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14 février 2005



Retour de flamme
de Axelle Mallet

Langue : Français Éditeur : KTM Editions (15 février 2003)
Format : Broché - 216 pages
ASIN : 2913066135

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Chroniques et points de vue

Présentation de l'éditeur


Pour Tina, tout était bien programmé : d'abord une situation professionnelle, et accessoirement, une vie sentimentale. Ce qui n'était pas prévu c'est sa rencontre avec Alexandra et leur immédiate attirance. Devant l'inattendu de ses sentiments Tina ne sait comment réagir. Entre le besoin d'afficher son bonheur naissant et celui de ne pas décevoir son entourage, elle est partagée. Aura-t-elle le courage d'affronter le regard des autres ? Vient alors l'heure de la remise en question.

Biographie de l'auteur

Chansons, photos, courts-métrages, Axelle Mallet a déjà exploré de nombreux modes d'expression. Avec ce premier roman, elle poursuit sa découverte en se jouant des images et des mots.

Commentaires amazon.fr :

"Que du bonheur... Que dire de plus ? C'est un livre qui se dévore en quelques heures. Le style est très agréable à lire. Ne manque pas d'humour et surtout de profondeur, de justesse et tout ce qu'il faut pour nous évader quelques heures.
C'est un livre touchant, très juste, et qui nous confronte à certaines réalités contemporaines qui ne devraient plus exister dans une société moderne ! Pour un premier roman, c'est une véritable réussite de l'auteur. A quand le prochain ?"

"Comment une femme hétéro (Tina), touchée par l'amour foudroyant dans un bar, peut-elle déterminer sa vie future ? prendre la decision de braver les tabous de la société en déclarant cet amour ?
Fuira-t-elle devant cette décision au risque de nier cet amour qui la brûle ? ou bien aura-t-elle le courage d'affronter le regard des autres et d'affirmer la force de son Amour ?
Un livre magnifique, à lire absolument qu'on soit homo ou hétéro."

"Captivant et tellement réaliste !!!....
Un roman d'amour lesbien qui décrit à la perfection la simplicité de l'amour avec grand "a" confronté à la réalité de la société et de l'éducation reçue. Doublée de remise en question de la part d'une des héroines qui rappelera certainement des souvenirs à plus d'une lectrice...Perso, j'ai lu d'une traite trop pressée de connaitre la fin de l'histoire!!"

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13 février 2005



Ponton M
de Julie Arno

Editeur : Julie Arno éditions
Langue : Français
210 pages

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Chroniques et points de vue

Adventice.com :

"L’opération du moteur se déroule sans encombre, les durites se logent scrupuleusement aux places escomptées. Pat ne semble pas quitter des yeux mes moindres gestes, je lui rends la pareille, du plus discrètement possible. Jusqu’à cet instant inespéré de la rencontre fortuite de nos doigts crasseux. Dans un élan de coopération sur le remplacement de la cuve du carburateur, son index glisse accidentellement le long de ma paume gluante. Au lieu de reprendre son droit chemin, le doigt s’enfonce davantage, se cale dans le contrefort de ma main, se love dans la moiteur de ma chair. Je marque un temps d’arrêt, trahissant furtivement mon émoi, mais ne lâche pas prise pour autant. La cuve s’entête, le doigt me transperce, ma main exulte, mon corps vacille. Toute la finesse de sa peau se décalque sur mes pores béants, avides de sensualité et caresses oubliées..."

OXYDO Magazine :

"Je note le sens de l’humour… très lesbien, un humour entortillé comme un corps sous un drap de satin. C’est la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques du phrasé, les rubans de mots font des arabesques au dessus de nos têtes. L’histoire qui pourrait être banale servie par une formulation délicieuse permet à l’identification de fonctionner plein pot. Pétillant "

TASSE DE THE :

"Les filles, si vous avez votre tenue de bain, n'hésitez plus à plonger : commandez cette petite bombe émotionnelle (rien que la description originale d'une certaine scène d'amour ... ), c'est du talent lesbien pur jus !"

