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04 novembre 2005



Espagne : Polémique autour d'un guide scolaire pour les filles

L'institut de la femme du gouvernement autonome de la région de Castille-la-Manche a décidé de retirer des établissements d'enseignement secondaire un guide d'éducation sexuelle qui a provoqué l'indignation des milieux conservateurs, dont l'Église catholique. «Le début de l'estime de soi est d'avoir une relation positive avec ton corps, peut-on lire dans ce petit guide destiné aux jeunes filles. Pour cela, te regarder nue, te caresser avec tendresse, te masturber peut t'aider (…) Si quelqu'un te fait des massages, relaxe-toi et abandonne-toi (…) Tu te sentiras sûrement sur une autre galaxie.» Un dessin de deux femmes se caressant accompagne le texte. Les associations de parents ont crié au scandale et l'archevèque de Tolède, Antonio Cañizares, a déclaré dans un communiqué que le guide incite au lesbianisme. Tous ont exigé le retrait immédiat de ce matériel d'éducation. «Ce guide peut inciter à de graves confusions à certains âges, un adolescent et un adulte n'ont pas les mêmes nécessités sexuelles», a pour sa part insisté Claudia Alonso, secrétaire générale de Nuevas Generaciones du Parti populaire de Castille-la-Manche. Le guide sera donc soumis à un comité d'éthique composé de psychologues et de professionnels de l'éducation. «Avec cette mesure, ont indiqué les autorités, nous prétendons adapter le texte aux nécessités pédagogiques de la communauté scolaire de la région.»



par Martine Audusseau

Source : http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=8559

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30 octobre 2005


La sexualité vue sous son angle positif

Le Messager (Douala)

Publié sur le web le 26 Octobre 2005

Par Nadège Christelle BOWA


Pour redonner à la sexualité ses lettres de noblesse, l'Association de lutte contre les violences faites aux femmes (Alvf), organise à Yaoundé, un séminaire sur l'éducation à la sexualité humaine.

" Nous avons décidé de travailler sur la sexualité parce qu'on a constaté qu'à cause du vih-sida, tout le monde travaille sur ce sujet, mais tous n'y mettent pas le même contenu. Beaucoup d'associations font de l'éducation sexuelle, mais toujours dans son aspect négatif vih-sida. Nous avons voulu montrer l'aspect positif de la sexualité ; c'est-à-dire, ne plus lier la sexualité à la maladie. On a voulu montrer que la sexualité peut être positive, et faire le lien avec les valeurs, le genre et les violences faites aux femmes. C'est notre plus grande préoccupation", explique Esther Endalé, coordonnatrice du programme de formation des formateurs sur l'éducation à la sexualité humaine dans une approche genre et prévention des violences faites aux femmes.


Les travaux du 6ème et dernier bloc du programme qui se tient du 24 octobre au 4 novembre à Yaoundé, portent sur : l'identité, les orientations et les rôles sexuels ; le désir, le plaisir, l'orgasme, les fantasmes; l'évaluation des programmes, la construction d'instruments d'évaluation adaptés aux programmes à implanter; les situations difficiles dans l'animation des programmes ou l'intervention. "La sexualité est un aspect de notre vie qui est très important. D'où la nécessité de réviser les messages que l'on transmet aux jeunes. Par exemple, si on veut que les jeunes s'abstiennent, il faut déjà qu'ils sachent ce que c'est le désir, le plaisir et comment le gérer. Tout ça, c'est un problème de valeur. Il faut qu'ils sachent où ils mettent leur valeur pour pouvoir décider. Car nul ne peut décider à la place de l'autre. Vous avez des pulsions, vous devez savoir que pour que vous vous absteniez, il va falloir les maîtriser. Pour ce faire, il faut les connaître".

A l'issue de cette séance, le Cameroun sera doté de six formateurs, enfants du terroir, capables transmettre ce qu'ils ont appris, d'appuyer toutes les associations, les structures qui auront besoin de formation sur la sexualité. Parce qu'il ne faut oublier qu'en ce moment au Cameroun, il y a un grand projet, c'est de ramener l'éducation sexuelle dans les établissements scolaires, et nous disons, ce n'est pas de l'éducation sexuelle, c'est de l'éducation à la sexualité qu'il faudrait là. Et nous avons des personnes qui peuvent aider à la mise des programmes nationaux sur ce thème. Egalement, de plus en plus on entend parler des orientations sexuelles, de l'homosexualité, tout cela rentre dans la sexualité. Même au Cameroun, l'homosexualité existe. En tant qu'intervenant, nous avons à faire face à des jeunes qui ont des orientations sexuelles homo. Ce sont des choses qu'un bon intervenant puisse prendre en compte et gérer" conclut la coordonnatrice.

