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20 janvier 2006


Sexualité : un médicament anti-sida détourné par les barebackers

Se protéger du sida tout en ayant des pratiques bareback en prenant un antirétroviral : c’est une tendance observée aux Etats-Unis qui suscite le malaise chez les médecins.

Plutôt que se protéger en utilisant des préservatifs, un certain nombre d’homosexuels séronégatifs prennent des comprimés de tenofovir en guise de protection contre le VIH. “Prendre un T.”, c’est le nom de cette nouvelle pratique observée aux Etats-Unis. T pour tenofovir, un antirétroviral efficace dans le traitement des séropositifs.

Dans un article du 19 décembre 2005, le Los Angeles Times rapporte le phénomène. Le tenofovir serait même vendu dans certaines boîtes gay sous forme de "pack" avec Viagra et ecstasy. Plus surprenant encore,il serait parfois prescrit par des médecins. Cette tendance, encore très marginale, a poussé les autorités sanitaires américaines à mettre en garde contrel’absence de preuve attestant que le tenofovir protège contre les risques de contamination. Les médecins soulignent les dangers de cette pratique à même de conduire à une augmentation du nombre de contaminations.

Selon un sondage réalisé en juillet 2005 par les autorités sanitaires américaineslors des gay pride dans quatre villes des USA, 7 % des hommes séronégatifs affirmaient avoir consommé des médicaments contre le VIH avant d’avoir des relations à risque et une personne sur cinq rapportait connaître quelqu’un ayant de telles pratiques. "Les gays sont des expérimentateurs nés. Ils le sont dans la mode, le sexe, l’internet, ils le sont aussi dans la pharmacologie" constate l’association Warning qui recense l’information sur son site internet.

L’idée de détourner ce médicament de sa fonction initiale provient sans doute du fait qu’il est notoire que le tenofovir est déjà utilisé en association avec d’autres antirétroviraux par des individus exposés aux risques de contamination, comme le personnel sanitaire en contact avec des seringues infectées.

Un médecin spécialiste du sida à San Francisco, cité par l’article du Los Angeles Time, rapporte avoir lui-même prescrit le tenofovir à deux séronégatifs qui lui avaient révélé avoir de nombreuses relations sexuelles non protégées. Selon lui, la prise du tenofovir est préférable à aucune protection.

Pour ceux qui ne trouvent pas de médecin complaisant pour se procurerle médicament, l’achat sur internet semble être une autre voie connue, qui pose de surcroîtla question de la qualité du produit. Enfin, l’article cite le cas de personnes qui l’acquièrent via des amis séropositifs qui, en partageant les doses qui leur sont prescrites, compromettent l’observance de leur propre traitement.

Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=12234
Mis en ligne le 20/01/06

Une traduction de l’article du Los Angeles Time :


L’usage du tenofovir en préventif s’accentue, bien que son intérêt ne soit pas prouvé

"Mieux que pas de protection du tout"

mercredi 4 janvier 2006 par Olivier Jablonski

Les gays sont des expérimentateurs nés. Ils le sont dans la mode, le sexe, l’internet, ils le sont aussi dans la pharmacologie. Nous en avions déjà parlé dans un article précédent, mais devant l’ampleur du phénomène, il semble important d’y revenir. Dans un article du 19 décembre 2005, le Los Angeles Times fait un point sur l’usage de l’antirétroviral tenofovir comme outil de prévention du VIH, en clair, la prise d’un comprimé de tenofovir avant un rapport sexuel non protégé. Ce produit serait maintenant vendu sous le manteau dans certains clubs gays américains, aux côtés du Viagra et l’ecstasy . Il est même prescrit par certains médecins pour cet usage. Des études menées sur les macaques ont montré une protection, néanmoins relative, avec l’administration quotidienne de tenofovir [1].Deux études sont en cours visant à tester l’efficacité préventive de cette molécule chez 400 gays américains (avec prise de tenofovir quotidienne pendant les 2 ans que dure l’essai).

Son usage actuel inquiète les officiels de santé et les associations de lutte contre le sida. On s’en doutait. Le CDC a mené une étude démontrant que 7% des hommes séronégatifs participant aux gays pride de 4 villes américaines prenaient un antirétroviral en préventif. Et qu’un cinquième des personnes interrogées connaissaient quelqu’un qui l’avait fait. Le phénomène se répandrait rapidement, dixit certains officiels de santé américains.

La sexualité est un besoin humain fondamental. L’être humain cherche à optimiser le plaisir tout en limitant les méfaits pour la santé. Il est donc tout à fait normal qu’il développe continuellement de nouvelles cultures de prévention dont l’efficacité varie suivant les techniques utilisées. Certaines d’entre-elles sont connues sous le terme de réduction des risques (séroadaptation, retrait avant éjaculation et positionnement stratégique). Elles sont promues par quelques experts et associations mais souvent rejetées par le discours officiel de prévention qui reste la plupart du temps axé sur le tout-capote. Ce rejet laisse alors place libre à des expérimentations hasardeuses. La prévention chimique est une voie qui porte beaucoup d’espoir, mais pour l’instant rien n’est disponible.

Un médecin de San Francisco, interviewé par le LA Times montre malgré lui l’absurdité de la situation actuelle. Il a récemment déclaré avoir prescrit du tenofovir à deux hommes séronégatifs après qu’ils lui aient dit ne pas mettre de préservatifs. Pour ce médecin, l’efficacité de ce médicament n’est pas prouvée pour un tel usage et peut-être même, ses patients pourraient prendre encore plus de risques en l’utilisant. Mais il conclut pourtant que le tenofovir, c’est mieux que pas de protection du tout.

On le voit, derrière ce sujet, se situent plusieurs problèmes :


En ne proposant que le préservatif, le discours traditionnel de prévention génère automatiquement le développement de méthodes alternatives de protection.

Le refus d’accompagner ce phénomène fait que 7% pratiquent une technique sauvage de protection dont l’efficacité, même partielle, n’est aucunement prouvée.

Le discours tout capote génère du risque dont il ne veut voir ni les raisons ni les conséquences

D’après le LA Times, le tenofovir serait fourni par les amis soit vendu sur internet. On trouve aussi un kit comprenant ecstasy, viagra et tenofovir pour 100 $ dans certaines discos américaines. Le département de santé de San Francisco prépare une étude pour mieux connaître l’étendue du phénomène. Il paraît qu’à Paris certains s’y sont mis.

Notes
[1] Mais, cette protection disparaît après plusieurs semaines d’exposition au SHIV. Tous les macaques finissent par être infectés comme ceux du groupe témoin).