LA DIXIEME MUSE :

"Julie Arno est à la fois l'auteur et l'éditrice de ce premier roman réussi. L'histoire est celle d'Ema, une jeune maître nageur, qui souffre de son ancienne relation amoureuse jusqu'au jour où elle se décide enfin à communiquer avec Pat."

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12 février 2005



Deserts Du Coeur
de Jane Rule

Éditeur : Editions Trois
Format : Broché
ISBN : 2920887467

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Chroniques et points de vue

Adventice.com :


Evelyn séjourne dans un ranch, elle est venue dans le Nevava pour régler les détails de son divorce. C'est alors qu'elle rencontre Ann, une femme autonome qui devient vite son amie, sa proche amie...Sur fond de paysages sublimes (la ville de Reno et le désert du Nevada) la solitude de Evelyn s'estompe peu à peu : elle était venue pour digérer 16 ans de mariage et, en tombant sur une femme de 15 ans plus jeune qu'elle, c'est une nouvelle étape de sa vie qui commence. Une histoire d'amour MAGNIFIQUE !

L'auteur :

Née à Plainfield en 1931, Jane Rule vit à Galiano, une île de la Colombie-Britannique.

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11 février 2005



Chassés-croisés au 37
de Cécile Bailly


Langue : Français
Éditeur : KTM éditions (17 janvier 2005)
Format : Broché - 185 pages
ISBN : 2913066208

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Chroniques et points de vue

Présentation de l'éditeur


A Besançon, en ce dimanche de mars, on vient de retrouver morte une jeune écrivain, Iris Malher. Alors qu'elle pensait passer une journée tranquille auprès de sa compagne, le commandant Sen-Yin Nô est appelée sur les lieux. Rapidement, constatations et interrogatoires d'usage vont s'enchaîner et mettre en évidence les jalousies au sein du paysage artistique local. Les mobiles et les suspicions vont s'accumuler. Une amante éconduite, une troupe théâtrale au succès grandissant, une histoire de drogue... A Sen-Yin Nô d'apporter les réponses aux questions rituelles dans ces circonstances : qui ? Et pourquoi ?

Biographie de l'auteur

Depuis Malice, chaque nouveau titre de Cécile Bailly est une surprise. Après Une saison morte, elle se tourne vers un genre plus distrayant, le polar, qui lui permet de donner libre cours à son talent de narratrice.

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Autres livres de Cécile Bailly :

Emois, et moi



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Malice



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Une saison morte



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Le Paradis de Paco



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10 février 2005



Affinités
de Sarah Waters

Langue : Français
Éditeur : Denoël (6 janvier 2005)
Collection : Denoël & d'ailleurs
Format : Broché - 521 pages
ISBN : 2207256049

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Chroniques et points de vue

Présentation de l'éditeur


La prison de Millbank et ses voleuses, criminelles et faussaires, ses avorteuses et mères maquerelles. C'est dans l'inquiétant climat de l'une des geôles les plus lugubres de l'ère victorienne que Margaret Prior, dame patronnesse, rencontre la charismatique médium spirite Selina Dawes qui, bien qu'incarcérée, ne cesse de clamer son innocence. Au fil des visites, Selina dévoile son étrange histoire, et Margaret est irrésistiblement entraînée dans un monde crépusculaire de séances de spiritisme et d'apparitions, d'esprits insoumis et de passions incontrôlables... Récit de fantômes et thriller historique, affinités nous plonge dans l'univers fascinant qui a fait le succès des précédents romans de Sarah Waters. En héritière virtuose de Dickens et de Willie Collins, l'auteur nous offre un roman envoûtant où le suspense monte sans répit jusqu'à un dénouement final étonnant.

