19 septembre 2005

Des questions que les psychanalystes ne peuvent plus éluder
par Philippe Pignarre
LE MONDE | 15.09.05 | 13h10 • Mis à jour le 15.09.05 | 13h10
Comment discuter de la psychanalyse ? La publication du Livre noir de la psychanalyse pourrait être l'occasion de confrontations intéressantes.
C'est le souhait de la plupart de ceux qui y ont participé ; lesquels, par ailleurs, ne sont pas tous des partisans frénétiques des thérapies comportementales.
Il y a urgence à sortir des débats très abstraits quant à savoir si la psychanalyse est ou non une science ; ou des autres débats, faussement concrets, qui croient résoudre le problème en préconisant des "essais cliniques contre placebo", dont on sait pourtant qu'il est très difficile de généraliser leur méthodologie en dehors de l'étude des médicaments classiques.
Peut-être, peut-on procéder d'une autre façon, et s'intéresser à la manière dont la psychanalyse réagit face à des épreuves contemporaines qui appartiennent à son champ de compétence.
Prenons la question de l'autisme. Il faut avoir rencontré les associations de parents d'enfants autistes pour se rendre compte de la souffrance que leur a infligée le canon psychanalytique, tel qu'il a été formulé en premier lieu par Bruno Bettelheim. L'idée de la responsabilité maternelle, des "mères froides", a eu un effet dévastateur.
Pire, de nombreux psychanalystes pensaient que ces enfants devaient être éloignés le plus possible de leurs parents, ajoutant de la souffrance à la souffrance.
On ne peut certainement pas se tirer de cette affaire en se contentant de dire qu'il faut "utiliser les deux méthodes" ou des choses de ce genre. Les psychanalystes ne sont-ils pas un peu légers dans leur bilan ?
Prenons l'homosexualité. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), mis au point, par consensus, par les psychiatres américains, ne date pas de 1980. En 1952, une première édition en a été réalisée, sous influence psychanalytique.
Mais, en 1980, les psychanalystes ont perdu le contrôle de l'American Psychiatric Association (APA) au profit d'un courant dit "athéorique" qui voulait abandonner la distinction psychoses/névroses.
Pourquoi ont-ils perdu cette bataille ? A cause de leur position, alors majoritaire, sur la question de l'homosexualité. Les psychanalystes de l'APA se sont battus comme des enragés pour que l'homosexualité continue d'être considérée comme un trouble mental qu'ils prétendaient, de surcroît, pouvoir guérir.
Les modernistes ont alors fait alliance avec les courants homosexuels militants et ont défait les psychanalystes. Certains d'entre eux ont d'ailleurs fait scission avec l'APA sur cette question. Rappelons que les congrès de l'APA ont été les premiers à être attaqués par les activistes gays.
Les psychiatres gays étaient, à l'époque, obligés de se regrouper dans une association clandestine. Il leur était impossible de se manifester publiquement face à des collègues psychanalystes qui les considéraient comme des malades à soigner. Le débat faisait rage pour savoir si on pouvait être homo et psy.
Là encore les psychanalystes de l'APA, dans leur grande majorité, étaient contre ! Quel bilan tire-t-on de cela ? Le poison ne continue-t-il pas à opérer sur des questions plus actuelles, comme le pacs ou le mariage gay ?
La toxicomanie a été une troisième épreuve. J'ai, au moment où le sida commençait ses ravages, participé à la création d'associations d'usagers de drogues non repentis, comme Limiter la casse. Nous préconisions, comme Act Up, de cesser de faire la guerre aux toxicos (sous prétexte de guerre aux drogues) et d'initier une politique de"réduction des risques" ; d'arrêter d'interdire la vente des seringues et de se fixer comme seul objectif l'abstinence ; enfin, de mettre des produits de substitution à la disposition des usagers.
A qui nous sommes-nous opposés cruellement ? Aux associations de thérapeutes spécialisés en toxicomanie, qui étaient sous le contrôle de psychanalystes. La bataille a été rude, violente même.
Certains utilisaient leurs entrées au ministère de la santé pour retarder la prise de mesures de sauvegarde, alors que le sida faisait des ravages. Des psychanalystes comme Charles Melman, qui nous a soutenus publiquement, ont été des exceptions. Aujourd'hui, tout le monde accepte la politique de réduction des risques. Mais quelle expérience en a-t-il été retiré ?
Pourquoi, chaque fois, l'affrontement avec la réalité des problèmes est-il venu du dehors de la psychanalyse et même contre elle ? Quel a été le coût du retard ?
Nous sommes aujourd'hui nombreux à penser qu'il s'agit là de "pages sombres" de l'histoire récente de la psychanalyse.
Si l'on admet qu'une théorie se juge aux risques qu'elle est capable de prendre, aux épreuves qu'elle peut franchir en renouvelant ses questionnements, on comprendra alors notre perplexité face aux prétentions de la psychanalyse.
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Philippe Pignarre est éditeur, contributeur au Livre noir de la psychanalyse.
Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-689329,0.html
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17 septembre 2005

L'homoparentalité racontée aux tout-petits
FAMILLE Un livre explique aux enfants de moins de trois ans qu'on peut vivre avec «deux mamans»
Delphine de Mallevoüe
[09 septembre 2005]
«Jean a deux mamans»... Si le titre de ce livre pour les enfants de moins de 3 ans a laissé Laurence interdite, au détour du rayon jeunesse, Camille, sa petite dernière de 5 ans, s'est ruée sur ce petit ouvrage, attirée par ses couleurs chatoyantes et son loup sur la couverture. L'homoparentalité expliquée aux tout-petits, ça n'a pas fait rire Laurence. Jeune femme active et mère d'une tribu de cinq enfants, elle a bien failli s'étouffer. Il faut dire que le livre ne se trouvait pas dans une librairie mais à la bibliothèque municipale de sa ville de province.