Source : http://www.thewarning.info

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12 janvier 2006


Vidéo bareback : une prise de position du Directeur adjoint du Comité national contre le tabagisme

Suite à notre dossier "Vidéo bareback : le débat patine", nous avons reçu un courrier de Nicolas Villain, Directeur adjoint du Comité national contre le tabagisme. Nous le publions afin d’alimenter le débat en cours.

"Dans la discussion que vous menez actuellement à propos du bareback business (Illico, 30 décembre 2005) les arguments qui légitimeraient, ou en tous cas, justifieraient ce débat, seraient, selon vous, une information estimée satisfaisante sur les risques, en ce qui concerne les acteurs, et, en ce qui concerne les acheteurs, le rôle d’exutoire que pourraient avoir ces films.

Au premier argument, vrai ou faux sur le fond, s’oppose le principe général de la suppression à la source des risques professionnels évitables. C’est la Convention du Bureau international du travail de 1974, ratifiée par la France en 1994, ainsi que la directive européenne 89/391/EEC, transcrite en droit français par décret en 2002. Il incombe une obligation de résultat à l’employeur. A l’évidence, la pratique de rapports sexuels à risque dans un cadre professionnel n’y satisfait pas. Il paraît donc d’une efficacité relative de renvoyer dans ce contexte à la responsabilité individuelle, plus encore à une origine de pays occidentaux des "deux tiers de la production".

La prévention générale des risques professionnels offre un éclairage. Un employé a le droit de travailler dans un cadre non amianté, non pollué par la fumée du tabac,... Le fait que l’on présume qu’il sache, par exemple, que le tabagisme passif présente un risque accru de cancer du poumon et d’infarctus ne se substitue pas à la responsabilité de son employeur. En juin 2005, la Cour de cassation a donné raison à un employé qui subissait le tabagisme passif sur son lieu de travail. La justice a rappelé l’obligation, non pas de moyen, mais de résultat de l’employeur, et l’a condamné.

La présomption, justifiée ou non, du comportement de la personne dans sa vie privée (sexualité protégée ou non, fumeur ou non, domicile privé amianté ou non,…) ne décharge pas l’employeur de sa responsabilité dans le cadre professionnel.

Certains déploreront la disparition d’une certaine responsabilité individuelle. Peut-être. Toutefois, l’on pourra regretter, a contrario, une certaine diminution de la responsabilité économique. Face au rapport de force sans doute inégal entre employés et employeurs, la règle qui protège le premier prend tout son sens. Un acteur n’est potentiellement pas en position de force face aux demandes d’un réalisateur ; un employé n’est potentiellement pas en position de force face à un employeur dont les locaux sont pollués par la fumée du tabac …

Au second argument, celui de l’"exutoire", s’opposent les modèles de santé publique. Par exemple, la valorisation de la vitesse est interdite dans la publicité pour les voitures. Le motif en est le souci de ne pas valoriser les conduites à risques sur la route. C’est le principe de l’exemplarité. En matière de lutte contre le tabagisme, le monde californien de la santé publique (S. Glanz) a montré que des adolescents qui vont fréquemment au cinéma entrent 2,4 fois davantage dans le tabagisme que ceux qui n’y vont pas ou peu. Parallèlement, la fréquence anormalement élevée du tabagisme et de marques de l’industrie cigarettière dans les films a été démontrée. L’on pourrait multiplier les exemples sur la notion de l’exemplarité. D’une manière générale, le principe de la publicité offre un éclairage : valorisation, banalisation, normalisation. Ainsi les stars fumant avec délectation dans les films ont-elles plus de poids que tous les " Fumer tue " du monde.

L’argument de l’ "exutoire" est donc peu convainquant. En revanche, il alimente la controverse – A qui profite-t-elle ? -, ou bien peut-être sert-il d’exutoire aux personnes qui fabriquent ou vendent ces films… ? Ni la tendance à la " relâche ", ni les chiffres des contaminations par le VIH, ne semblent en tous cas leur donner raison.

Dans ces conditions, promouvoir la recherche d’un "compromis" sur le bareback business paraît suspect. Présenter le problème sous l’angle du débat confère une respectabilité équivalente au pour et au contre. Cela présente certes un intérêt du point de vue économique, mais pas de celui de la santé publique. Ainsi, toute approche intermédiaire qui tendrait à une autre finalité qu’à la suppression de la production et de la diffusion de ces documents vidéo peut-elle effectivement être qualifiée de "tartufferie".

Reconnaissons deux gages de crédibilité à Act Up : d’une part, l’ONG ne défend pas d’intérêt économique, mais uniquement un intérêt de santé publique ; d’autre part, alors que l’organisation est, et se dit, organisation de personnes séropositives, elle s’engage, notamment sur cette question, dans la protection de la santé de tous. A ces deux égards, elle mérite le respect. "

Nicolas Villain*
(*directeur adjoint du Comité national contre le tabagisme (CNCT))


Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=12187
Mis en ligne le 12/01/06

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VIH : mobilisation sur l’emploi

Sidaction va ouvrir plusieurs centres régionaux destinés à aider les personnes touchées par le VIH à retrouver un emploi.

Face à la complexité des démarches administratives, et alors que 61 % des séropositifs sans emploi souhaitent travailler, Sidaction a annoncé, mi-octobre, qu’il allait ouvrir dans les prochains mois plusieurs centres régionaux destinés à aider les personnes touchées par le VIH à retrouver un emploi.

Le premier centre ouvrira en Ile-de-France, région la plus touchée par le VIH/sida, avant la fin de l'année. Un deuxième sera implanté en région Paca et un autre en Bretagne. "Ces centres réuniront de manière transversale tous les acteurs intervenant dans l’aide au retour à l’emploi" a précisé un des responsables du projet.

Infos : www.sidaction.org

Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=12186
Mis en ligne le 12/01/06

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08 janvier 2006


Votre suivi de l’infection à VIH et des co-infections VIH, VHB et VHC

publié le 11 janvier 2006

Ce chapitre, consacré au suivi thérapeutique des personnes séropositives et co-infectées, clôt tout logiquement cet ouvrage, car il regroupe des notions évoquées au fil des pages de ce glossaire 2005, tout en les replaçant dans leur contexte et en les développant si besoin.

Ce chapitre est bien sûr schématique et ne peut que servir de point de repère dans votre quotidien. Sa lecture devrait permettre à ceux et celles dont la maladie est récente de mieux comprendre les prescriptions de leur clinicienNE qui les suit et ensuite poser les bonnes questions. Pour les personnes dont l’infection est plus ancienne, nous avons fait un travail de réactualisation, en intégrant le plus possible les acquisitions thérapeutiques récentes.