Biographie de l'auteur

Sarah Waters est née au Pays de Galles en 1966. Egérie des milieux gay, elle en est devenue, à l'instar d'Armistead Maupin, l'un des auteurs emblématiques. Du bout des doigts, son troisième roman, a été finaliste de tous les grands prix littéraires d'outre-Manche, dont le Booker Prize et le Orange Prize, et a remporté le Somerset Maugham Prize. En 2003, Sarah Waters a fait partie de la liste des " vingt meilleurs jeunes romanciers anglais " établie par la revue Granta.

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09 février 2005



Du bout des doigts
de Sarah Waters

Langue : Français
Éditeur : 10 X 18 (20 janvier 2005)
Collection : Domaine étranger
Format : Poche - 749 pages
ISBN : 2264041072

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Chroniques et points de vue

Présentation de l'éditeur


Londres, 1862. A la veille de ses dix-huit ans, Sue Trinder, l'orpheline de Lant Street, le quartier des voleurs et des receleurs, se voit proposer par un élégant, surnommé Gentleman, d'escroquer une riche héritière. Orpheline elle aussi, cette dernière est élevée dans un lugubre manoir par son oncle, collectionneur de livres d'un genre tout particulier. Enveloppée par une atmosphère saturée de mystère et de passions souterraines, Sue devra déjouer les complots les plus délicieusement cruels, afin de devenir, avec le concours de la belle demoiselle de Briar, une légende parmi les cercles interlopes de la bibliophilie érotique. Héritière moderne de Dickens, mais aussi de Sapho et des Libertins, Sarah Waters nous offre une vision clandestine de l'Angleterre victorienne, un envers du décor où les héroïnes, de mariages secrets en amours interdites, ne se conduisent jamais comme on l'attendrait. Un roman décadent et virtuose.

Biographie de l'auteur

Née en 1966 au pays de Galles, Sarah Waters a été libraire, puis enseignante. Dès son premier roman, Caresser le velours, qui a récemment été adapté à la télévision par la BBC, elle devient l'égérie des milieux gays. Avec son second roman, Affinités (Denoël, 2005), elle obtient le prix du jeune écrivain de l'année 2000 délivré par le Sunday Times. La publication de son troisième roman, Du bout des doigts, marque sa consécration. Élue " auteur de l'année " par le Sunday Times, elle reçoit en 2003 le prix des Libraires et le British Book Awards, et figure sur la liste des " vingt meilleurs jeunes romanciers anglais " établie par la revue Granta. Sarah Waters vit aujourd'hui à Londres.

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07 février 2005



Mathilde, je l'ai rencontrée dans un train
de Cy Jung


Langue : Français Éditeur : Gaies Et Lesbiennes (11 janvier 2005)
Collection : Au-delà de l'arc-en-ciel
Format : Broché - 173 pages
ISBN : 2912706297

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Chroniques et points de vue

Présentation de l'éditeur

Mathilde et moi, c'est un drôle de paradis, un jardin luxuriant, des cascades de cyprine, des doigts, des mains, des poings qui rampent à l'égal du serpent. Notre repas est un prélude où nos bavardages d'allure l'utile servent de couverture à une séduction complice et torride. Quand nos corps sont au bord de l'overdose, nous cavalons nous ébattre dans un mélange d'impudeur, de fantaisie et de tendresse. Il est fascinant de constater combien cette dernière autorise de débordements, de pratiques qui, vues de l'extérieur, sembleraient salaces. Je suis épatée, émerveillée par mes désirs, subjuguée au point que je deviens docile à la toute puissance du fantasme. Je le laisse courir, me dire ce que j'ignore encore, presque me dicter la femme que je suis.