Source : http://fr.allafrica.com/stories/200510260580.html

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23 octobre 2005

XY : La confusion des genres

par Claire Chartier

Transsexualité, homoparentalité, mariage gay… Aux revendications des minorités font désormais écho les interrogations de la société sur les frontières entre les sexes. Au-delà des polémiques et des effets de mode, une nouvelle ère s'annonce


Camille et Benito veulent passer devant M. le Maire. Mais M. le Maire n'est pas d'accord. Car, dans la vie, Benito est «Monica», barrette de strass dans les cheveux, buste de silicone et pénis entre les jambes. Camille n'a pas non plus toujours été Camille: il y a six ans, cette grande rousse au rire de baryton vivait encore maritalement avec une catholique bon teint. Puis Camille est devenue femme. Ce qui ne l'a pas empêchée de conserver son emploi au conservatoire de musique de Rueil-Malmaison. Pour l'état civil, donc, Camille et Benito peuvent se marier, puisqu'elles sont majeures et de sexe opposé. Mais le parquet de Nanterre, saisi en avril dernier par Patrick Ollier, édile de Rueil-Malmaison, a estimé que leur union serait «une forme de provocation, un mariage militant». Décision confirmée par la cour d'appel de Versailles, pour laquelle «la recherche au travers du mariage d'un but étranger à l'institution équivaut à un défaut de consentement». La prochaine étape de ces deux suffragettes hors normes? La Cour de cassation.

Jamais les magistrats français n'avaient été confrontés à un tel imbroglio juridico-sexuel. Monica, elle, est habituée à ce que la vie n'aille jamais comme il faut. «J'ai 30 ans, dont vingt-cinq ans de lutte», raconte cette ancienne Miss Trans Argentine à l'accent velouté, qui vient de passer douze ans sur le trottoir. Elle a donné rendez-vous dans le lieu le plus impersonnel qui soit, un fast-food du centre de Paris, interlope et populo, comme elle. «A 5 ans, je m'habillais déjà comme Laura Ingalls dans La Petite Maison dans la prairie», raconte cette brune pétulante en agitant ses mains de fille, incroyablement fines. Entre X et Y, Monica a refusé de choisir. Son phallus, elle tient à le garder. Il fait partie d'elle-même. «Les êtres de mon espèce forment une nouvelle catégorie de la race humaine: les transgenres», proclame-t-elle, emphatique. Des transgenres qui ressentent tout de même une attirance plus marquée pour l'un ou l'autre sexe: ainsi Monica comme sa compagne revendiquent-elles leur identité féminine. Du mal à suivre? Camille explique: «Les identités sexuelles, ce qui fait que l'on se sent d'un genre plutôt que d'un autre, sont multiples. Ce sont elles qui comptent, pas notre caryotype.» Bref, le sexe biologique est une chose, mais le sexe mental en est une autre. Et le comportement sexuel, une troisième. D'où cette perspective, vertigineuse: être un homme ou être une femme ne va pas de soi. Le psychiatre Bernard Cordier, qui assure la prise en charge de transsexuels à l'hôpital Foch, à Suresnes, le confirme: «Après quinze ans de pratique, je ne considère plus comme un fait établi l'harmonie entre les sexes biologique, physique et cérébral.» Qu'est-ce qu'un homme? Qu'est-ce qu'une femme? Certes, Camille et Monica ne sont pas représentatives de la population française. Mais leurs voix discordantes ont tout de même contraint les politiques et les magistrats à prendre position. Parce que ce couple dérangeant écorne les fondements d'un monde que l'on croyait immuable, un monde bipolaire où les hommes et les femmes formeraient deux catégories distinctes. Il épouse les contours d'une nouvelle ère, la nôtre, dans laquelle les frontières entre le masculin et le féminin se brouillent jusqu'à déboucher, parfois, sur la confusion des genres. Une révolution amorcée par la pilule, qui a permis à chacun d'affirmer son identité sexuelle indépendamment des contingences de la nature en affranchissant la sexualité de la procréation. Désormais, les transsexuels ont droit de cité aux Jeux olympiques. Dans les magazines, sur les plateaux de télévision, la figure de l'androgyne s'affiche, se raconte. Des mâles «métrosexuels» aux amours hétéros s'oignent et se bichonnent comme des filles d'Eve. Les hommes pouponnent, libèrent leurs larmes et lisent le mensuel Psychologies, sans trop savoir, d'ailleurs, où tout cela les mène. «Qu'attend-on d'un homme aujourd'hui? Qu'il n'intériorise plus ses sentiments. Mais après quel genre de garçons une grande majorité de femmes courent-elles? Les hommes qu'elles n'arrivent pas à cerner», se lamente Antoine sur le forum Internet du magazine. Il poursuit: «Et si la fameuse crise identitaire masculine, ce n'était pas ça, l'expression d'un malaise à l'égard d'attentes de fond totalement en contradiction avec les attentes de forme?»