Les actuelles recommandations rédigées par le groupe d’expertEs sous la direction du Pr Delfraissy peuvent vous aider ; elles ont été revues en 2004. Elles définissent les modalités de la prise en charge globale des personnes infectées par le VIH, mais aussi des personnes co-infectées par une ou plusieurs hépatites virales (VHB, VHD, VHC). Le constat de cette prise en charge est lourd et difficile, nous devons faire face à une maladie longue dans le temps et contraignante au quotidien. Act Up-Paris s’est investie, depuis le début de l’épidémie, dans une mission d’information sans cesse mise à jour, reflétant au plus près l’actualité thérapeutique.

En mars 2005, une conférence de consensus européenne sur le traitement des co-infections VIH, VHC et VHB a émis un certain nombre de recommandations pour une prise en charge globale. On y a insisté sur l’importance de la vaccination contre les hépatites A et B chez les personnes infectées par le VIH n’ayant pas d’anticorps protecteurs (c’est-à-dire n’ayant pas été en contact avec ces virus) et ayant un taux de CD4 supérieur à 200/mm3.

Actualité

Les données scientifiques et médicales concernant les hépatites-> mot383 B et C conduisent à revoir leur prise en charge. Les techniques de biologie moléculaire-> mot645 ont un seuil de détection de plus en plus bas. Elles modifient le dépistage, le diagnostic et la prise en charge. La meilleure connaissance des mécanismes viraux, de nouvelles stratégies, de nouvelles molécules fait que ce qui était valable, il y a peu, a changé aujourd’hui.

Des techniques de mesure de la charge viral-> mot339 et de comptage de CD4-> mot535, adaptables aux pays en développement, c’est-à-dire moins onéreuses et de manipulation plus simple, seront accessibles sous peu. Faut-il insister sur l’absolue nécessité d’accélérer la mise à disposition de ces nouvelles techniques vers les pays du Sud et l’urgence de formation des technicienNEs de ces pays ?

La question des autotests est d’actualité car ils risquent d’être bientôt commercialisés en Europe. Ils sont censés permettre, à partir d’une très petite goutte de sang obtenue par piqûre (type glycémie) ou à partir de la salive, de connaître sa séropositivité. Ces tests posent des problèmes de fiabilité ; ils donnent des faux positifs plus souvent que des faux négatifs.

La lecture et l’appréciation des résultats de biologie demandent une longue pratique. Dans le cas des autotests, cette appréciation est faite par un néophyte. Elle peut donc être sujette à erreur, dans un contexte forcément émotionel. Leur utilisation en dehors de tout contexte médical rend leur « résultat » d’autant plus dangereux qu’elle se déroule sans soutien psychologique et sans prise en charge thérapeutique. En cas de positivité, une confirmation doit être faite, au plus tôt, par une prise de sang pour lever le doute et envisager une mise sous traitement si nécessaire. Enfin, il existe un risque important d’utilisation à l’insu des personnes.

Parcours à suivre

En cas de dépistage positif, c’est-à-dire présence d’anticorps anti-VIH dans le sang par technique ELISA, un second prélèvement est obligatoire. Trois types de marqueurs sont utilisés :
l’ARN-VIH par amplification génétique PCR peut être détecté 10 jours après la contamination. Il exprime la charge virale quantitative en copies/mL.
l’antigène p24, détectable environ 15 jours après la contamination, disparaît au bout de quelques semaines et signe par sa présence une infection récente.
les anticorps anti-VIH, mis en évidence par la technique sérologique de type ELISA, sont détectables 25 à 30 jours après la contamination.

Le deuxième prélèvement pour confirmer la séropositivité comprendra aussi un test de sérologie de type Western Blot. Lorsque la date de la contamination est inconnue et remonte à plusieurs mois ou années, on fait :
une recherche d’anticorps par ELISA,
confirmée par un Western Blot,
en cas de positivité, elle s’accompagne de la détermination de la charge virale. Une réponse définitive sur le statut sérologique peut donc être obtenue en 4 semaines.

Important : en cas de prise de risque (blessure par matériel médical, viol, rupture de préservatif, partage de seringues, etc.), un traitement prophylactique peut être prescrit. C’est une combinaison de 3 médicaments antirétroviraux à prendre pendant 4 semaines. Ce traitement doit intervenir dans les 48 heures qui suivent l’événement. Il sera encore plus efficace s’il est administré dans les 4 heures qui suivent la prise de risque.

Une fois l’infection à VIH confirmée, la décision de traiter sera alors discutée. Depuis quelques années la communauté scientifique met en place des essais thérapeutiques, pour étudier la mise sous traitement d’emblée, la mise sous traitement différée ou les interruptions de traitement. En 2005, personne ne dispose d’éléments pour dire avec certitude quand il faut démarrer un traitement. On sait qu’un traitement démarré tôt sera très efficace, mais la lourdeur des molécules et leur prescription à vie font qu’aucune décision n’est évidente, ni dans un sens, ni dans l’autre.

Hors de la primo-infection symptomatique et du stade sida, la mise en route du traitement ne doit pas se faire dans l’urgence. Il faut prendre le temps de la réflexion, et quelques semaines ou quelques mois sont parfois nécessaires. Dans ce cas, le bilan initial doit comprendre un examen clinique soigné, un bilan biologique (détaillé ci-après) : hématologie, virologie, recherche de co-infections par hépatites, d’infections opportunistes, etc. Pour s’assurer d’une prise en charge complète, certaines explorations supplémentaires doivent être pratiquées : un examen gynécologique avec frottis, une radio pulmonaire, un entretien pour évaluer la consommation d’alcool, de tabac, les antécédents familiaux d’hypertension, de diabète et afin d’être mis au courant des traitements possibles. Par la suite, les consultations régulières de surveillance du traitement doivent être complétées par une attention particulière relevant d’un suivi plus large : modifications de la silhouette et du visage, risques cardiovasculaires, électrocardiogrammes périodiques, anomalies de la fonction hépatique, troubles hormonaux, modes de contraception adaptés, etc. Les aspects psychologiques ne doivent pas être négligés, l’infection à VIH engendre toujours des troubles de ce type. En cas de troubles psychique sous efavirenz, il est essentiel d’en parler à votre médecin.