«Je me suis sentie piégée, raconte Laurence. OK en librairie ou bien dans le coin bibliothèque des ados, car, dans ces conditions, chacun a le choix. Mais là, quel choix ai-je ? Quand ma fille veut ce livre parce qu'elle adore les images et que je refuse, qu'est-ce que je lui réponds ?» Comme bien d'autres parents, Laurence «ne se voit pas» lire cette histoire en bordant ses enfants le soir. «Je ne me sens pas prête, dit-elle. Mais cet épisode m'a embarrassée. Après coup, je me suis interrogée : au fond, suis-je intolérante ?»
L'objet de ce malaise, tout récemment sorti dans la collection «Loulou & Cie» aux éditions L'Ecole des loisirs, fait en réalité partie d'une collection qui veut expliquer aux plus petits les différentes situations de famille de notre société moderne. Une société remodelée par le divorce, les familles recomposées, monoparentales ou encore le deuil, l'adoption, etc. D'où les autres titres de la collection : Lili vient d'un autre pays, Albert vit chez sa grand-mère, Camille a deux familles et autres Barnabé a été adopté. Avec Jean a deux mamans, l'homoparentalité est présentée comme un modèle familial parmi d'autres.
Inaugurant le lancement de toute la série, ce livre voulait aussi augurer «un nouveau ton», aux dires de la maison d'édition, qui innove en parlant de ces nouveaux schémas familiaux à des enfants aussi jeunes.
«C'est une collection qui parle avant tout d'amour, se défend l'auteur, Ophélie Texier. C'est une tentative de première explication aux tout-petits pour qu'ils puissent mieux comprendre les situations face auxquelles ils se retrouvent de plus en plus souvent.» Et de marquer la surprise : «Je ne vois pas ce qu'il y a de choquant ou de tabou ! Les enfants ne sont pas trop petits pour comprendre l'amour.»
La lecture des pages cartonnées peut laisser rêveur. «Mes deux mamans s'aiment comme un papa et une maman», peut-on lire. «C'est maman Jeanne qui m'a porté dans son ventre, pendant ce temps-là maman Marie faisait des travaux à la maison»...
S'il s'agit d'avancer en même temps que les transformations de la société, comme l'évoque Ophélie Texier, qui souligne que «le tabou du divorce a bien fini par tomber», dessinera-t-elle, à ce rythme, un prochain Xavier a deux papas qui l'ont adopté ? «Oui, oui, bien sûr !, affirme-t-elle, si mon éditeur est d'accord...»
Source : http://www.lefigaro.fr/france/20050909.FIG0018.html?075056
Jean a deux mamans
de Ophélie Texier
Éditeur : L'Ecole des Loisirs (12 novembre 2004)
Collection : Loulou & compagnie
Format : Cartonné - 20 pages
ISBN : 221107457X
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28 août 2005

Didier Godard.
JEAN-CLAUDE COUTAUSSE/RAPHO POUR "LE MONDE"
Didier Godard, des sodomites aux gays
L 'enseigne, au 37 de la rue César-Lavirotte, est un défi autant qu'un clin d'oeil. Alors que la petite ville bourguignonne d'Arnay-le-Duc mise sa notoriété sur les "arts de la table" - Herriot, en route pour son fief lyonnais, n'en manquait pas l'étape gastronomique -, Didier Godard célèbre "L'Art du livre". Mais sa boutique n'a rien d'une librairie ordinaire. Vouée au marché de l'occasion, elle propose certes un beau rayon consacré à la culture et aux traditions de la région auxquelles l'historien est très attaché, une sélection littéraire de choix aussi, mais c'est l'histoire, essais et biographies, qui domine sans conteste son fonds.
Plus singulier, on y trouve les livres dont il s'est servi pour esquisser la première synthèse en français sur l'histoire de l'homosexualité masculine en Occident. Ainsi des livres étrangers, importants ou sans équivalent pour le lecteur francophone, n'attendent plus que l'amateur soucieux de vérifier la leçon qu'en a tirée Godard pour composerune "histoire des sodomites" dont le quatrième et dernier volet, L'Amour philosophique, paraît aujourd'hui. Les quatre volumes comme son Dictionnaire des chefs d'Etat homosexuels ou bisexuels , qui élargit la perspective et accueille quelques figures féminines, sont du reste mis en valeur dès l'entrée.
Didier Godard affiche donc clairement la couleur. Militant de la cause homosexuelle, il a mûri son projet depuis plus de deux décennies, s'est attelé à sa réalisation voilà dix ans. Ce qui explique la publication soutenue de ce regard historique panoramique, en marge des institutions et des reconnaissances publiques.
Accueilli par un éditeur biterrois, H & O, spécialisé dans la culture et la littérature gay, il s'y sent à sa place, même si la visibilité de son travail en souffre sans doute.
Né en 1952 au sein d'une famille libérale "de gauche", athée de surcroît, ce qui limitait le poids des conventions morales, Didier Godard grandit particulièrement libre : son père, qui travaille pour la BNP, entraîne toute la fratrie - cinq enfants - de Madagascar en Inde ou en Colombie. Une formation singulièrement ouverte pour un petit Français de l'après-guerre, que le goût des études classiques achève de préserver d'un carcan judéo-chrétien encore prégnant.
Aussi récuse-t-il la vision d'une prise de conscience homosexuelle nécessairement traumatique à l'adolescence. La révélation bouleverse sa vie toutefois. "J'étais, malgré tout, programmé pour le conformisme, Sciences-Po, ENA... et j'aurais sans doute suivi cette voie si j'avais été hétérosexuel. C'est de l'homosexualité que je tiens ma conscience politique", commente Godard, évoquant le parcours similaire de Daniel Guérin, issu de la grande bourgeoisie, qui remit en cause l'idéologie de son milieu pour se convertir au socialisme dans les années 1920, lorsqu'il découvrit dans les bras de jeunes prolétaires parisiens son homosexualité (Autobiographie de jeunesse, 1972).