Pendant que le sexe fort cherchait sa boussole, le masculin-féminin est devenu un enjeu politique. En juin 2000, la loi sur la parité, qui promeut l'égal accès des hommes et des femmes aux mandats et aux fonctions électives, «a fait du genre un élément incontestable et permanent de la conscience politique en France», relève Joan W. Scott dans son ouvrage Parité! L'universel et la différence des sexes (Albin Michel). Les orientations sexuelles se sont même immiscées dans le corpus législatif par le biais de la loi contre les discriminations à caractère sexiste ou homophobe. Aujourd'hui, c'est du combat des homosexuels pour le droit au mariage et à l'adoption qu'il s'agit, affirment les militants féministes et homos. Combat qui renvoie à la place assignée à l'homme et à la femme dans la famille ou dans le couple. C'est dire combien la société s'interroge désormais sur ce qui constitue son fondement même: la différence sexuelle.

On ne naît pas femme, on le devient», clamait Simone de Beauvoir dans Le Deuxième Sexe, formule désormais célèbre. Quel est le rôle de chacun des deux sexes, sa manière d'être, ses relations avec l'autre dans tous les aspects de la vie? Depuis une dizaine d'années déjà, dans le sillage de leurs homologues américains, de nombreux chercheurs se livrent à ce que l'on appelle «l'étude du genre» (voir l'encadré). L'Histoire, le marché du travail, les sciences, les relations internationales, la politique… le domaine d'investigation est immense pour ces intellectuels qui ne cachent pas leurs intentions militantes: mettre au jour les mécanismes de la domination masculine et promouvoir une véritable égalité des sexes. Que nous disent ces recherches? Que, là encore, rien n'est simple. Que les caractéristiques psychiques, le comportement et le statut social de chacun des deux sexes - le genre - n'est pas nécessairement lié au sexe biologique. «Nous sommes tous colorés à la fois de masculin et de féminin, explique Hélène Cixous. Cheveux gris coupés ras, yeux soulignés de khôl à la Néfertiti, cette philosophe, disciple de Jacques Derrida, a fondé, en 1974, le premier doctorat d'études féminines à Paris VIII. «Les rôles sexués ne sont pas figés, dit-elle. Ils revêtent des significations variables selon l'époque, le milieu, la classe sociale, la race.» Dans un ouvrage qui a fait date, en 1990, La Fabrique du sexe. Essai sur le corps et le genre en Occident (Gallimard), l'historien américain Thomas Laqueur montre, par exemple, que le concept d' «une nature féminine» radicalement distincte de celle de l'homme est une invention récente. Avant les Lumières, médecins et philosophes concevaient les humains comme relevant d'un seul et même sexe. Hommes et femmes possédaient à leurs yeux les mêmes organes génitaux, les uns à l'extérieur, les autres à l'intérieur. Le degré de chaleur corporelle, que l'on croyait à l'époque plus élevé chez les hommes, expliquait cette différence anatomique. C'était donc la complexion, le sang, et non le sexe biologique, qui distinguait les individus.

A partir du XVIIIe siècle, les savants scindent l'espèce en deux catégories, en fonction du sexe, du squelette et du rôle de chacun dans la reproduction. Ils affublent les femmes de crânes minuscules et de bassins démesurés, les réduisent à leur fonction maternelle et inventent une «nature féminine», faite de douceur, de sensibilité et de pudeur. Par la suite, l'image de la femme a continué à évoluer à mesure que son sort s'améliorait. «Il est évident que le genre féminin au XIXe siècle n'est pas celui d'aujourd'hui, souligne Rebecca Rogers, qui enseigne l'histoire des femmes et du genre à l'université de Strasbourg. En 1850, être une femme, c'était être une bonne épouse et une bonne mère. De nos jours, c'est étudier et travailler, tout en faisant des enfants et en partageant la charge de l'éducation avec le père.» Les hommes ne sont pas à l'abri de ces assignations sexistes. Daniel Welzer-Lang, auteur de l'ouvrage Les hommes aussi changent (Payot), raconte ainsi que durant la Grande Guerre, l'état-major français avait sciemment répandu l'idée que les hommes rétifs à partir au front étaient des «femmelettes».