Aux bilans biologiques qui suivent est systématiquement ajoutée la recherche des [infections-> mot1531 par les virus VHB et VHC, sérologique puis virologique. La prise en charge des personnes co-infectées fait appel à un double regard, celui du/de la clinicienNE qui vous suit dans le cadre de l’infection à VIH et celui d’unE hépatologue. En effet, la décision de traiter l’une ou l’autre des pathologies, avec quelle chronologie, avec quelles molécules, en association ou non, n’est pas un problème simple.

Ce qui suit est un rappel détaillé de tous les examens qui peuvent être demandés au cours du suivi de votre infection. Certains font partie de la routine, d’autres sont indispensables pour confirmer le diagnostic d’une nouvelle pathologie.

Important : les valeurs que nous avons indiquées sont des moyennes. Tous vos résultats d’examens biologiques doivent être accompagnés de l’indication de la technique utilisée et des normes propres au laboratoire, ainsi que d’un rappel des résultats précédents.

Hématologie

Un hémogramme, aussi appelé Numération Formule Sanguine (nfs) regroupe plusieurs dosages.

Le nombre d’hématies (globules rouges), le taux d’hémoglobine, l’hématocrite (rapport du volume globulaire au volume sanguin total) et le volume globulaire moyen (VGM). Une baisse des hématies et/ou de l’hémoglobine peut indiquer une anémie.

valeurs de référence
hématies 4 500 000 à 5 700 000/mm3
hémoglobine 13,0 à 17,0 g/100 mL
hématocrite 40 à 54 %
VGM 80 à 100 mm3

Le nombre de leucocytes (globules blancs) et la formule leucocytaire montrent une infection s’il y a augmentation des polynucléaires ; le nombre de lymphocytes signe l’intensité de la réponse immunitaire. Dans l’ infection à VIH, l’étude des sous-populations lymphocytaires (ci dessous) est évidemment essentielle.

leucocytes totaux 4 000 à 10 000/mm3
polynucléaires neutrophiles 60 à 65 %
polynucléaires éosinophiles 1 à 2 %
polynucléaires basophiles 0,5 à 1 %
lymphocytes 25 à 30 %
monocytes 6 à 8 %
CD4 35 à 55 % des lymphocytes totaux soit 500 à 1600/mm3
CD8 9 à 37 % des lymphocytes totaux soit 150 à 800/mm3
rapport CD4/CD8 compris entre 1,00 et 4,00

Les chiffres indiqués dans le tableau ci-dessus, sont des moyennes qui concernent les adultes, mais pas les enfants qui ont des résultats trop variables pour être indiqués ici.
Chez les enfants, il peut être important de suivre l’efficacité du traitement en se basant sur le chiffre de lymphocytes totaux et le pourcentage de CD4. Lorsque les CD4 sont inférieurs à 20 % et les lymphocytes totaux inférieurs à 1 000/mm3, il y a risque d’échec clinique.

Les plaquettes sanguines interviennent dans la coagulation, un taux bas de plaquettes peut indiquer un risque hémoragique.

valeurs de référence : de 150 000 à 450 000/mm3

La vitesse de sédimentation (temps que prend les suspensions d’un liquide pour se déposer) est augmentée dans les phénomènes infectieux et inflammatoires, du fait notamment de l’augmentation des globulines au dépend des albumines.

valeurs de référence : de 5 à 20 mm

La prise de zidovudine doit inciter à une surveillance hématologique régulière en raison d’une anémie possible.

Sérologie

Il s’agit de la recherche qualitative (positif ou négatif) et quantitative (dosage) d’anticorps.

Important : tout épisode d’immunodépression sévère, même passé (CD4 inférieurs à 100/mm3) doit être signalé au moment de la prise en charge, car cela peut entraîner des sérologies (VHB, VHC, CMV, TB, etc.) faussement négatives.

Les examens sérologiques sont nécessaires entre autres pour rechercher les IST. Depuis plusieurs années, les statistiques indiquent une recrudescence de la syphilis (techniques utilisées : TPHA, VDRL), des infections à chlamydiae, à mycoplasmes, des coinfections et des infections opportunistes.

Il est important d’effectuer très tôt une détection des anticorps contre l’agent responsable de la toxoplasmose, des anticorps contre le cytomégalovirus (CMV) et des anticorps contre l’herpès.

Marqueurs des hépatites virales

hépatite A :
recherche des immunoglobulines de type M (IgM) anti-VHA (anticorps dirigés contre le virus de l’hépatite A), anticorps détectables dès l’apparition d’un ictère. Leur dosage permet aussi de savoir s’il existe une immunité protectrice (hépatite antérieure ou vaccination).

hépatite B :
l’Ag-HBs est le principal marqueur du VHB (voir virologie). _*Ac anti HBc (ces anticorps, IgM puis IgG, apparaissent les premiers, ils persistent dans le temps et signent une exposition au VHB. Ils sont dirigés contre l’antigène central du VHB). _*Ac anti HBe (anticorps dirigés contre l’antigène de l’enveloppe du VHB). _*Ac anti HBs (ces anticorps apparaissent les derniers, ils peuvent confirmer une guérison spontanée ou l’efficacité d’une vaccination. Ces anticorps protecteurs sont dirigés contre l’antigène de surface du VHB).

hépatite C :
si la recherche (quantitative) des anticorps par technique ELISA est positive, une recherche qualitative est nécessaire suivie d’une PCR, en cas de positivité.

hépatite D ou delta :
la recherche des IgM anti-VHD et les anticorps anti-VHD totaux (anticorps dirigés contre le virus de l’hépatite D) permettent le diagnostic d’une hépatite aiguë. Ils doivent être recherchés en cas de présence d’un seul des marqueurs d’une hépatite B, car elle ne peut exister sans elle.

hépatite E :
recherche des anti-VHE (anticorps dirigés contre le virus de l’hépatite E).

Virologie

C’est la recherche qualitative (positif ou négatif) et quantitative (dosage) des antigènes, ARN et ADN.

ordre de grandeur : les quantités moyennes de virus sont retrouvées dans les proportions de 1 pour le VIH, 10 pour le VHC, et 100 pour le VHB qui réplique le plus fortement.

Charge virale VIH

Il existe plusieurs types de tests de quantification de a charge virale (ARN-VIH) :
Amplicor monitor® (Roche)
Quantiplex® (Bayer)
LCx® (Abbott)
Nasba® (Organon Teknika)

Elle s’exprime en nombre de copies par mL et ceci sur une échelle de 1 à 1 000 000 ou en logarithme (log) de ce nombre (sur une échelle de 0 à 6).
Le log est une fonction mathématique telle que
log 1 = 0 ; log 2 = 0,3 ; log 3 = 0,48 ; log 4 = 0,6 ; log 5 = 0,7 ; log 6 = 0,78 ; log 7 = 0,84 ; log 8 = 0,9 ; log 9 = 0,95 ; log 10 = 1 ; log 100 = 2 ; log 1 000 = 3 ; log 10 000 = 4 ; etc.