Aussi décide-t-il, venu à Paris pour préparer une licence de droit, de s'engager clairement, révolté par la condition faite aux homos dans la France pompidolienne. Arcadie ne lui convient pas, pas plus que le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) dont la phraséologie lui est étrangère. Il s'en tient à l'action directe au sein d'un groupuscule, le Groupe de libération homosexuelle (GLH), dont l'activisme (distribution de tracts, édition d'un bulletin, défilé du 1er mai, intervention-coup d'éclat lors de la commémoration de la déportation) lui semble aujourd'hui bien modeste, au vu du chemin parcouru depuis 1981, l'arrivée de la gauche au pouvoir et la brusque affirmation médiatique de la cause gay.
Mais son véritable engagement, c'est par l'écriture qu'il le signe. Passionné d'histoire depuis l'enfance, il cherche la généalogie de son goût sans rien découvrir d'autre que des caricatures (de Henri III et ses mignon à Monsieur, frère de Louis XIV) et des sentences moralisatrices dont l'homophobie résiste d'autant mieux qu'elle ne s'affiche qu'avec parcimonie, le sujet étant plus souvent éludé que stigmatisé.
Lui sait que ce que d'aucuns taisent comme une perversion mérite de devenir un sujet d'histoire.
Comme Philippe Ariès, devenu un "historien du dimanche" faute d'avoir accédé, via l'agrégation, à la voie royale de la reconnaissance universitaire, Godard a donc mené seul le chantier, terrassements et fondations, pour que naisse cet objet d'histoire qui semble effrayer encore. Un paradoxe vingt ans après la somme, dirigée par Duby et Ariès justement, sur l'Histoire de la vie privée (Seuil, 1985-87) et à l'heure de l'affirmation d'une histoire culturelle aux contours généreusement souples.
Mais il n'est que de lire le long développement sur "l'affaire Henri III" dans L'Autre Faust pour comprendre le malaise qui semble saisir nombre d'historiens lorsqu'ils doivent intégrer la préférence sexuelle du monarque dans leur approche biographique. "Plus le héros est positif, plus il suscite la sympathie ou l'admiration de ses biographes, et plus il leur est difficile d'admettre qu'il ait pu ne pas être exclusivement hétérosexuel. L'homophobie se traduit ici par une résistance psychologique à simplement envisager l'hypothèse homosexuelle." On imagine l'embarras devant la figure si chevaleresque de Richard Cœur de Lion, la difficulté à diminuer la stature de Frédéric II de Hohenstaufen, de Soliman le Magnifique, de Frédéric II de Prusse ou de Gustave III de Suède, modèles de despotes éclairés... Au mieux peut-on concéder l'engagement d'esthète d'un Rodolphe II ou d'un Louis II de Bavière, d'autant plus admissible si le souverain, peu doué pour les arcanes politiques, finit mal...
Godard travaille donc à établir une autre histoire. Isolé, même si les Anglo-Saxons, qui ont élu le "genre" comme un angle de recherche, ont su le repérer - il signe quelques-unes des rares entrées étrangères à la culture anglo-saxonne du Who's Who Gay & Lesbian History, dirigé par deux Australiens, Robert Aldrich et Garry Wotherspoon (2 vol., 2001). S'il reconnaît le formidable apport de John Boswell (1), dont il pointe cependant le partisan souci de disculper le christianisme primitif de la responsabilité d'une répression encore sensible, Godard pense seul un sujet dont il a déjà arrêté clairement la chronologie : le temps des sodomites, clos avec la Révolution française, celui des homosexuels, quand le discours médical pose l'exclusion scientifique de "déviants" qui, en retour, s'imaginent un destin propre, celui enfin des gays, ouvert il y a un demi-siècle, dont l'historien doit sans cesse veiller à empêcher la recomposition abusive de la généalogie. Ce qui le conduit à réévaluer certaines des options initiales de Michel Foucault - ainsi sa disqualification d'une "morale chrétienne de la sexualité", que Godard défend - que le philosophe a du reste parfois lui-même égarées en chemin entre le premier tome de son Histoire de la sexualité et les deux suivants.
A suivre les jalons précis d'une histoire des sodomites, où c'est le comportement qui est en cause, amendable donc, susceptible d'indifférence aussi, même si la règle théorique, arrêtée par l'Eglise, ne prévoit pas ces accommodements dont les exemples, venus d'en haut, limitent la répression, le lecteur mesure mieux la rupture du XVIIIe siècle. Le regard change alors, et celui qui néglige la pénétration vaginale, promesse de fécondité et gage d'orthodoxie, devient un pédéraste, puis cet homosexuel défini par la simple attirance de quelqu'un de son sexe, disposition stable et exclusive désormais. Il s'agit dès lors d'être homosexuel et non plus d'avoir des pratiques sodomites.
Mais ce tournant brouille une leçon politique majeure en masquant la récurrente similitude du traitement des réprouvés. Ainsi la sorcière répond-elle, versant féminin, au sodomite dans sa perturbation des pouvoirs de l'Eglise et de l'Etat, tandis que s'observe cycliquement jusqu'au XVIIIe siècle le parallèle entre les violences des pouvoirs en place faites aux mécréants, aux juifs et aux sodomites, dont les souverains tentés par ceux de leur sexe assurent seuls la trêve fragile et peu repérée jusqu'ici par les histoires officielles.
On comprend que le travail de Godard puisse déranger ; on admettrait mal qu'il soit ignoré.
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(1) Christianisme, tolérance sociale et homosexualité (Gallimard, 1985) et Les Unions de même sexe (Fayard, 1996)
Philippe-Jean Catinchi
Une Histoire des sodomites
I. Deux hommes sur un cheval. L'homosexualité masculine au Moyen Age (2003).
II. L'Autre Faust. L'homosexualité masculine pendant la Renaissance (2001).
III. Le Goût de Monsieur. L'homosexualité masculine au XVIIe siècle (2002).
IV. L'Amour philosophique. L'homosexualité masculine au siècle des Lumières (256 p., 21 €, en librairie le 2 septembre).
Tous chez H & O (65 bis, rue Victor-Hugo, 34500 Béziers).
Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3260,36-682671@51-627812,0.html
07 août 2005

Libera me
de Karin Kallmaker, Nina Yakushova (Traduction)
Langue : Français Éditeur : KTM éditions (15 novembre 2003)
Format : Broché - 200 pages
ISBN : 2913066151
Chroniques et points de vue :
Présentation de l'éditeur :
A 34 ans, Eaith songe enfin à quitter le nid familial, mais ses parents, fervents catholiques, ne voient pas cela d'un très bon œil. Même avec un emploi honorable, professeur d'histoire à l'université de Chicago, on ne quitte le toit paternel que pour se marier. De son côté, Sydney s'apprête à se présenter aux élections sénatoriales d'Illinois et fait de son mieux pour avoir une conduite irréprochable. La rencontre de ces deux femmes va mettre à mal leur tentative de respectabilité, telle qu'on la leur impose. Mais comme toujours, l'amour finira par triompher.
Commentaires :
"Un agréable moment d'évasion. Un livre comme on les aime..., Et comme on souhaiterait en lire plus souvent. L'auteur pose les vraies questions, abordent des sujets difficiles mais essentiels : l'approche de l'homosexualité par la religion catholique, les difficultés de faire des choix, la peur d'être jugé, la pression sociale (et surtout familiale) et le bonheur enfin d'assumer ses choix.
On nous enseigne parfois que les Etats-unis représentent LE pays de la tolérance. Preuve est faite, s'il l'était encore nécessaire, que ce n'est pas toujours le cas. (Même si, de façon générale, la morale est sauve). On ne peut que regretter que l'auteur, qui compte une vingtaine d'ouvrages à son actif, n'ait que ce seul roman traduit en français. A quand les 19 autres traductions ? (Petit message aux éditions KTM) "
"A lire ! Aucun doute là dessus. Un roman dans la lignée des "Antipodes" et "Retour de flammes"... se lit d'une traite. A noter le contexte intéressant : l'une des héroines evolue dans un milieu catholique et doit apprendre à composer avec. Les assertions sur Alienor d'Aquitaine sont aussi très plaisantes. Vite, Vite KTM, traduisez-nous les autres romans de K.Kallmaker !"
"Enfin un roman lesbien intelligent, drôle, sur fond de politique, de religion, mais c'est si agréablement écrit, avec des notes subtiles, des accents cyniques et un déterminisme des héroines incroyable... à quand le prochain roman de Karin Kallmaker traduit ??? "
"A lire absolument !! Se lit en quelques heures, que dis-je, se dévore ... Histoire de femmes qui doutent et qui se heurtent à la fois à la religion, à la politique et à l'histoire. Mais c'était sans compter sur l'Amour, le vrai, le seul ... On pleure, on rit, c'est la vie et ça fait du bien !!"
Sources : http://www.adventice.com/store/detail/10376/libera_me.html
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2913066151/qid=1122534930/sr=8-9/ref=sr_8_xs_ap_i9_xgl15/402-9140686-2152951
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05 août 2005

Et la revoir...
Lyn Denison
Editeur : Dans l'engrenage
Langue : Français
192 pages
Chroniques et pointes de vue :
Adventice :
Kate Ballantyne mène une existence paisible dans la petite ville australienne qui l'a vue grandir. Elle travaille à la bibliothèque municipale en s'appliquant à vivre une vie organisée et sans heurts. Jusqu'au jour où l'on annonce le retour de celle qui fut l'amie inséparable de son enfance, avant de devenir le premier amour dévastateur qui l'a trahie et blessée : lorsque reparaît Ashley, le monde protecteur que Kate s'était patiemment bâti vole en éclats.
L'auteur :
Lyn Denison
Née à Brisbane, en Australie, où elle vit aujourd'hui, Lyn Denison a passé une partie de son enfance dans la ville de Charters Towers (Queensland), où se déroule l'intrigue de Et la revoir Après avoir été bibliothécaire, le succès de ses livres l'a menée à se consacrer depuis plusieurs années exclusivement à l'écriture.
Source : http://www.adventice.com/store/detail/17968/et_la_revoir.html
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03 août 2005

Bienvenue dans un monde gay !
Edmund White La Tendresse sur la peau
10/18 - Domaine étranger 2005 / 7 € - 45.85 ffr. / 305 pages
ISBN : 2-264-04197-8
La citation est d’Anatole France (Le Lys rouge), qui donne son titre au second recueil des souvenirs d’Edmund White : «La pitié est dans les entrailles, comme la tendresse est sur la peau.» Nous suivons le narrateur à la fin de son adolescence, puis jeune adulte.
Si le premier tome était celui de la découverte horrifiée de son homosexualité, le second est le récit de sa réconciliation avec une sexualité vécue d’abord comme un péché et une maladie. Idée initiale à surmonter : «Mais j’avais une autre raison pour écrire : le rachat du péché de ma vie que je voulais transformer en la vertu de l’art.» Pour autant, le chemin ne sera pas aisé : «je cuisais dans le jus de ma souffrance». Le narrateur nous invite à le suivre sans épargner les scènes de sexe dans un récit dont la crudité sans complaisance a aussi valeur d’exorcisme.
Le héros découvre dans les campus des années 60 l’homosexualité honteuse, les rencontres furtives dans les toilettes masculines, la peur de la répression. Les parents sont plus absents encore que dans son enfance, et mettent toute leur volonté à refuser ses choix. Dans un premier temps, la quête éperdue de normalité se poursuit, assurée par le personnage du psychiatre, déjà présent dans le tome précédent et plus fou encore. Quête inévitablement vouée à l’échec.
Mais désormais des amitiés se nouent : fragile, celle d’Anna la boulimique ; forte, celle de Maria la femme sculpteur, lesbienne qui vit un parcours parallèle à celui du narrateur. Maria, l’amie fidèle, sans cesse perdue, toujours retrouvée ; les rêves ténus et illusoires de mariage, d’ancrage familial…
Les amitiés masculines aussi, celle de Lou surtout qui préfigure dans la provocation et le chaos, l’acceptation d’un ordre autre que celui du puritanisme ambiant. Amérique des années 60 lue comme une marmite proche de l’explosion. C’est New York, la grand ville, qui va être le lieu de toutes les révélations : Greenwich Village accueillant, la drague le long de l’Hudson, un premier amour déçu, la joie des fêtes débridées, amours et amitiés masculines qui s’entremêlent de façon inextricable, une culture qui s’invente, la culture gay new-yorkaise. Culture fermée sur elle même, indifférente au reste du monde, assoiffée de plaisirs immédiats ; Edmund White décrit cette frénésie à la fois comme une libération nécessaire, une expiation aussi d’une certaine façon.