Si le genre est construit, il peut donc être déconstruit. Judith Butler, professeur de littérature comparée à l'université américaine de Californie à Berkeley, est la première à avoir osé pousser la logique à son terme. Dans son ouvrage Trouble dans le genre (La Découverte), édité il y a seize ans aux Etats-Unis mais qui vient tout juste d'être traduit en français, cette philosophe dynamite le classique duo X-Y en redéfinissant le genre comme une performance, au sens théâtral du terme. Le féminin ou le masculin deviennent de simples rôles que l'on peut choisir ou non d'endosser, de parodier ou d'échanger à loisir. Femmes, hommes, hétéros, homos, bisexuels ou transsexuels, dans cette farandole des genres, baptisée «mouvement queer» (étrange, bizarre, en anglais), les identités sexuelles disparaissent au profit des individus, qui ne cessent de se fabriquer et de se refabriquer dans leur rapport aux autres. Il n'y a plus, d'un côté, la femme et, de l'autre, l'homme, mais la Blanche lesbienne, le Noir transsexuel, la Maghrébine hétéro, la féministe bisexuelle… Bref, une prolifération de différences. La charge subversive est évidente. Voici venu le temps de la «sexopolitique», avertit d'ailleurs Beatriz Preciado. «La politique des multitudes queer s'oppose aux politiques républicaines universalistes, qui […] imposent l'“intégration des différences” au sein de la République», écrit cette philosophe pétaradante dans la revue trimestrielle Multitudes. Les minoritaires sexuels deviennent multitudes. Le monstre sexuel qui a pour nom multitude devient queer.» En France, le mouvement gagne lentement du terrain, et pas seulement dans sa version drag queen un peu folklorique. Parmi les pionniers, Marie-Hélène Bourcier, amatrice de provocations salaces, ou le groupe Panik Qulture, dont l'icône, un certain Marcella Moustache, pseudo-étudiant à l'humour potache, s'autosodomise dans un court-métrage porno avec un exemplaire de Race et histoire, de Claude Lévi-Strauss. Mais le courant séduit aussi des féministes de la nouvelle génération (voir l'encadré sur Joy Sorman) comme des intellectuels bien mis, à l'instar du sociologue Eric Fassin. «Le mouvement queer ne reproduit pas les normes à l'envers, dans une logique de transgression, il les interroge, explique ce normalien, qui a préfacé l'édition française de Trouble dans le genre, de Judith Butler. A mon sens, c'est exactement la démarche d'une société démocratique.»

Se pencher sur les manifestations du genre - sans toutefois aller jusqu'à adopter la vision butlérienne - amenait déjà à remettre en question les rapports traditionnels entre hommes et femmes, dans tous les domaines de l'existence: le couple, la famille, l'éducation, le travail… Mais introduire la sexualité dans le débat sur le mode queer revient à faire de la différence sexuelle une simple affaire de biologie. Ce qui permet de prétendre en finir une fois pour toutes avec l'idée d'un ordre naturel inaltérable, d'où découlerait le modèle familial et les liens de pouvoir en général. La polémique actuelle sur l'homoparentalité est une bonne illustration du débat. Aux yeux des militants queer et gays, les homosexuels ne sont pas moins aptes que les hétérosexuels à former un vrai couple et à élever des enfants. Aussi les premiers doivent-ils avoir les mêmes droits que les seconds: se marier, adopter. C'est à la société de modifier ses fondements juridiques. Sur ce point, les anarchistes de la «sexopolitique» en arrivent à faire cause commune avec les partisans d'une lecture «incarnée», moins abstraite, de l'égalité républicaine. «Pourquoi des gens n'auraient-ils pas le droit à l'égalité, sous prétexte qu'ils sont homosexuels?» demande ainsi la politologue Janine Mossuz-Lavaux, apôtre de la parité.


«Ce qui s'exprime aujourd'hui, c'est une vérité humaine très troublante, très dérangeante, mais qu'on ne peut pas ignorer, estime le psychanalyste Patrick Guyomar. Tout le pôle qui organisait la procréation - le couple, la famille, la filiation - est de moins en moins constitutif de l'identité humaine. Nous nous posons la question du sens et de la place de la sexualité dans la vie de chaque individu: qu'est-ce qui doit être permis ou interdit? A mes yeux, cette évolution est irréversible. Mais elle ne doit pas déboucher sur une négation de la différence sexuelle, qui est au fondement même de notre ordre symbolique.» Le Vatican n'est évidemment pas entièrement de cet avis. Entrant dans la mêlée, le Saint-Siège s'en est pris longuement à la théorie du genre dans un ouvrage sur les valeurs familiales, publié au printemps dernier. Tony Anatrella a amplement collaboré à l'ouvrage. «En remplaçant la différence sexuelle par la différence des sexualités, on met sur un plan d'égalité toutes les formes de sexualité, argue ce prêtre et psychanalyste, qui dénonce dans Le Règne de Narcisse (Presses de la Renaissance) la tyrannie contemporaine du désir roi. L'homoparentalité? Mais comment une tendance sexuelle peut-elle être légalisée? Si tel était le cas, ne faudrait-il pas, au nom de l'égalité, toutes les légaliser, même celles qui sont actuellement pénalisées? Nous voyons bien dans quelle folie la société risque de s'engager.»


L'enjeu va bien au-delà d'une énième bataille rangée entre «réactionnaires» et «gens d'ouverture». Il concerne nos valeurs. Il renvoie aux normes et au contenu que nous leur donnons. «Il n'est pas politiquement correct de dire que nous sommes captifs de l'idéologie du “tout se vaut”, lâche la juriste Françoise Dekeuwer-Desfossez, spécialiste de la famille. Pourtant, nous ne savons plus nous doter d'une philosophie commune qui dit ce qui est possible et défendu, qui situe le bien et le mal, bref, qui nous permet de vivre ensemble. Notre système social s'apparente de plus en plus à la Convention européenne des droits de l'homme: chacun a ses droits, qui sont opposables à l'Etat et aux autres.» Cette incertitude actuelle autour de nos repères communs, ce flottement autour du masculin et du féminin signifient-ils nécessairement tribalisme social et absence de valeurs? Le sociologue Eric Fassin ne le croit pas: «Cela veut simplement dire que le contenu de ces valeurs n'est plus donné d'avance, qu'il peut évoluer.» La science semble vouloir lui donner raison. Car, si le biologiste Henri Atlan voit juste, l'ultime et jusque-là irréductible différence - la capacité féminine à enfanter - ne sera bientôt plus. Les bébés pousseront à l'ombre d'utérus artificiels, loin du ventre de leurs mères. Et la question du genre sera presque réglée, au détail morphologique près. Détail qui, il est vrai, a son importance.