Les variations croissantes ou décroissantes de la charge virale peuvent aussi s’exprimer sous forme de 1 log, 2 log, etc.

Cette fonction permet de remplacer la multiplication de nombres par l’addition de leur logarithme, car log (a x b) = log a + log b.

Exemple : une charge virale de 100 000 copies/mL, équivaut à une charge virale de log 5. En cas de baisse d’un log, elle correspond alors à 10 000 copies/mL.

attention : le seuil de détection des tests actuels est soit de 50 copies/mL, soit de 400 copies/mL. La nature de la technique utilisée doit être indiquée ainsi que le seuil de sensibilité. Le résultat s’interprète en fonction des résultats antérieurs. Parfois une vérification s’impose dans les 10 à 15 jours qui suivent. Une charge virale est dite « indétectable » quand elle est dessous du seuil de la technique.

Charge virale VHB

Le premier marqueur est l’antigène HBs (antigène de surface du VHB), sa présence signe une hépatite B aigüe. S’il persiste au bout de 6 mois, il signe alors une hépatite chronique. La recherche et le dosage de ces antigènes se fait par radio-immunologie (RIA) ou immuno-enzymologie (EIA). Les indications de la détection et de la quantification de l’ADN-VHB sont nécessaires au dépistage puis à l’évaluation et au suivi des hépatites chroniques. Des tests ultrasensibles à 20 UI/mL sont disponibles aujourd’hui par PCR en temps réel (PCR-Roche®, ADN branché-Bayer®). L’antigène HBc (antigène central ou antigène de la nucléocapside du VHB) n’est détectable que dans les hépatocytes, pas dans le sang. Il indique une réplication active intra hépatique. Enfin l’Ag HBe (antigène de l’enveloppe du VHB) est un signe de réplication virale.

Charge virale VHC

Il s’agit de rechercher et d’identifier le génome constitué d’ARN du virus de l’hépatite C. Si la réponse est positive, une quantification est nécessaire par RT-PCR (Amplicor HCV®, Taqman assay® et NGI Superquant®) ou bDNA (Quantiplex®). Ces tests sont souvent discordants, il est donc très important d’utiliser les mêmes techniques pour disposer de résultats comparables. Cette remarque est valable pour toutes mesures virologiques. L’efficacité des traitements est très variable en fonction du génotype, dont la connaissance est capitale. De plus, en cas d’usage de drogues par voie intraveineuse, il est important d’identifier les différents génotypes par PCR en temps réel, cette exigence doit être indiquée au moment du test, car l’efficacité des traitements en dépend (le génotype 1 étant le plus résistant).

Charge virale VHD ou Delta

La détection et la quantification de l’ARN D sont nécessaires pour le diagnostic et le suivi d’une hépatite D chronique.

Les dernières recommandations-> mot1553] du rapport Delfraissy, confirmées par l’AFSSAPS sont claires : la vaccination contre le VHB des nouveaux-nés et des nourrissons de moins de 18 mois sont formellement recommandées, ainsi que pour certains adultes (travailleurs en collectivité, voyageurs dans des pays ou l’infection est endémique, usage de drogues, passage en prison, pratiques sexuelles).

Biochimie

Acidose lactique

La recherche d’une augmentation du taux d’acide lactique sous forme de lactates dans le plasma permet de constater une toxicité mitochondriale. Certains antirétroviraux comportent un rique d’acidose lactique, il convient donc d’être attentif. Le prélèvement doit être fait à jeun, pratiqué sans garrot.

Valeurs usuelles de lactates dans le plasma : 0,63 à 2,44 mmol/L, soit 57 à 220 mg/L (au-delà on se trouve dans le cas d’une hyperlactatémie qui nécessite une intervention d’urgence).

Il faut noter que le taux de lactates est plus élevé chez l’enfant et le nourrisson que chez l’adulte.

Bilan glucidique

La régulation de la glycémie (taux de glucose dans le sang) est sous la dépendance d’une hormone, l’insuline. La mesure de la glycémie se fait à jeun (depuis environ 10 heures). Pour la détection d’un diabète, on complète l’examen par la mesure de la glycémie 90 minutes après l’absorption de 75 g de glucose. Le dosage de l’insuline en parallèle est possible. Il peut être prescrit à une femme enceinte sous traitement antirétroviral, car il y a un risque accru de diabète pendant la grossesse. La surveillance glucidique est importante en cas de prise de certains traitements, notamment les inhibiteurs de protéase.

Bilan pancréatique

Ce bilan peut conduire à modifier ou interrompre un traitement comprenant certains antirétroviraux (zalcitabine, didanosine, stavudine). Le dosage de l’amylase dans le sang et les urines, et de la lipase, permet, en cas d’augmentation de la lipase et des trigycérides de détecter une atteinte pancréatique. Une glycémie à jeun doit alors être effectuée.

Bilan lipidique

Les nombreux troubles métaboliques dus aux antirétroviraux peuvent être mis en évidence par les résultats issus de ce bilan. L’aspect du sérum (à jeun) doit être limpide. En cas de sérum trouble, on peut craindre un bilan lipidique perturbé.

dosage :
des trigycérides < 1,5 g/L soit 1,71 mmol/L
du cholestérol total < 2 g/L soit 5,18 mmol/L
du cholestérol HDL > 0,35 soit 0,90 mmol/L.
rapport cholestérol total / cholestérol HDL < 4,8

Il est particulièrement important de déterminer le cholestérol LDL, ainsi que de doser les apo-lipoprotéines A et B pour évaluer les risques cardiovasculaires. Tous les résultats sont à comparer avec les résultats antérieurs. Leur interprétation doit se faire sur le long terme. Les statines prescrites pour faire baisser le cholestérol ont une efficacité rapide, mais les interactions avec les antirétroviraux sont fréquentes. Des essais devraient permettre un choix en faveur de celles qui interfèrent le moins avec les antirétroviraux. Les fibrates font baisser préférentiellement les trigycérides. Ce bilan est particulièrement important en cas de prise de la plupart des inhibiteurs de protéase. Cette surveillance est d’autant plus nécessaire que les troubles cardiovasculaires sont en augmentation chez les personnes vivant avec le VIH.