Ce second volume est l’histoire de conquêtes successives : conquête de la ville, ré-appropriation d’un corps retrouvé entre régime et gymnase, apprentissage de la liberté, découverte de l’estime que lui porte sa sœur. Conquêtes inscrites dans une histoire collective : celle de la société américaine des années 60, qui étouffe dans le corset rigide du puritanisme ambiant et est prête à toutes les révolutions. Mais de celles-ci, le lecteur ne saura rien, sauf la découverte par le narrateur et ses amis que l’homosexualité n’est ni un péché ni une tare, mais un choix possible : exit la condamnation de Sodome, un univers gay s’ouvre… On le découvrira dans le livre suivant, La Symphonie des adieux.
Marie-Paule Caire
Source : http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=1&srid=301&ida=6153
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02 août 2005

Hubert Lisandre
Parole d’homme
« Comment devient-on homosexuel ? » Cette question, posée par un journaliste à un psychanalyste, est le point de départ d’un dialogue vif et surprenant, au fil duquel on revisitera, en compagnie des deux personnages, la théorie freudienne sur l’homosexualité.
L’auteur rappelle que cette forme de libido n’est pas seulement le fait de ceux que l’on désigne comme « les homosexuels » : elle est au contraire présente en chacun de nous, quelles que soient nos pratiques. À contre-courant de nombreux psychanalystes, Hubert Lisandre affirme, avec Freud, que l’homosexualité n’est pas une sexualité perverse. Il remet en cause l’idée d’une « identité sexuelle" qui résulterait d’un œdipe « réussi » ou « raté » : l’homosexualité apparaît à l’aube de la vie psychique et côtoie, au cours de La vie adulte, la sexualité de tous, s’exprimant sur des modes très divers.
À l’heure où le mariage homosexuel et l’homoparentalité suscitent de vifs débats, ce livre renouvelle l’approche de la question de l’homosexualité et de la place de l’homosexuel dans la société. Ce dialogue, où se croisent réflexion et vécu des deux personnages, invite le lecteur à interroger sa propre sexualité et, progressivement, à se découvrir lui-même.
Hubert Lisandre est psychanalyste, maître de conférences en psychopathologie à l’université de Paris X-Nanterre. Il a conduit plusieurs recherches sur les aspects psychiques de la prévention du sida, notamment auprès des homosexuels masculins.
Hubert Lisandre (mai 2005)
Hubert Lisandre, Parole d’homme. Éditions Hachette Littératures. ISBN 2015615X.
Source : http://www.carnetpsy.com/Parutions/fiche.asp?lId=44&rId=10&archives=false
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01 août 2005

Sous la direction de Martine Gross
Homoparentalité, états des lieux
« Bourdieu avait déjà considéré que la famille, loin d’être une « donnée immédiate de la réalité sociale » était en fait « un instrument de construction de cette réalité ». Quelle signification donner alors au présent ouvrage consacré aux familles homoparentales ? Il y a dans cet intitulé l’expression d’une revendication qui a pris toute sa force au cours des dernières décennies : celle de pouvoir être parent et homosexuel, cette revendication étant indissociable de [‘aspiration à constituer une famille comme les autres. C’est bien dans ce mouvement que s’inscrit cet ouvrage, militant au meilleur sens du terme. L’objectif est en effet l’existence dans l’espace public d’un fait social dans toute sa complexité, c’est-à-dire avec la volonté d’un traitement raisonnable (au sens de faire appel à la raison) fondé sur un recours intensif aux sciences de l’homme.
Distinguer la procréation de la sexualité et considérer que le couple conjugal et parental peut ne pas être fondé sur la différence des sexes, ceci tout en revendiquant le droit au label « famille », c’est consacrer le fait que la famille ne s’impose plus aux individus comme une institution immuable à laquelle il n’ont comme choix que celui de s’ajuster; ils se donnent désormais le droit de concevoir l’organisation de leur univers privé en fonction de leurs propres aspirations et en référence à des valeurs qui prétendent relever tout autant de l’intérêt général que de celui des enfants éventuellement concernés. » Jacques Commaille.
Rendant compte des études théoriques sur la parenté et des recherches sociologiques, ethnologiques, anthropologiques, juridiques et cliniques sur les familles homoparentales et leurs enfants, cette nouvelle édition, revue, mise à jour et augmentée, constitue une référence incontournable pour aborder les interrogations suscitées aujourd’hui par la très controversée question de l’homoparentalité.
Martine Gross est ingénieure de recherche en sciences sociales, CNRS,présidente d’honneur l’APGL (Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens).
Avec la participation de: Mathieu André-Simonet, Pierrette Aufière, Annie Babu, Gérard Bach-Ignasse, Patricia Baetens, Francis Bailleau, Anne Brewaeys, Anne Cadoret, Michel Chauviere, Jacques Commaille, François De Singly, Geneviève Delaisi de Parceval, Virginie Descoutures, Eric Dubreuil, Gillian A. Dunne, Agnès Fine, Eric Garnier, Susan M. Golombok, Emmanuel Grotton, Suzanne Johnson, Danielle Julien, Marie-Christine Le Boursicot, Didier Le Gall, Tom Lenie, Flora Leroy-Forgeot, Nicole-Claude Mathieu, Caroline Mécary, Stéphane Nadaud, Robert Neuburger, Marie-France Nicolas-Maguin, Elisabeth O’Connor, Ingrid Ponjaert-Kristoffersen, Wilfried Rault, Ann Robinson, Irène Théry, Katrien Vanfraussen, Pierre Verdier, Johanna D. Vyncke.