Post-scriptum

Une Académie du sexe et des relations ouvrira ses portes au printemps 2006 à Londres. Ce «parc à thème» proposera des «expositions interactives et high tech» sur la «principale préoccupation de l'humanité». Mais, précise le Dr Sarah Brewer, directrice des expositions, «l'excitation n'est pas le but».

Le mot pour le dire

Le mot s'immisce depuis peu dans le langage courant, dans les colloques et dans les cénacles politiques. A la veille du référendum sur la Constitution européenne, le groupe des «femmes socialistes pour le oui», emmené par Elisabeth Guigou, a même expressément utilisé le terme «genre» dans son compte rendu. Une vogue qui n'est pas du goût de la Commission générale de terminologie et de néologie, laquelle, dans un récent avis, condamne cet «usage abusif» du substantif, préconisant l'emploi de «sexe» ou «sexiste».
De quoi parlons-nous, au juste? Le mot «genre», du latin genus, generis, renvoie à l'engendrement, donc à la biologie et à la nature. Le français l'utilise sur le plan grammatical afin de distinguer le féminin du masculin. L'anglais, lui, l'a élargi depuis longtemps dans l'usage quotidien à sa dimension sociale: les rôles respectifs des femmes et des hommes dans tous les aspects de l'existence. Ce sont d'ailleurs les féministes anglo-saxonnes qui ont commencé à utiliser le terme comme outil de recherche dans les années 1970 avec les women's studies, les études sur les femmes. Leur but: souligner la différence entre sexe biologique et sexe social. Avec, in fine, la ferme intention de porter le coup de grâce à l' «idéologie naturalisante» qui présente la différence des sexes comme une donnée naturelle et inaltérable. Sous l'influence du marxisme, du structuralisme, de la psychanalyse ainsi que des travaux de Michel Foucault sur la sexualité et des études gays à la fin des années 1980, les women's studies s'étendent aux gender studies. Les hommes sont intégrés au champ d'analyse, sous l'angle des rapports qu'ils entretiennent avec l'autre sexe.
En France, l'université se méfie de ces chercheurs et surtout chercheuses au militantisme affiché, qu'elle soupçonne de vouloir défendre une version communautariste de la différence sexuelle. La greffe finit par prendre dans les années 1990, avec l'explosion médiatique des sciences sociales, qui commencent à analyser le champ du travail sous l'angle féminin. Aujourd'hui, de nombreuses chercheuses du CNRS se sont spécialisées dans les études de genre, qui font par ailleurs l'objet de modules universitaires. Mais des blocages persistent, assurent les intéressés. «Il y a toujours très peu d'affichage de postes sur ces sujets, considérés comme peu nobles ou de parti pris, déplore Delphine Gardey, auteure avec Ilana Löwy de L'Invention du naturel (Archives contemporaines). On nous reproche de faire de la politique, mais de quelle neutralité nous parle-t-on? Les femmes ne représentent que 16% des profs d'université!»


© C. Hélie/Gallimard
Joy Sorman. Il faut que «la fille n'ait pas l'air d'une fille!»

Virilité féminine

Le titre, en forme de clin d'œil, est celui d'un refrain martelé dans les années 1980 par l'une des premières chanteuses bimbo - Sabrina, pour les connaisseurs. Dans son récit Boys, boys, boys (Gallimard), la trentenaire Joy Sorman pousse un coup de gueule contre ses congénères féminines, à qui elle reproche justement de ne pas suffisamment «l'ouvrir». Cette ancienne prof de philo reconvertie dans les événements culturels est partie d'un constat facilement vérifiable: dans les dîners, ce sont les garçons qui causent, jamais les filles. Des décennies de féminisme pour en arriver là! «Je dois à mon sexe de parler aussi fort que les garçons, parce que, si je ne fais pas le boulot, ce n'est pas la peine de réclamer les mêmes droits pour tout le monde!» lance cette brune à l'air intello. Tout à fait dans la note queer, Joy Sorman invite ses congénères à s'inventer une «virilité féminine». Dîners dehors ou bamboche jusqu'au bout de la nuit sans Monsieur. Crâne rasé et treillis si l'idée séduit. Tout doit être fait sur le plan vestimentaire et comportemental pour que «le mec n'ait pas l'air d'un mec et que la fille n'ait pas l'air d'une fille». Joy Sorman en est convaincue: «Ces petites choses du quotidien forcent les autres à se poser des questions sur l'image du couple et à s'arracher aux représentations sexuées que la société leur impose.» Un projet foncièrement «politique», insiste la jeune écrivaine, que l'analyse des rapports de force, d'amitié, ou d'amour fascine. «L'objectif, conclut-elle, ce n'est plus l'égalité des sexes. C'est qu'il n'y ait plus qu'un seul sexe.»

