite sa position à la demande des journalistes, on n'a évidemment pas à le traîner devant les tribunaux", a fait valoir le député du Nord.
Il a dénoncé "une atteinte profonde à la liberté du parlementaire et à la séparation entre pouvoir législatif et autorité judiciaire". Selon Christian Vanneste, "le mot homophobie ne veut absolument rien dire" mais est imposé "par la dictature de la pensée unique qui est en train de s'installer".
Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=12285
Mis en ligne le 25/01/06 
Nicolas Sarkozy reste muet mais des voix à l'UMP appellent à ne pas lui accorder l'investiture pour les prochaines législatives...
Christian Vanneste a déclaré qu'il fera appel de sa condamnation pour injure homophobe prononcée à son encontre par le Tribunal correctionnel de Lille hier. Rien de surprenant sur ce point ni sur la forme et le fond de sa réplique, Christian Vanneste se plaçant en position de victime, méthode usitée, et ne goûtant pas au fait qu'il soit le premier condamné pour injure homophobe en France, de surcroît étant un élu de la République.
Interrogé au micro de France 3 hier, l'élu UMP de Tourcoing estime que « Cette décision est inouïe, elle est d'une gravité exceptionnelle », ajoutant que l'« On vient aujourd'hui, en France, dans un pays qui se veut une démocratie, de museler un parlementaire, de l'empêcher d'expliquer pourquoi il s'est opposé à une loi, de l'empêcher d'exprimer une opinion ».
Au lieu de faire profil bas en élu respectueux de l'autorité judicaire, Christian Vanneste a décidé de répliquer fermement, de faire appel de cette condamnation pénale ajoutant qu'au besoin il saisirait la Cour européenne des droits de l'Homme. Bien que cette dernière n'est pas eue encore à se prononcer sur la loi de 2004 qui a modifié le droit de la presse pour sanctionner les injures homophobes, la jurisprudence constante de la cour sur le sujet est claire : si la liberté d'expression est défendue par la convention européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme et des libertés fondamentales, l'exercice de cette liberté est notamment conditionnée au respect du droit d'autrui et au respect des personne, les législations et juridictions internes ayant toute latitude pour sanctionner des propos qui contreviendraient à cette limite.
Dans son propre camp, des membres de l'UMP appellent à une sanction politique de l'élu suite à cette condamnation. Pour Jean-Luc Romero, conseiller régional UMP et président d'Aujourd'hui Autrement, qui avait témoigné contre Christian Vanneste lors de son audience correctionnelle, « le député du Nord, en toute connaissance de cause, a bafoué, à plusieurs reprises, une loi supprimant enfin toute hiérarchie entre les discriminations et qui a été votée par l'actuelle majorité. M. Vanneste n'a montré aucun regret et a même réitéré ses propos devant le tribunal de Lille. Un député peut commettre une erreur, mais il ne peut continuer à bafouer la loi en toute impunité. Ce serait incompréhensible vis-à-vis de la plupart des Français qui sont légalistes et respectent les lois même s'ils ne les approuvent pas. ». Il ajoute que « Ne pas désavouer un élu qui se vante de bafouer la législation - et qui assure même avoir le soutien de la plupart de ses collègues ! - donnerait enfin le sentiment que le vote de la loi pénalisant les propos homophobes n'était, pour notre majorité, qu'un leurre puisque sa première application n'aura aucune conséquence pour M. Vanneste au sein de l'UMP, parti pourtant à l'origine de la pénalisation des propos homophobes. ». C'est pourquoi il réclame que l'UMP ne donne pas l'investiture du parti à Christian Vanneste si ce dernier choisissait de se représenter aux prochaines élections législatives.
GayLib, mouvement associé à l'UMP, fait la même analyse et la même demande au parti dirigé par Nicolas Sarkosy. Si les gays de la rue de la Boétie rappellent les paroles de Nicolas Sarkozy désavouant ce type de propos, ils oublient de rappeler également que le même Nicolas Sarkozy s'était engagé dans la foulée à exclure Christian Vanneste du parti en cas de récidive, engagement qui n'a pas été tenu en dépit des nouveaux propos homophobes proférés par le député du Nord par la suite ni vers lequel on semble se conduire suite à cette condamnation pénale.
En dehors de l'intervention de GayLib sur l'affaire Vanneste, comme sur l'Entente réunissant 185 parlementaires UMP et UDF contre l'homoparentalité, Nicolas Sarkozy est fort discret sur le sujet pour ne pas dire mutique alors que tous les autres partis de gouvernement se sont exprimés publiquement.