Bilan rénal

Le contrôle du fonctionnement des reins se fait par une mesure de la diurèse (volume des urines sur 24 heures), et par le dosage sanguin et urinaire de l’urée et de la créatinine. Il est parfois nécessaire en cas d’effets secondaires de certains antirétroviraux (amprénavir, delavirdine, emtricitabine, indinavir, ténofovir)

Bilan phosphocalcique

Il correspond au dosage sanguin du calcium, du phosphore et des phosphatases acides et alcalines, et du dosage urinaire du calcium après recueil des urines de 24 heures. Il prend toute son importance en cas de suspicion d’ostéopénie, ostéoporose, ostéosclérose.

Bilan hormonal

La TSH (thyréostimuline) est une hormone sécrétée par l’hypophyse qui agit sur la thyroïde et stimule la sécrétion des hormones thyroïdiennes. Son dosage est demandé dès l’initiation d’un traitement et, ponctuellement, surtout si le traitement comprend un interféron ou de l’interleukine 2.

Voir aussi gynécologie.

Bilan hépatique

Il comporte un nombre important d’investigations et d’examens.

transaminases ASAT et ALAT : leur augmentation indique un risque de cytolyse.
bilirubine totale et conjuguée : son augmentation indique un risque de cholestase-> mot546.
phosphatases alcalines (PAL) : leur augmentation indique un risque de cholestase.
gamma-glutamyl transpeptidase : leur augmentation indique un risque de cholestase (à surveiller particulièrement en cas de consommation d’alcool).
électrophorèse des protéines : l’augmentation des gamma globulines indique un processus inflammatoire ; le taux d’albumine est à surveiller régulièrement dès que la pathologie hépatique est avérée.
hémostase avec « temps de céphaline activé » (test reflétant le temps d’apparition du caillot sanguin, c’est-à-dire l’ensemble des facteurs de coagulation) et taux de prothrombine (temps de Quick).
fer et ferritine : leur augmentation indique un risque d’hémochromatose.
acide hyaluronique : son dosage est très augmenté en cas de fibrose.
a-foetoprotéine : son dosage reste un marqueur tumoral après une ablation de tout ou partie d’un carcinome.
En cas d’insuffisance hépatique, les facteurs de coagulation, synthétisés par le foie diminuent (taux de prothrombine, fibrinogène, et albumine sérique).

ponction biopsie hépatique (PBH)
Il faut bien sûr en évaluer les bénéfices et les risques (cela reste un acte invasif), mais les recommandations indiquent qu’elle est encore indispensable pour prendre les décisions thérapeutiques à venir, malgré l’arrivée des marqueurs de fibrose, pour toute personne ayant un ARN-VHC positif et des signes de souffrance hépatique. La biopsie permet d’établir le stade de la maladie hépatique, autant dû au VHC qu’au VHB (évaluation du stade de fibrose et du grade d’activité). Suivant la réponse des examens biologiques, de l’évolution de la maladie, de la biopsie hépatique et de l’ancienneté de l’une ou l’autre infection, cette décision peut être très variable d’une personne à l’autre.

classification Métavir
Ce score est obtenu en fonction de l’activité (A0 à A3) et de la fibrose (F0 à F4).

stade de fibrose grade d’activité
F0 pas de fibrose A0pas d’activité
F1 fibrose portale A1 activité minime
F2 quelques septa A2 activité modérée
F3 nombreux septa A3 activité sévère
F4 cirrhose

L’indication de traitement se pose habituellement à partir du stade de fibrose septale (F2) et une activité élevée (A2 et A3).

le score de knodell
Il reflète également l’activité d’une hépatite par évaluation histologique. Il est de moins en moins employé.

tests sanguins.
Actuellement ces tests sont en cours d’évaluation. Ils peuvent être faussés par les processus inflammatoires. Ils sont de plus en plus utilisés par les hépatologues en parallèle avec la PBH. Cependant, la concordance entre les deux approches reste problématique puisqu’il y a discordance dans un cas sur trois.

Le fibrotest correspond au dosage de 5 marqueurs indirects de la fibrose avec un ajustement en fonction de l’âge et du sexe, ceci dans le but de diminuer si possible le nombre de biopsies hépatiques, acte invasif et délicat. Les marqueurs choisis sont l’a2-microglobuline, l’haptoglobine, l’apo-lipoprotéine A, la bilirubine totale et la gamma glutamyl transpeptidase.
L’actitest reprend les mêmes marqueurs mais utilise les transaminases en plus, et ce, afin d’évaluer l’activité nécrotico-inflammatoire de la maladie.
Il existe d’autres tests d’évaluation de fibrose à partir de marqueurs sanguins, comme le SNIF ou le SNCF. Ces deux approches sont également en cours de validation.
fibroscan (mesure d’élastométrie hépatique)
Cet examen est, lui aussi en cours d’évaluation. Il sert à évaluer la fibrose hépatique à l’aide d’ondes sonores qui se propagent dans le tissu hépatique. La vitesse de propagation est proportionnelle à l’élasticité du tissu hépatique. Plus celui-ci est fibrosé, plus la vitesse est grande. Le fibroscan permet également un suivi d’évolution de la cirrhose, il se fait en 5 minutes et reste le seul examen totalement non-invasif.

la classification de child-pugh
Elle définit la gravité d’une cirrhose à l’aide d’un score clinico-biologique. Cette classification permet de différencier :

le stade A : insuffisance hépatique légère ;
le stade B : insuffisance hépatique modérée ;
le stade C : insuffisance sévère avec cirrhose décompensée.
Les marqueurs utilisés sont :
bilirubine : en mg/L
albumine : en g/L
ascite : absente, modérée, permanente
taux de prothrombine : supérieur à 50 %
encéphalopathie : absente, modérée, invalidante

Gynécologie

Pour les femmes, un frottis au niveau du col et de l’endocol doit être pratiqué régulièrement, tous les 6 mois et permet de connaître l’imprégnation hormonale, l’état de la flore microbienne naturelle protectrice, ainsi que l’absence d’IST parasitaires ou infectieuses. Certaines lésions du col peuvent être dues au papillomavirus. En cas de lésions constatées, dues au HPV, une visite chez un proctologue doit être envisagée pour un examen anal, car ce virus est très transmissible.

classification des frottis
classe I et II frottis normaux
classe III frottis suspect
classe IV et V risque de cancer

Avec un cycle ovarien irrégulier, le contrôle de la progestérone, de l’œstradiol, de la FSH (hormone-> mot656] stimulant les follicules), de la LH (hormone lutéinisante) et de la testostérone sont prescrits.