Sous la direction de Martine Gross (janvier 2005)
Sous la direction de Martine Gross, Homoparentalité, états des lieux. Éditions Érès - Collection « La vie de l’enfant ».. ISBN 2749203880.
Source : http://www.carnetpsy.com/Parutions/fiche.asp?lId=45&rId=10&archives=false
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28 juillet 2005

Mille et une pages
Transats de Paris Plage, grandes cités surchauffées, séjours à l’étranger et gentils week-ends familiaux, les occasions de s’évader ne manqueront pas cette année. Pourtant, par votre plus grand plaisir et pour vous inciter à achever votre plan d’épargne déjà sérieusement entamé par les soldes, "Illico" a dressé pour vous la liste de ce qu’il faut lire, écouter et voir en DVD cet été.
Côté lecture, ce sont les libraires homos et lesbiennes de la capitale (Violette & Co, Blue Book Paris, Les Mots à la Bouche) qui ont sélectionné le meilleur (des essais aux romans, des BD aux témoignages) de la saison. Ce sont aussi des pros, les Dj Wild, Mandel Turner, Nick V et Nicolas Nucci, qui proposent leurs playlists — habituellement jalousement conservées — des morceaux à écouter et, si possible, à se procurer pour épater vos potes clubbers. Enfin, dans les temps de disette cinématographique estivale, vous trouverez les innombrables sorties DVD de films gay ou lesbiens de ces derniers mois.
Violette & Co, Blue Book, Les Mots à la Bouche, les trois principales librairies gay et lesbiennes de Paris proposent leurs sélections.
L'été, c'est aussi l'occasion de rattraper les lectures accumulées pendant l'année. Nous avons demandé à nos libraires préférés de nous livrer leurs sélections des ouvrages qu'ils ont particulièrement appréciés cette saison. Un curieux mélange de romans et d'essais, pour un panorama de ce qui s'écrit sur, par et pour les gays, les lesbiennes et les transgenres. Peu de doublons, d'un libraire à l'autre, ce qui tend à montrer que chacun a su trouver son créneau. Bonne surprise aussi, les sélections font toutes une part belle aux petites maisons d'éditions indépendantes. Faites votre choix… 
Blue Book : la sélection de Mehdi et Emmanuel
Mehdi et Emmanuel tiennent la librairie Blue Book (61, rue Quincampoix, 75004, Paris. Tél. : 01 48 87 03 04) où l'on peut flâner entre les lignes, et boire un petit café dans le coin salon. So parisien…
- Ça vaut la peine d'en rire… (2)
Comment passer à côté du dernier ouvrage de Ralf König ? Une fois de plus, notre Allemand préféré nous fait rire et réfléchir. Paul et Conrad s'apprêtent à se marier «pour économiser du fric et emmerder les cathos», mais tout va-t-il se passer comme le voudraient nos tourtereaux ? Parfait !
"Et maintenant, embrassez vous !", Ralk König, Glénat 9,99 euros.
- Bearable life
Après "Ogre" et "Mon Amours", Polver nous revient plus en forme que jamais. Les amateurs de gros nounours vont être comblés. Quant aux autres, ils passeront un très bon moment en compagnie de nos héros…
"Les liens sacrés", Pier-Angelo Polver, Cylibris, 17euros.
- Lettres ouvertes
Une très belle surprise que ce premier livre signé de Benoît Charuau qui relate, à travers un échange de lettres, la relation amicale (voire plus ?) entre Cédric, incarcéré à Fleury-Mérogis pour trafic de drogue, et Lucas, son ancien prof de philo... Un des bouquins de cet été !
"Ton aile", Benoît Charuau, Biliki, 13 euros.
- Les méchantes (2)
Voilà LE livre à dévorer allongé sur votre serviette ! C'est l'histoire de Gabriel et Edwina. Lui est un jeune pédé, héritier fortuné qui passe son temps dans les bras de gigolos. Elle, a la cinquantaine bien entamée, et est richissime également. A Cannes, ils vont faire la connaissance de Serge et Christine. Serge leur fait tourner la tête, et voilà que Gabriel et Edwina vont faire un pari : le premier qui couche avec Serge aura gagné. C'est drôle, on ne s'ennuie pas une minute.
"Des relations de plages", Jean-Pierre Ferrière, H&O, 21 euros.
- Une enfance drôlement douloureuse (1)
"A la fois hilarant et terrifiant… la réalité dépasse la fiction" écrivait le "Los Angeles Times" à propos du premier livre de Augusten Burroughs, un récit autobiographique ! On suit Augusten, un ado gay hors normes dans l'Amérique déjantée des années 70. Ce livre a été un best-seller aux Etats-Unis. A découvrir…
"Courir avec des ciseaux", Augusten Burroughs, Passage du Marais, 21 euros.
- Enfant soleil
Un véritable coup de cœur pour ce livre coup de poing. L'histoire d'un jeune ado, tiraillé entre sa mère et un père qu'il n'a jamais connu et qui réapparaît d'un coup. Ce gamin fait tourner toutes les têtes, notamment celles des hommes. La scène avec son prof de judo est époustouflante !
"Un garçon naturel", Patrice Salsa, éditions du Rouergue, 8 euros.
- Guerre et mer (2)
Alors que la Grande Guerre fait rage sur le continent, et que les Irlandais sont sur le point de s'insurger contre les Britanniques, Jim et Doyler, deux jeunes garçons, vont se découvrir et s'aimer… Jamie O'Neill signe un véritable chef d'œuvre. Ne passez pas à côté !
"Deux garçons, la mer", Jamie O'Neill, Passage du Marais 24 euros.
- Héritage maudit !
Après "Retour à Calella", voici le nouvel ouvrage signé Lionel Duroi. L'écrivain, confirme tout le bien qu'on pensait de lui. Nous suivons Yann qui va hériter de son vrai père une vaste propriété qui renferme bien des énigmes.
"Le Kotoba", Lionel Duroi, Bonobo, 18 euros.