Biographie de l'auteur



Auteure à 40 ans de quatre romans, d’un recueil de nouvelles — Cul nu, courts érotiques (2001) — d’articles, de chroniques sur Media-G.net et de textes divers et variés, Cy Jung a élargi le champ de son écriture à travers un témoignage sur sa déficience visuelle : Tu vois ce que je veux dire (2003). Elle ne renonce pas pour autant à son travail sur l’écriture du désir, en proposant aujourd’hui à ses lectrices et lecteurs un roman où il n’est question que de ça : Mathilde, je l’ai rencontrée dans un train (édition gaies et lesbiennes, janvier 2005). Licenciée en droit public et titulaire d’un diplôme de 3e cycle de l’Institut d’Études Politiques de Paris, elle a mis pendant dix ans son écriture au service d’élus locaux parisiens. Elle mène depuis huit ans son métier d’auteure avec la même énergie et propose à ses lecteurs une œuvre littéraire originale, ludique et réflexive où la fiction n’est jamais très loin de la réalité tant celleci lui est source de désir, d’observation et d’analyse.

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Autres livres de Cy Joung:

Hétéro par-ci, homo par le rat



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Once Upon A Poulette



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Es ist eine Poulette



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Cul nu : Courts érotiques



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Carton rose



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Tu vois ce que je veux dire : Vivre avec un handicap visuel



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07 janvier 2005

Les âmes brisées

Pathétiques et touchants, les personnages des nouvelles d'Adam Haslett se débattent sans cesse contre la solitude et l'abandon.
VOUS N'ÊTES PAS SEUL ICI (You Are Not a Stranger Here) d'Adam Haslett. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-Pierre Aoustin. Ed. de l'Olivier, 264 p., 21 €. En librairie le 14 janvier.

"Pour que les choses soient bien claires dès le début, je précise que je déteste les toubibs et que je ne me suis jamais joint à un groupe d'entraide. Ce n'est pas à soixante-treize ans que je vais changer. L'institution psychiatrique ira se faire foutre sur une colline chauve sous la pluie avant que je touche à leurs remèdes de charlatan ou écoute les bavardages terre à terre de types moitié plus jeunes que moi." Ainsi commence "Notes pour un biographe", remarquable nouvelle d'un recueil qui l'est tout autant, confirmant ainsi la réputation de l'auteur, Adam Haslett, finaliste du National Book Award 2002 et du prix Pulitzer 2003, salué par le désormais incontournable Jonathan Franzen.

Dans cette première nouvelle, Franklin Singer, fidèle emmerdeur et bon parano, a décidé d'aller rendre visite à son fils. Quand il débarque à Venice Beach (Californie), il découvre que ce dernier, devenu agent de change, est gay. "Te rends-tu seulement compte ? Je croyais que mon propre père était mort. Tu n'as pas appelé pendant quatre ans. (...) Quatre ans, papa, et maintenant tu apparais tout à coup et tu veux savoir comment c'est d'être gay ?"

Tels sont les personnages d'Adam Haslett, un trentenaire new-yorkais partageant son temps entre l'avocature et l'écriture : pathétiques et touchants, souvent égoïstes ou excentriques, ils ont en commun une certaine forme de tristesse, une tristesse sourde, incapables, au fond, de s'entendre les uns avec les autres, au point de se retrouver à confier leur désarroi et leurs secrets les plus intimes à des inconnus. C'est le cas dans "Réunion", où un jeune homosexuel, atteint du sida, ne trouve la force d'avouer sa maladie qu'à une prostituée rencontrée au hasard d'un dîner. Ici, la mort n'est pas le moment dramatique que l'on attend. Au contraire, elle est banale et routinière, plus affreusement anodine qu'on aimerait le croire, même si, comme le souligne le personnage de cette nouvelle, "il y avait des choses auxquelles il valait mieux ne pas penser".

Car voilà, même si le père du protagoniste dans "Prémonition" tente de le et de se convaincre que "tout le monde fait des cauchemars. Ils sont parfois pénibles. On se réveille et on va de l'avant", force est de reconnaître que c'est loin d'être facile, et que, de désillusion en désillusion, on est bien obligé d'admettre que "les choses ne s'étaient pas passées comme nous l'avions prévu".