Il est conseillé de faire une mammographie tous les 3 ou 4 ans, surtout au moment de la ménopause.

Chez l’homme, on dose la testostérone biodisponible qui traduirait le plus précocement les phénomènes d’andropause. Les indications de surveillance du papillomavirus sont également à prendre en compte pour les hommes, surtout en cas de rapport anal fréquent.

Important : chaque visite médicale doit vous permette de faire le point complet sur votre état général, sur les éventuelles modifications du traitement (changement de molécules, allégement, interruptions programmées), sur votre régime alimentaire, votre exercice physique, en un mot de pouvoir parler et d’être écouté.

Voir la source pour plus d'informations sur les termes employés : http://www.actupparis.org/article2221.html

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06 janvier 2006

L'hépatite A sous très haute surveillance

Santé. Médecins et laboratoires de nouveau tenus de déclarer les cas de cette affection virale du foie aux autorités sanitaires.

par Sandrine CABUT
QUOTIDIEN : mercredi 04 janvier 2006


Elle avait été supprimée en 1984. Depuis le premier janvier 2006, la déclaration obligatoire de l'hépatite à virus A est redevenue d'actualité en France. Tout cas devra être notifié à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) par le médecin traitant, ou le laboratoire qui a fait le diagnostic. L'analyse des données au niveau national relève, elle, de l'Institut de veille sanitaire.

Fièvre, fatigue, troubles digestifs, ictère (jaunisse)... Les symptômes des hépatites A aiguës se déclarent deux à sept semaines après la contamination ­ qui se fait le plus souvent entre deux personnes. Les infections silencieuses (sans symptômes) ou modérées sont fréquentes. Des formes sévères sont possibles, mais les décès sont rares. Contrairement aux hépatites B et C, il n'existe pas de forme chronique de l'hépatite A.

Ces dernières décennies, avec l'amélioration du niveau d'hygiène, ces infections virales du foie sont devenues plus rares en France. D'où la décision d'interrompre le système de déclaration obligatoire. «En 1984, l'impression était que l'hépatite A n'était pas un réel problème de santé publique, justifie Jean-Claude Trinchet, hépatologue (1). Les taux de séroprévalence (proportion de la population porteuse d'anticorps contre le virus de l'hépatite A, ndlr) avaient beaucoup baissé et les formes pédiatriques, le plus souvent asymptomatiques ou bénignes, étaient alors les plus nombreuses.» Toutefois, la baisse de l'immunité acquise dans l'enfance a entraîné une plus grande sensibilité des adultes au virus. Conséquence ? «On a vu de plus en plus de cas chez des voyageurs, des homosexuels masculins et des usagers de drogues. Or le risque de complications est plus élevé chez l'adulte», poursuit le Pr Trinchet. Une évolution d'autant plus gênante que les cinq systèmes de surveillance (via des laboratoires, des médecins sentinelles...) fournissent des données hétérogènes, peu performantes pour estimer la fréquence réelle de l'hépatite A dans la population.

«L'un des objectifs du nouveau système de notification est la détection précoce d'épidémies, notamment au niveau départemental, pour mettre en place rapidement des mesures de contrôle adaptées», assure l'Institut de veille sanitaire. Une meilleure connaissance épidémiologique permettra aussi d'adapter les stratégies vaccinales. Disponible depuis 1992, le vaccin est recommandé pour les voyageurs en zone d'endémie, les personnes exposées professionnellement au virus ou à risque de complication, tels les porteurs de maladies chroniques du foie. A terme, il pourrait aussi être proposé aux usagers de drogues, et même systématiquement aux enfants, comme aux Etats-Unis ou en Israël.

(1) Dossier sur www.invs.sante.fr

Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=348731

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05 janvier 2006


Vidéo bareback : le débat patine

Six mois après une première salve, la polémique entre Act Up et les diffuseurs de films X renaît. "Illico", fidèle à son engagement de relayer ce débat important, a choisi de publier une nouvelle tribune de l’association tout en essayant de voir ce qui a changé depuis l’été. Le constat est amer tant la virulence de l’attaque semble avoir bloqué toute initiative en termes de prévention.

Par Jean-François Laforgerie

Interpellés par Act Up-Paris cet été sur la diffusion des DVD bareback (films présentant des rapports non protégés), les professionnels du X et les diffuseurs le sont de nouveau cet hiver, toujours par Act Up qui tente de mobiliser une nouvelle fois contre ce qu’ils appellent le "bareback business". Paradoxe : c’est la diffusion d’une brochure de prévention ("Les génies du porno") destinée aux clients de ce type de films qui est à l’origine, cet été, de la polémique en France sur la diffusion de films bareback (voir "Illico" 26/08 ). Professionnels du X, diffuseurs et partenaires associatifs y voient une façon "responsable" d’encadrer la vente de ces films. Act Up (pourtant partie prenante du projet) dénonce, seule, une stratégie hypocrite, "une tartufferie" même.

Le résultat de cette première remise en cause n’est guère brillant. "Le débat sur les films bareback n’a pas pris, note Hervé Beaudoin, de Sida Info Service. Il y a une usure autour de la question de la prévention et peut-être que les gens sont las de ce type de polémique". Pas ou peu de réactions et aucune reprise en dehors des médias gay. Pire, l’attaque d’Act Up inaugure plusieurs mois sans aucune initiative. "A peine sortie, la première initiative de prévention a été pulvérisée, constate Jacky Fougeray, dirigeant du groupe Illico [dont Menstore, un des diffuseurs pris à partie pour Act Up, fait partie]. La réaction d’Act Up a tétanisé tous les acteurs engagés".

Le projet de court métrage de prévention gravé sur chaque DVD réalisé et produit en France n’a pas avancé d’un iota. "Nous allons reconstituer le groupe [qui avait réalisé la brochure "Les génies du porno"], mais ce projet de clip de prévention sera plus dur à mettre en place car il faut une coopération et un engagement fort, notamment financier, des réalisateurs" précise Hervé Beaudoin.

"La dynamique a été arrêtée, affirme Jacky Fougeray. Act-Up pourrait se demander ce qui s’est passé depuis son intervention ? C’est simple, cela a conduit à un désengagement voire à un retour en arrière de certains acteurs du dossier". En effet, la donne a évolué. Un diffuseur comme IEM a ainsi radicalement modifié son approche (il s’était d’abord engagé dans un contrôle de la diffusion des films bareback) et très largement révisé sa politique de diffusion de ce type de films (rubrique bareback explicite sur son catalogue et sur son site Internet, textes volontiers racoleurs…). Et les anciens partenaires ne discutent plus.
"Si on prend prétexte du premier blocage venu pour tout arrêter, cela veut dire qu’au point de départ, on n’était pas très déterminé à changer" tranche Jérôme Martin, président d’Act Up.