- Errements quotidiens
Un très beau livre, très tendre, qui nous vient du Québec. Guy Verville a été salué par la critique, là-bas. Et c'est vrai que cette histoire, celle de Rémi, qui vit mollement dans une relation ordinaire, et qui va errer dans les saunas et sur le net pour pimenter son quotidien, vous touche. C'est un peu doux-amer, mais après tout, la vie est comme ça. Non ?
"Les années-rebours", Guy Verville, éditions Varia, 24,50 euros. 
Les Mots à la Bouche : la sélection de Walter
Walter est l'âme des Mots à la bouche (Les Mots à la Bouche, 6, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, 75004 Paris. Tél. : 01 42 78 88 30), la plus ancienne des librairies gay parisienne.
- Guerre et mer (1)
A Dublin, en 1915, une histoire d'amour tendre et tragique entre deux jeunes garçons a priori très différents dont l'un est destiné à la prêtrise et l'autre est un rebelle des bas quartiers.
"Deux garçons, la mer", Jamie O'Neill, Passage du Marais, 24 euros.
- Ça vaut vraiment la peine d'en rire (1)
Pas besoin de présenter le plus grand dessinateur de BD gay qu'est Ralf König. Dans son dernier album, il se penche sur le mariage gay. Peut-être l'un des meilleurs tomes de la série de "Conrad et Paul".
"Et maintenant embrassez-vous", Ralf König, Glénat, 9,99 euros.
- Docul-roman
Raconté par son "ami de longue date", la vie de John Edgar Hoover, pendant près d'un demi siècle chef du FBI, qui a imposé sa loi à tous les dirigeants américains de son époque et … qui s'encanaillait dans des bars gay. Un roman très bien documenté.
"La Malédiction d'Edgar", Marc Dugain, Gallimard, 19,90 euros.
- Le rosse et le noir
Avec cette cinquième enquête de l'avocat gay Henry Rios, Nava s'attaque une fois de plus à l'injustice et à toutes les formes de racisme. Plus qu'un polar gay à l'intrigue prenante, c'est un vrai roman bien écrit.
"Adieu aux amis chers", Michael Nava, éditions du Masque, 16 euros.
- Les méchantes (1)
Deux richissimes héritiers sur le retour se lancent le défi de séduire leur jeune voisin de plage. La règle est simple : tous les coups sont permis.
"Des relations de plage", Jean-Pierre Ferrière, H&O, 21 euros.
- L'enfer du paradis
Haïti, début des années 80. Pendant ses vacances, le narrateur de ce roman (Prix du Roman Gay 2004) se laisse mener par ses amants hors des sentiers battus et découvre l'envers du décor paradisiaque.
"Bleu Caraïbes", Nicolas Henri, Cylibris, 17 euros.
- Comment le dire à deux
Ce texte sensible nous rappelle qu'il y a toujours des jeunes gays qui ne savent pas comment dire à leur meilleur copain qu'ils l'aiment.
"Comment te le dire ?" Mikko Ranskalaïnen Textes Gais, 10 euros.
- Marcela à la barre !
Un essai qui dénonce la répression de plus en plus dure de notre société en matière sexuelle et ébauche la société idéale : Postsexopolis. Pour ne pas bronzer idiot et éviter de tomber dans les pièges tendus dans certaines dunes…
"Antimanuel d'éducation sexuelle", Marcela Iacub et Patrice Maniglier, éditions Bréal, 19 euros.
- Un cigare ?
"Comment devient-on homosexuel ?" Cette question, posée par un journaliste à un psychanalyste, est le point de départ d'un dialogue vif et surprenant, au fil duquel on retourne aux sources de la théorie freudienne sur l'homosexualité.
"Parole d'homme - Les gays sous le regard de Freud", Hubert Lisandre, Hachette, 20 euros.
- La tentation du père
Un Américain gay de 34 ans décide de tout tenter pour concevoir un enfant. Écarté par les banques de sperme, il ne désespère pas et expérimente toutes les possibilités imaginables . L'homoparentalité traitée avecd'humour.
"Espèces en danger", Louis Bayard, 10/18, 10 euros. 
Violette & Co : la sélection de Catherine et Christine
Catherine et Christine ont réussi le coup de force d'ouvrir une librairie féministe et LGBT à Paris : Violette & Co (102 rue de Charonne, 75011 Paris.Tél. : 01 43 72 16 07)… et c'est un succès.
- Découverte
Mireille Havet (1898-1932), poétesse, écrivaine prodige a écrit un journal découvert depuis peu qui est tout à la fois un chef d'œuvre de la littérature autobiographique par son style, sa liberté de ton, sa lucidité sans concession et un document exceptionnel sur la vie lesbienne juste après la première guerre mondiale.
"Journal 1919-1924", Mireille Havet, éditions Claire Paulhan, 35 euros.
- Enfance douloureusement drôle (2)
Il s'agit d'un récit autobiographique qui se déroule aux Etats-Unis dans les années 1970. Augusten a 12 ans, ses parents se séparent et il est confié au psy de sa mère. Il découvre une famille déjantée, se lie d'amitié avec l'une des filles et entreprend une relation érotique avec le fils adoptif qui a 20 ans de plus que lui. Hilarant, un ton grinçant, jubilatoire.
"Courir avec des ciseaux", Augusten Burroughs, Passage du Marais, 21 euros.
- Les mystères de la vieille dame
Sur l'île de Paradise, Tyler, jeune infirmier qu'on découvrira homo, se lie d'amitié avec une vieille femme. Petit à petit, on découvre l'histoire de cette femme, accusée de meurtre mais acquittée faute de cadavre, dont la mère est partie vivre avec une femme. Un roman à la fois tendre et cruel qui nous entraîne avec talent dans un univers magique.
"Fleur de nuit", Shani Mootoo, 10/18, 7,80 euros.
- La bible Queer
Ce grand classique des études sur le genre, au fondement de la théorie queer, est enfin traduit en français. Non seulement le genre est construit, ce que les féministes avaient affirmé, mais pour Butler, le sexe l'est également. Ceux et celles qui sont aux marges (les trans, les drag queens…) en introduisant du jeu performatif, déplacent les limites et jettent du trouble dans le genre.