Ainsi d'Ellen, qui, dans "La Fin de la guerre", se persuade qu'elle peut aider son mari : "Elle a lu des livres et des articles sur la dépression et ses symptômes, parlé avec les psychiatres qu'il voit, elle a étudié la question comme la chercheuse qu'elle est. Elle connaît les détails cliniques, et lui rappelle toujours que c'est un problème chimique, une maladie curable : un médecin finira par trouver la bonne formule." Malgré cet acharnement, son mari sait, à voir ses yeux fatigués et ses lèvres pincées, que "la compassion dont elle a si longtemps fait preuve doit lutter contre l'irritation. Il est la chaîne et le boulet".

GENS ORDINAIRES

Alors certains, comme dans "Le Service de mon père", se réfugient dans la lecture : "Cette idée (...) de se vacciner contre le présent. Tellement plus facile si on peut voir les gens comme s'ils n'étaient que les personnages d'un livre... On peut encore passer du temps avec eux, mais on n'a rien à voir avec leur sort. Tout a déjà été décidé (...). Ce qui rend tout plus facile à supporter. La souffrance des autres, par exemple." Dans la dernière nouvelle, "Le Bénévole", un jeune garçon rend visite à une femme qui, depuis qu'elle a perdu son enfant, vit seule avec les voix d'un imaginaire outre-tombe, dans un établissement psychiatrique. Mais, bizarrement, on n'est pas chez les fous, juste chez des gens ordinaires, peut-être plus sensibles que d'autres au monde, à ses bruits et bavardages.

Etres meurtris et âmes brisées, atteints de maladies incurables ou souffrant de désespoir profond, les personnages d'Adam Haslett se débattent entre passé et présent. Devant la peur de l'abandon et celle, plus essentielle, de se retrouver seuls, ils manifestent, avec plus ou moins de talent, leur besoin d'une épaule sur laquelle s'appuyer. Même s'ils savent intimement que la compassion n'est souvent qu'un sentiment vain et illusoire.

Emilie Grangeray

Source : http://www.lemonde.fr/web/recherche_articleweb/1,13-0,36-393219,0.html
Mis en ligne le 7/01/05

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28 décembre 2004


(Photo : Didier Eribon)

2004 : Eribon en carnets


"Sur cet instant fragile…" est le journal des huit premiers mois de l’année 2004 par Didier Eribon. De l’agression contre Sébastien Nouchet au mariage de Bègles et ses suites judiciaires, le philosophe note au jour le jour les réflexions que lui inspire l’actualité chargée des gays et des lesbiennes durant ces huit mois. Il est parfois au cœur des événements (quand "Le Monde" publie à la mi-mars le "Manifeste pour l’égalité des droits" qu’il a rédigé avec le juriste Daniel Borrillo), plus souvent spectateur bien placé puisque très proche du pool d’avocats qui s’est constitué auprès de Noël Mamère. Cela permet au lecteur de vivre (ou revivre) ces quelques mois passionnants, qu’Eribon tente toujours de remettre en perspective en s’appuyant sur ses références habituelles : Foucault, Genet, Jouhandeau, Bourdieu. C’est souvent intéressant, parfois véhément (quand il s’en prend au conservatisme du PS pour mieux défendre Les Verts) mais un peu répétitif pour ceux qui ont déjà lu les précédents livres d’Eribon. Pour les autres, c’est l’occasion de le découvrir.

Julien Picquart

Didier Eribon, "Sur cet instant fragile…", éditions Fayard, 17 euros. Pour commander, cliquez ici !

Source : http://www.e-llico.com/content.php?section=actu&id=3773
Mis en ligne le 28/12/04

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17 décembre 2004



Etre mère, de quel droit ?


Marcela Iacub trace l'horizon juridique d'une utopie "postsexuelle".