Rebelles à la mixité

Face au péril d'une confusion des genres, les «naturalistes» redonnent de la voix. Oui, les hommes et les femmes sont intrinsèquement différents, estime Antoinette Fouque, la grande figure du féminisme historique en France, dans un livre réédité chez Gallimard: Il y a deux sexes. Aucunement militants, mais commercialement avisés, John Gray ou Allan et Barbara Pease font un malheur avec leurs modes d'emploi censés garantir la paix des ménages (Les hommes viennent de Mars. Les femmes viennent de Vénus; Pourquoi les hommes n'écoutent jamais rien. Pourquoi les femmes ne savent pas lire les cartes routières, les deux chez First Editions).
Au nom de cette différence, certains remettent en question la mixité. Le sociologue Michel Fize suggère un clivage scolaire au collège, où les filles souffriraient de leur concurrence avec les garçons. Aux Etats-Unis, un établissement primaire du Kentucky sépare depuis trois ans les garçons et les filles afin de favoriser les apprentissages. Parce qu'ils sont moins pourvus en sérotonine que les filles, mais beaucoup plus en testostérone, les jeunes mâles ont droit à des intermèdes sportifs au cours de la journée. Leurs camarades du sexe opposé bénéficient, elles, de plus de temps pour réaliser les contrôles. Et ça marche: les résultats s'améliorent, assure la direction. Dans le commerce, certains ont flairé le créneau. Ladies' Academy, une école de pilotage automobile réservée aux femmes, vient d'ouvrir ses portes à Paris. «Les hommes se lancent tout de suite, quitte à faire marche arrière, explique son attachée de presse, Sophie Grimaud. Les femmes ont peur d'abîmer la voiture.» De son côté, l'agence de voyages Femmes du monde offre à celles qui veulent partir entre copines une plongée dans la vie des Marocaines, Camerounaises ou Turques. Véronique Bollet, fondatrice de l'entreprise, l'assure: «Pour pouvoir s'immerger dans leur quotidien, il faut être entre femmes.» Du côté des clubs de gym, l'américain Curves, déjà à la tête de deux centres women only en France, compte ouvrir une douzaine de centres supplémentaires dans l'Hexagone d'ici à la fin de l'année. Les clientes apprécient les programmes «adaptés à leur morphologie», explique Emmanuelle Hardy, chargée d'épauler les franchisés français. Que les hommes se rassurent: ils en auront bientôt, eux aussi, pour leurs biscotos. Les clubs de gym Cuts, 100% mâles, débarquent en Europe cet automne.

Source : http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/sexualite/dossier.asp?ida=435364

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15 octobre 2005


Tout savoir sur le plaisir anal pour elle

de Tristan Taormino

Langue : Français
Éditeur : Tabou (15 juin 2005)
Collection : Guides tabou
Format : Reliure inconnue
ISBN : 291563503X

Points de vue et chroniques :

Adventice :


Ce guide Tabou éditions traite véritablement sans…tabous, sans retenue et sans faux-semblants du plaisir anal féminin. C’est probablement un des sujets les moins abordés et des plus secrets dans la littérature consacrée aux plaisirs sensuels. Tristan Taormino, new yorkaise, écrivaine et éditrice de revues et livres consacrés au sexe, nous informe agréablement mais sans détours et avec sérieux sur les techniques de pénétration, de jeux avec des gadgets, de protection efficace pour une sexualité anale épanouie, etc. Ses chapitres, documentés et illustrés, s’appuient sur les travaux les plus récents dans le domaine du plaisir anal. Ils démythifient et démontrent que la sexualité anale est une source de sensualité souvent fantasmée par les femmes et leurs compagnons. Elles vont enfin pouvoir passer en douceur à la pratique avec ce guide qui s’adresse à toutes - hétéro, homo et bisexuelles .
Il ne faut négliger aucun orifice, surtout pas l'anus dont le caractère érogène en surprendra plus d'une. Ce livre, amplement illustré, est un guide pratique des plaisirs du cul destiné exclusivement à l'attention des femmes.

Pour commander ce livre, cliquez ici ou ici.

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27 septembre 2005


L'éjaculation féminine vous intéresse?