"Trouble dans le genre - Pour un féminisme de la subversion", Judith Butler, La Découverte, 23 euros.
- Mangaga
Après "Love my life", "Sweet lovin' baby" et "Indigo blue", l'auteure de "Yuri" nous régale avec cette histoire Les bienne balançant entre fantasme et réalité. Avec toujours le même style tout en nuances et en douceur.
"Free soul", Ebine Yamaji, éditions Asuka, 9 euros.
- La référence
La référence sur le sujet actuellement avec des contributions variées ; une première partie théorique et politique puis une deuxième rend compte d'études de terrain. L'homoparentalité étant à l'ordre du jour, autant bien se documenter.
"Homoparentalités, état des lieux", dir. Martine Gross, éditions Erès, 28 euros.
- Quand les anges changent de sexe…
Un roman pour adolescents mais qui peut être lu par des adultes et qui traite brillamment de transsexualité sous un angle original. L'histoire d'un garçon qui devient fille racontée par sa sœur. Exceptionnel.
"La face cachée de Luna", Julie Anne Peters, Milan, 9,50 euros.
- Qui sont ces fleurs ?
Contrairement à la théorie communément avancée qui veut voir dans l'Albertine de Proust un Albert transposé en femme, Elisabeth Ladenson montre que l'auteur de "La Recherche" s'intéresse expressément aux lesbiennes et au mystère qu'elles représentent pour lui, tout homosexuel qu'il est. Cette énigme serait même le moteur de la création. Subtil et passionnant.
"Proust lesbien", Elisabeth Ladenson, éditions EPEL, 21 euros.
- Un policier réalité
Depuis treize ans, des centaines de femmes sont enlevées, violées, torturées, assassinées à Ciudad Juarez, ville mexicaine située à la frontière avec les Etats-Unis, en toute impunité. Maud Tabachnik est partie de cet enfer réel pour y jeter son héroïne Sandra Khan. A la fois un policier et un document. Captivant.
"J'ai regardé le diable en face", Maud Tabachnik, Albin Michel, 19,80 euros.
Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=dossiers&articleID=10987
23 juillet 2005

Deux visions de l'Inde
Descendre le Gange en bateau, de Gaumukh, à sa source, jusqu'à Gangasagara, sur son delta ; passer du parc Montsouris, à Paris, plongé dans la nuit noire, aux Ghats de Bénarès où l'on brûle les morts ; c'est le voyage, à proprement parler hallucinant, que propose le romancier et cinéaste Vijay Singh. Son personnage, un romancier indien, Nishant, part à la recherche d'une femme mystérieuse et belle, Jaya, qu'il entrevit et aima dans un Paris nocturne, encore poétisé par le souvenir des surréalistes.
L'itinéraire, intérieur aussi bien que géographique, de Nishant débute sous le signe explicite du "hasard objectif", notion chère à André Breton, dont le souvenir plane sur ces pages qui font la part belle au merveilleux (son épitaphe gravée en noir sur sa tombe : "Je cherche l'or du temps.") Au reste, Jaya, qui chercha cet or-là, ne serait-elle pas une réincarnation de Nadja, morte non dans un asile parisien mais à Shanghaï ? Les fantasmes du romancier se déploient. Les femmes qui hantent le livre (Jaya, Zehra, Shabnam, Ganga, elle-même, la déesse fleuve), prostituées de haut vol ou déesses de l'amour, partagent la même identité et se fondent l'une en l'autre telles des apparitions, séductrices éphémères, toujours déjà perdues. Et le Gange lui-même, qui charrie les cadavres et, selon un homme simple, conduit l'âme au ciel, n'est-il pas comme une suprême incarnation de la femme, "pure comme le lait, bonne comme le beurre" ? Et qu'importe si des chiens errants dévorent le corps abandonné des pauvres, puisque leur âme les a quittés et que les eaux sacrées les purifient de leurs péchés ?
La quête de Nishant le mène d'une vision flamboyante à la suivante ; le lyrisme laisse à l'occasion place au poème, au dessin, au graffiti, comme dans la section "Coucher de soleil". L'évocation des mythes permet tous les excès, toutes les libertés : ici, ni le rationnel ni la sobriété ne sont de mise.
Un petit opuscule sur le Gange distribué par un "agent des bas-fonds religieux" est là pour le rappeler : la déesse transformée par les studios de Bollywood est aujourd'hui à demi nue et, si elle descend des cieux, c'est "un vanity-case à la main ou le dernier numéro de Vogue sous le bras". D'autres images, d'autres styles s'ajustent à l'Inde moderne, bribes de dialogue, satire et parodie pour décrire les pesanteurs du système administratif, la condition de la femme, la pauvreté indigne, le fanatisme religieux et l'exploitation. Chaque fois, cette conclusion pleine de vitalité : "Souffrance, colère, violence, la vie doit continuer."
Au plus loin des mythes anciens, de tout lyrisme et sentimentalité, le premier roman de Raj Rao, Boyfriend, plonge dans les bas-fonds de Bombay. Il conte les amours tragi-comiques d'un couple d'homosexuels. Castes, classes, religion, culture gay, sexe et misère, maladie, préjugés, tout est dit avec une franchise - voire une crudité - qui fait de ce roman un document détonnant : il stupéfia l'Inde lors de sa parution, en fanfare, en 2003. Poète et professeur de littérature, Raj Rao milite activement en faveur de l'homosexualité dans un pays où elle constitue encore un délit.
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JAYA GANGA. LE GANGE ET SON DOUBLE (Jaya Ganga) de Vijay Singh. Traduit de l'anglais (Inde) par Alain Porte, Ginkgo éd. (14, rue Kléber, bât. A, 93100 Montreuil), 250 p., 15 €.
BOYFRIEND de Raj Rao. Traduit de l'anglais (Inde) par Gilles Morris-Dumoulin, Le Cherche Midi, 242 p., 17 €.
Christine Jordis
Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3260,36-674190@51-670682,0.html
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