Voici déjà près d'une décennie que la sexualité a fait retour sur le front politique - pensons aux affrontements autour de la parité, du pacs, de la prostitution ou encore du "mariage gay". De toutes les figures intellectuelles qui se tiennent au milieu du champ de bataille, et qui tentent malgré tout de penser ce vacarme, Marcela Iacub n'est assurément pas la moins singulière. Livre après livre, cette juriste a construit un style de combat à la fois instruit et provocateur, savamment technicien et volontiers ironique, où l'on repère le souffle joueur qui convient aux écritures authentiquement révoltées.

Il n'y a pas à s'étonner, dès lors, si son dernier ouvrage, L'Empire du ventre, s'inscrit explicitement dans la tradition de l'utopie. Non pas celle qui prétend dépeindre un âge d'or perdu ou le futur d'une société idéale, mais celle qui, de Thomas More à Walter Benjamin, vise à rouvrir l'imaginaire des possibles en décrivant la réalité de ce qui est, au regard de ce qui aurait pu être. Point n'est besoin, pour cela, de remonter les siècles ou d'aller se balader dans quelque société exotique. Afin de bâtir les contours de son utopie sexuelle (ou plutôt "post-sexuelle", aime-t-elle à dire), Marcela Iacub préfère s'installer au cœur du XIXe siècle. Et feuilleter son code civil.

Pas n'importe lequel, cependant : celui de 1804, dit code Napoléon. Celui-ci était tout sauf parfait, convient-elle. Mais en faisant du mariage (c'est-à-dire d'un contrat) et non pas de la grossesse (c'est-à-dire d'un fait biologique) l'institution centrale de la filiation, dit-elle, il assurait du moins cette liberté fondamentale : on pouvait devenir mère sans avoir accouché d'aucun enfant. Textes à l'appui, Iacub parcourt donc l'histoire institutionnelle, explore les recueils de jurisprudence et multiplie les études de cas pour exhiber les astuces qui permirent jadis aux juges de couvrir ce qui s'inventait en matière de "procréation juridiquement assistée", et par là même de faire mentir le fameux adage romain : Mater semper certa est, pater quem nuptiae demonstrant (la mère est toujours certaine, le père est celui que le mariage désigne).

"CONTRE-RÉVOLUTION" SEXUELLE

Dès la fin du XIXe siècle, pourtant, cet ancien modèle est en crise. Et la fragilisation croissante du mariage suscite bientôt une brutale réaction. Bien davantage : une véritable "contre-révolution" sexuelle, qui fera désormais de l'engendrement corporel la source unique de toute filiation légitime, provoquant du même coup un ample glissement de la morale familiale. D'où le chassé-croisé des positions d'infamie (l'enfant "adopté" y remplaçant l'enfant "naturel") et des inégalités hommes/femmes (celles-ci devenant "les maîtresses de la procréation"), consacré par la législation française de 1972. De ce déplacement crucial, qui a consacré l'engendrement charnel comme vérité ultime de toute maternité, témoigneraient avec éclat, aujourd'hui, aussi bien la crise de l'adoption que la remise en cause de l'accouchement "sous X".

Prenant à revers les tenants de l'ancienne "libération sexuelle", dont les conquêtes, selon elle, se sont révélées surtout porteuses de servitude, Marcela Iacub met en lumière les aspects d'une exception française "utérocentriste" (l'esprit du code Napoléon s'est réfugié en Californie, où le "don de gestation" est permis...) et proclame l'urgence d'une nouvelle pensée féministe. A la fois libertaire et libérale, celle-ci ne céderait plus à ce qu'elle nomme la "mystique de la grossesse". Elle soumettrait la nature aux institutions et les ventres à la logique du droit, pour essayer de faire advenir enfin quelque chose comme un "modèle non corporel, intentionnel, de la filiation".

Jean Birnbaum

L'EMPIRE DU VENTRE Pour une autre histoire de la maternité de Marcela Iacub. Fayard, 378 p., 20 €.

Source : http://www.lemonde.fr/web/recherche_articleweb/1,13-0,36-391198,0.html
Mis en ligne le 16/12/04

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