Deborah Sundhal, la spécialiste de l'éjaculation féminine, tournera le mois prochain, à Paris, une version française de son célèbre «How to female ejaculate» (lire le dossier sur le porno lesbien dans Têtu n°99). Pour ce film, elle recherche trois femmes à qui elle enseignerait l'art de l'éjaculation lors de leçons filmées et deux autres pour raconter leur première fois et ce qu'être une femme-fontaine signifie dans leur vie et dans leur relation. Le tournage aura lieu finoctobre, pour une sortie en DVD prévue en mai 2006.
Pour en savoir plus: deborah@isismedia.org

par Quotidien

Source : http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=1930

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20 septembre 2005


De plus en plus d'Américaines tentées par la bisexualité

Presse Canadienne

De plus en plus d'Américaines, notamment celles âgées d'une vingtaine d'années, s'adonnent volontiers à la bisexualité ou à l'homosexualité, si l'en croit une nouvelle et très sérieuse étude menée par les Centres de contrôle des maladies (CDC) d'Atlanta (Géorgie).

D'après ces travaux, rendus publics jeudi par le département statistiques des CDC, 11,5 pour cent des femmes âgées de 18 à 44 ans affirment avoir eu au moins une expérience sexuelle avec une autre femme au cours de leur vie, alors qu'elles n'étaient que 4 pour cent il y a dix ans.

Concernant les femmes d'une vingtaine d'années, le pourcentage atteint même 14 pour cent dans l'étude la plus récente. En revanche, seuls 6 pour cent des hommes d'une vingtaine d'années déclarent avoir fait au moins une rencontre avec une personne du même sexe.

Bien que les responsables aient pris toutes les précautions pour que l'anonymat des participants soit respecté, les chercheurs ne s'expliquent pas que les résultats concernant les hommes soient si bas. La question qui se pose est, selon eux, de savoir si les hommes évitent l'homosexualité ou s'ils ont simplement du mal à l'avouer.

Les résultats de ces travaux sur la bisexualité et les autres comportements sexuels des Américains sont tirés d'une étude nationale sur le développement de la famille, qui regroupe 12 571 interviews. Réalisée entre mars 2002 et mars 2003, elle fait apparaître que la plupart des participants, indépendamment de leurs préférences sexuelles, avaient relativement peu de partenaires et présentaient peu de risques de transmission de maladies sexuellement transmissibles.

S'agissant des relations homosexuelles, William Mosher, le statisticien responsable de l'étude, explique s'être attaché à comprendre pourquoi les femmes jeunes recherchaient ce genre de rencontres et si elles essayaient ainsi d'éviter les maladies contractables avec des hommes. Reste que, de l'avis de nombreux spécialistes, il s'agit simplement d'un rite de passage.

Cette tendance relevé chez les collégiennes a conduit les experts à se focaliser sur le terme "LUG" (Lesbian Until Graduation, lesbienne jusqu'au diplôme, NDLR), précise Craig Kinsley, neuroscientifique à l'Université de Richmond et spécialiste de la biologie des sexes.

L'étude souligne par ailleurs qu'environ 10 pour cent des filles âgées de 15 à 19 ans et 12 pour cent des hommes ont eu une expérience hétérosexuelle orale, sans pénétration vaginale. On y apprend par ailleurs que 39 pour cent des Américains de 15 à 44 ans ayant eu au moins un partenaire sexuel dans l'année écoulée avaient utilisé un préservatif au cours de leur dernière rencontre.

Source : http://www.matin.qc.ca/monde.php?article=20050916143540

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04 août 2005



Tout savoir sur le cunnilingus

de Violet Blue, Murielle Kosman (Traduction), Phillipe Louet (Traduction)

Langue : Français
Éditeur : Tabou (10 juin 2005)
Format : Broché - 191 pages
ISBN : 2915635064


Chroniques et points de vue

Présentation de l'éditeur :


Violet Blue, éducatrice sexuelle chez Good Vibrations, vous révèle tous les trucs et astuces et répond à toutes vos interrogations pour vous adonner aux joies du cunnilingus et goûter aux fruits interdits sans modération. Ce manuel s'adresse à toutes les femmes - hétérosexuelles, lesbiennes, bisexuelles - ainsi qu'aux hommes qui recherchent un plaisir différent. Il aborde différents points essentiels pour s'approprier cette pratique en toute sérénité: Comment introduire le cunnilingus dans vos pratiques sexuelles? Comment aborder le thème du cunnilingus avec un partenaire réticent? Vous trouverez une présentation claire et illustrée de l'anatomie féminine... et son mode d'emploi, des techniques et méthodes pour lui permettre d'atteindre des orgasmes torrides, des conseils utiles sur l'hygiène et les préliminaires- incluant le rasage et l'épilation, et vous apprendrez tout au sujet des gadgets, des jeux et des fantasmes. Et pour pimenter le tout d'une pointe d'érotisme avec les nouvelles coquines d'Alison Tyler qui parsèment cet ouvrage pour exciter votre curiosité et stimuler votre imagination...