Ce n’est pas un problème pour Act Up pour qui les pistes lancées ne sont que des demies mesures qui ne permettent pas d’atteindre l’objectif que l’association s’est fixé : l’arrêt total de fabrication et de diffusion des films bareback en France.
L’association entend désormais tenter de convaincre le public de ne plus acheter, en appeler à l’éthique des réalisateurs pour qu’ils ne tournent plus ces films et à l’exemplarité des diffuseurs pour qu’ils cessent de les diffuser. "Nous avons choisi de désigner ceux qui, avec ce commerce, participent à la banalisation du sida, ceux qui, au mépris de toute éthique, font prendre des risques réels aux acteurs" précise Jérôme Martin. L’association cherche pour le moment à obtenir des diffuseurs et des réalisateurs un engagement à ne plus faire de bareback. "Il suffirait qu’un diffuseur s’engage à ne plus faire ce commerce, qu’un réalisateur indique qu’il ne tournera plus ce genre de films pour qu’ils montrent l’exemple et que d’autres les suivent. Il est certain alors que cela aurait un impact sur le comportement des spectateurs" avance Jérôme Martin. Reste une question : la pression ainsi orchestrée est-elle le meilleur et l’unique moyen pour résoudre le problème ?

Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=dossier&articleID=12102

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04 janvier 2006


Jean-Luc Roméro membre du Conseil National du Sida

Le président de l'ELCS (Elus Locaux Contre le Sida), vient d'être nommé membre du CNS (Conseil National du Sida), par le premier Ministre Dominique de Villepin, par décret paru dans le Journal Officiel du 29 Décembre 2005.

L'ELCS est heureuse de cette nomination, qui "apparaît comme une reconnaissance officielle du principe fondateur d'Élus locaux contre le sida" et applaudit le fait qu'«une personne ayant publiquement révélé sa séropositivité" soit nommée dans un organisme officiel.

Philippe Gaudin, Bernard Kanovitch, Samir Hamamah, Danielle Quantinet, Marc de Montalembert et Muriel Vray font également partie des personnes nommées membres de ce conseil, présidé par le Professeur Willy Rozembaum, et qui se chargera de faire les propositions qu'elle jugera utiles au gouvernement, concernant les problèmes que le SIDA fait subir à la société.

Source : http://citegay.fr/actualites.htm
04/01/2006 TOF - Actualites Gay

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21 décembre 2005


Sida/Cités : un droit de réponse du Comité des familles pour survivre au sida

Suite à notre article intitulé "Cités : des séro+ issus de l'immigration veulent se distinguer des associations homosexuelles blanches", dans lequel nous soulignions l’ambiguïté potentielle des termes utilisés, l’association Comité des familles pour survivre au sida nous adresse le de droit de réponse suivant :

"Mis en cause dans un article de votre site daté du 12 décembre 2005, intitulé : "Cités : des séro+ issus de l'immigration veulent se distinguer des associations homosexuelles blanches", nous vous prions de bien vouloir insérer, dans les conditions définies par la loi (L. 29 juillet 1881, art.13) le droit de réponse suivant :

Le Comité des familles est multi-communautaire. Il rassemble des séropositifs et des familles concernées par le VIH de toutes origines pour l'égalité des droits, pour vivre et se soigner dans la dignité.
Le Mega Couscous des Familles, dont vous n'avez retenu que deux citations d'une dépêche de l'AFP, a permis à des séropositifs de la banlieue de sortir de l'isolement et du silence. Dans les faits, les familles du Comité se battent au quotidien contre le conservatisme social sous toutes ses formes, notamment celle qui prend un habillage religieux, qu'il soit chrétien, musulman ou juif. Le différend entre les malades et les associations classiques est réel. Ouvrir le dialogue sur les inégalités entre les séropositifs est urgent. Otez vos œuillères, et vous comprendrez que le Comité mène un combat progressiste, à mille lieux de vos préjugés.

Reda SADKI"

Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=12060
Mis en ligne le 21/12/05

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16 décembre 2005


IST : lancement d'un site Internet pour prévenir anonymement ses partenaires

Un site internet permettant aux personnes se découvrant infectées par une infection sexuellement transmissible de prévenir anonymement leurs anciens partenaires a été lancé à Los Angeles. Le site, "http://www.InSPOTLA.org", propose plusieurs types de cartes postales électroniques pouvant être envoyées simultanément à six anciens partenaires, anonymement ou non.

Parmi les cartes, l'une dit "il faut que je te dise quelque chose... j'ai découvert que j'avais une IST. Si tu n'as pas fait de test récemment, tu le devrais". Le site donne aussi de nombreuses explications sur les IST et leur prévention.
Initiative de la fondation pour le traitement du sida (AHF) et des services de santé du comté de Los Angeles, le site souhaite mettre l'accent sur la communication, même anonyme, ont expliqué ses promoteurs.
"La communication face à face (avec ses anciens partenaires) est vraiment la chose à faire, mais certaines personnes n'y arrivent pas", a indiqué la directrice de la prévention et du dépistage de l'AHF.

Un site semblable avait été lancé en 2004 à San Francisco, et 750 personnes l'utilisent chaque jour, tandis que 500 cartes électroniques sont envoyées par mois.

Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=12034
Mis en ligne le 16/12/05

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12 décembre 2005


Cités : des séro+ issus de l'immigration veulent se distinguer des associations homosexuelles blanches

Une quarantaine de séropositifs et de proches de malades issus de l'immigration se sont réunis dimanche à La Courneuve en Seine-Saint-Denis à la cité des 4.000 pour un "méga coucous" convivial.

Organisé par le "Comité des familles pour survivre au sida", cet événement voulait attirer l'attention des médias sur les problèmes spécifiques des séropositifs issus de l'immigration. "Le sida est tabou dans la communauté musulmane. Il est associé à l'homosexualité, à la prostitution, à la drogue... il est haram (péché, ndlr) " a déclaré un membre de l'association dans une formulation quelque peu ambiguë.

Le président du Comité renforce ce sentiment de malaise quand il souligne : "Les associations comme Aides ou Act Up sont issues de la communauté homosexuelle blanche. Le problème, c'est qu'elles ne connaissent rien aux réalités de l'épidémie aujourd'hui" dans la communauté issue de l'immigration "…

Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=11981
Mis en ligne le 12/12/05

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