EN SAVOIR PLUS
Le communiqué de Jean-Luc Romero : http://citegay.fr/00/00/243886/communiques_visu.htm
Le communiqué de GayLib : http://citegay.fr/00/00/243885/communiques_visu.htm
Source : http://citegay.fr/ACTUALITES/GAY/00/00/243891/actualites_visu.htm
24 janvier 2006

Affaire Vanneste : la victoire du droit sur l’intolérance
communiqué SNEG - 24 janvier 2006
Le SNEG se félicite du jugement rendu par le Tribunal Correctionnel de Lille contre Christian Vanneste, poursuivi pour injures à raison de l’orientation sexuelle. Cette décision, conforme aux réquisitions du Procureur de la République, qui avait demandé la condamnation du député, est une victoire du droit sur l’intolérance. Elle constitue une première jurisprudence sur l’application de la loi du 30 décembre 2004 dont la conformité à l’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme est reconnue, malgré les tentatives pitoyables de Monsieur Vanneste de soutenir le contraire. Elle rejoint la récente résolution du Parlement Européen, adoptée le 18 janvier 2006, qui condamne fermement et sans nuance l’homophobie.
Les conditions d’exercice de la liberté d’expression et ses limites sont désormais clairement définies par des juges indépendants des pouvoirs publics. Le SNEG regrette qu’il faille en arriver à cette extrémité - la condamnation pénale d’un élu de la République - pour que la haine de l’autre et ici les homosexuel/les cesse d’être considérée comme légitime. Le SNEG continuera à œuvrer pour que cesse la prolifération de discours indignes et attentatoires à la dignité des citoyens à raison de leur orientation sexuelle.
Source : http://www.france.qrd.org/actualites/article.php3?id_article=2184
Le député UMP Christian Vanneste condamné pour propos homophobes
Le tribunal correctionnel de Lille a condamné le député UMP du Nord Christian Vanneste à 3.000 euros d'amende pour injures et diffamation publique à la suite de propos homophobes.
Furieux, le député a estimé que ce jugement, contre lequel il fera appel, remettait en cause la liberté d'expression.
"Cette décision est d'une gravité exemplaire. La liberté d'expression est remise en cause,", a-t-il déclaré.
"On empêche quelqu'un de s'exprimer sur un sujet de société. La déclaration des droits de l'homme et la convention des droits de l'homme sont remises en cause par ce jugement", a-t-il ajouté.
Christian Vanneste devra également verser 2.000 euros de dommages et intérêts à chaque partie civile - trois associations gays et lesbiennes, le Syndicat national des entreprises gays, Act-Up et SOS Homophobie.
Le 13 décembre dernier, lors de l'audience, l'élu avait tenté de se défendre en faisant une différence entre les comportements et les personnes.
"Le comportement homosexuel est inférieur socialement et moralement", avait déclaré le député. "Décrire un comportement qui n'est pas celui qui fonde notre société n'est pas discriminant contre ceux qui font le choix de l'homosexualité."
Il avait assuré "ne pas être homophobe" et ne pas vouloir "incriminer les homosexuels".
Ce procès était le premier visant un homme politique dans le cadre de la loi du 30 décembre 2004 sur les propos discriminatoires.
Les trois associations avaient porté plainte et s'étaient constituées partie civile après les propos de Christian Vanneste relayés par deux quotidiens régionaux.
En janvier 2005, dans La Voix du Nord, le député avait jugé "l'homosexualité inférieure à l'hétérosexualité".
Un mois plus tôt, à l'Assemblée nationale, il avait pris la parole pendant le débat sur le texte créant la Haute Autorité de lutte contre les discriminations.
"La lutte contre le sexisme et la lutte contre l'homophobie ne sont pas comparables", avait-il alors estimé. "Les inégalités à combattre s'appliquent aux états subis, pas aux comportements choisis."
Christian Vanneste avait également énoncé que l'homosexualité était critiquable "au nom de l'intérêt social mais aussi au nom de l'universalité". A ses yeux, l'homosexualité était "évidemment une menace pour la survie de l'humanité".
Source : http://www.lexpress.fr/info/infojour/rss.asp?id=13406
Christian Vanneste condamné
L’impact des injures homophobes commence à être reconnu
publié le 24 janvier 2006
Christian Vanneste a été condamné pour "injures en raison de l’orientation sexuelle" à payer une amende de 3000 euros et à verser 3000 euros à chacune des trois associations qui s’étaient portées partie civile (2000 euros de dommages et intérêts et 1000 euros pour les frais d’avocats) ainsi qu’à la publication judiciaire de cette condamnation dans Le Monde, La Voix du Nord et L’Express. C’est la première fois que cette nouvelle disposition de la loi sur la liberté de la presse, mise en place grâce à la loi du 30 décembre 2004, est appliquée.
Act Up-Paris, qui, avec le SNEG et SOS Homophobie, avait porté plainte contre le député UMP, se félicite de ce jugement. Nous nous félicitons de même que le tribunal n’ait pas suivi le système de défense du député, qui consistait simplement à remettre en cause la loi du 30 décembre 2004 ; et à assurer qu’il n’y avait pas injure dans ses propos car il ne parle pas de " personnes " mais de " comportement homosexuel ". Nous nous gardons de tout triomphalisme : nous savons que la décision peut changer en cas d’appel du député.
Si nous demandons à ce qu’il n’y ait plus d’impunité pour les injures homophobes, c’est bien qu’elles ont un impact extrême dans nos vies et sur l’ensemble de la société, surtout quand elles sont tenues par une personnalité publique, élue de la République, de surcroît. En nous traitant d’inférieurEs, de " menace pour la survie de l’humanité " ou de " sectaires ", des gens comme Christian Vanneste légitiment les discriminations et les agressions à notre égard ; ils entretiennent un contexte homophobe qui nourrit le mépris de soi, la sursuicidalité chez les gays ; enfin, ils excluent nos revendications légitimes du débat démocratique.
La société, avec ce jugement, commence enfin à reconnaître les conséquences dramatiques de l’homophobie, quand elle se manifeste par des injures. Il est temps maintenant que les politiques en tiennent compte. Il est urgent, au-delà de la nécessaire répression de ces propos de mettre en place une politique de prévention de l’homophobie ambitieuse et cohérente.
Source : http://www.actupparis.org/article2329.html
23 janvier 2006

La blogsphère et les internautes toujours mobilisés !
Gilles de Robien, ministre de l'Education Nationale, est revenu ce vendredi 20 janvier sur la révocation de Garfieldd, en estimant la sanction disproportionnée. Pour autant, cette intervention ne doit pas faire oublier que certains points demeurent irrésolus et que par conséquent, nous appelons à renforcer la mobilisation.
1) La sanction
Si Gilles de Robien estime qu'elle est disproportionnée, il reste que pour lui sanction il y a. Or, à l'heure actuelle on ne sait pas ce qui sera finalement retenu contre Garfieldd. Exclusion temporaire, rétrogradation, déplacement d'office, abaissement d'échelon, radiation du tableau d'avancement, ... ce n'est pas tranché ! Il est impossible que l'injustice et la souffrance qui ont frappé cet homme ne soient pas prises en compte pour atténuer toute mesure de rétorsion. Le syndicat de Garfieldd, le SNPDEN va réclamer qu'en tout état de cause la sanction ne soit pas supérieure à un blâme (qui disparaît du dossier au bout de trois ans si aucune sanction n’est intervenue pendant cette période). Nous rejoignons cette revendication en nourrissant l'espoir que toutes les charges soient finalement abandonnées.
2) La faute
Gilles de Robien confirme qu'il y a eu faute alors qu'il vient juste de recevoir la demande de recours gracieux. Ce recours doit pourtant déclencher un réexamen du dossier : la sanction doit être de nouveau étudiée et il appartient également au ministre de statuer sur la légalité de la décision. En estimant que la faute est établie, le ministre refuse tout bonnement de réexaminer cette deuxième question. Or, qu'est-il vraiment reproché à Garfieldd ? La plupart des personnes qui se sont intéressées à l'affaire expriment leurs craintes. S'agit-il seulement d'avoir fait part de ses états d'âme de proviseur sur son blog ? La commission ayant traité le dossier considère que Garfieldd s'est rendu coupable en "donnant de son emploi de chef d'établissement, ainsi que de celui d'autres agents de l'éducation nationale, une image déshonorante et indigne". Il nous faut rapprocher cette formule de la déclaration de Paul Desneuf, directeur de l'encadrement du ministère de l'éducation nationale : "Sur ce blog se trouvaient des écrits et des photos à caractère pornographique, incompatibles avec l'exercice de la responsabilité d'un chef d'établissement". Lorsqu'on sait qu'en réalité, il n'y avait rien de pornographique dans ce blog, on peut se demander si en fait, ce n'est pas l'homosexualité de Garfieldd qui a été déterminante, davantage qu'une éventuelle entorse à son devoir de réserve.
Parce que ne souhaitons pas qu'il fasse la sourde oreille et afin qu'il ait bien en tête nos préoccupations, nous proposons à Gilles de Robien de lui faire de cette page un pense-bête. Grâce à une campagne virtuelle (Google Bombing), nous allons nous efforcer de la placer en première position des résultants lorsqu'un internaute cherche "Gilles de Robien" dans Google. Pour cela, il suffit à toute personne disposant d'une site internet d'insérer le code suivant sur sa page d'accueil :
<a href="http://www.allogillou.com" title="Gilles de Robien">Gilles de Robien</a>
Pour cerner les enjeux liés à cette affaire nous vous renvoyons à la lettre de Maître Eolas à Gilles de Robien, au site de Embruns qui dresse une liste impressionnante de blogs évoquant ce sujet ainsi que le journal de la mobilisation de Gayattitude. Par ailleurs, n'hésitez pas à signer la pétition.
Allez voir la source pour plus de détails : http://www.allogillou.com/