Biographie de l'auteur :

Violet Blue est rédactrice chez Good Vibrations, entreprise californienne avec laquelle elle collabore en tant qu'éducatrice sexuelle depuis déjà de nombreuses années. Elle publie régulièrement des manuels à portée pédagogique sur la sexualité et des critiques de livres et de vidéos à caractère pornographique. Son métier de journaliste spécialisée l'amène à rédiger de nombreux articles, notamment dans la revue Sweet Life: Erotic Fantasies for Couples dont elle est rédactrice en chef. Elle a, à ce jour, publié deux ouvrages traitant de la sexualité orale: " Tout savoir sur le cunnilingus "" et "Tout savoir sur la fellation •", tous deux édités par Tabou Editions. En dehors de ses activités professionnelles, Violet s'adonne à d'autres passions, travaillant sur les projets du " Survival Research Lab " (artistes détournant de leur fonction des machines industrielles à des fins artistiques et spectaculaires) ou encore la dégustation de grands crus et ne désespère pas de trouver un jour le pain au chocolat parfait.

Article Adventice :

L'art de réussir les cunnilingus

Elle s'appelle Violet Blue et vient de San Francisco où elle travaille depuis longtemps à améliorer les plaisirs féminins. Son ouvrage est un guide complet sur le fonctionnement du clitoris et les techniques à maîtriser pour devenir la reine du cuni. Un ouvrage tout simplement indispensable.

Vous vous pensiez plutôt vaginale que clitoridienne ? C'est que jusqu'à présent vous n'étiez pas tombée sur une amante en experte en cunnilingus. Vous n'êtes pas sûre de donner le meilleur de vous-même quand votre amante ouvre ses cuisses ? N'hésitez pas à apprendre comment provoquer l'orgasme : c'est plus une question de pratique acquise que de don inné. Le livre de Violet Blue a ceci de réconfortant qu'il montre qu'un bon cuni ne demande pas une expertise hors du commun, simplement la mise en pratique de quelques techniques faciles à comprendre et exécuter. Avec un sens pragmatique propre aux américaines, Violet Blue signe un livre didactique et précis pour répondre à toutes les questions que l'on se pose sur la vie du clito (le notre et celui de nos partenaires). Le guide prend aussi en compte l'aspect mental de la jouissance féminine et développe l'aspect hygiénique et préventif relevant de la pratique du cunnilingus. S'adressant indifféremment aux hétérotes et aux lesbiennes, Violet Blue entend mettre à la portée de toutes les éléments fondamentaux pour s'assurer la maîtrise d'un cunnilingus 4 étoiles et garder un souvenir cuisant de ses performances sexuelles. Et ne serait-ce que parce qu'elle nous aide à mieux jouir, elle mérite une sacrée récompense...

Source : http://www.adventice.com/store/article.php?id=507

Pour commander ce livre, cliquez ici ou ici.

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21 juin 2005



Sexualité et «panique morale» au menu d'un congrès d'experts à San Francisco

par Lisa Leff

SAN FRANCISCO (AP) - Ils veulent parler de sexe. Mais pas comme dans la pub, les «reality shows» ou les prêches conservateurs.
Universitaires, sociologues et politiques du monde entier se réunissent cette semaine à l'Université de San Francisco pour un congrès sur la sexualité et la «panique morale» que suscitent, notamment aux Etats-Unis, des sujets comme l'homosexualité, l'avortement ou l'éducation sexuelle.
Avortement, transexuels, masturbation, toutes les études qui seront présentées lors de ce congrès aborderont surtout les conséquences dévastatrices de l'ignorance et de l'intolérance en matière de sexualité, qu'il s'agisse des réponses inadéquates à l'épidémie de SIDA, du traumatisme des victimes de viols, ou des adolescents qui ont des rapports non protégés.
C'est la première fois que l'Association internationale pour l'étude de la sexualité, la culture et la société se réunit aux Etats-Unis. Et pour Gilbert Herdt, directeur du Centre national de documentation sur la sexualité, basé à San Francisco, le moment est bien choisi.
Quand certains rient à l'idée que les Américains abreuvés de programmes télévisés comme la série «Sex and the City» manquent de connaissances sur les sujets classés X, Gilbert Herdt dénonce un rapport faussé des Américains au sexe et milite pour la «sexual literacy», la connaissance de la sexualité. «Le problème ce n'est pas que le sexe ne soit pas assez présent», dit-il, mais la façon dont il est présenté, pour «exciter, pas pour éduquer».
Il dénonce le «sexe sous emballage» servi à la fois par Hollywood et par la pudibonderie de Washington: pornographie, télé-réalité, ou spots conservateurs contre l'éducation sexuelle, le sexe aux Etats-Unis, accuse-t-il, n'apparaît que comme un outil marketing ou politique, pour faire vendre ou pour faire voter et défendre des campagnes morales contre l'homosexualité ou l'éducation sexuelle, sujet encore controversé dans les lycées américains.
Pour Gilbert Herdt, «une meilleure éducation sexuelle permettra d'élever la connaissance du grand public et d'aboutir à des politiques positives».
Au début de l'année, le centre qu'il dirige a lancé une «campagne pour la connaissance sexuelle», qui utilise Internet pour favoriser une discussion ouverte sur la sexualité et dénoncer une éducation sexuelle fondée sur l'apologie de l'abstinence et la désinformation.
Sur Internet:
Association internationale pour l'étude de la sexualité, de la culture et la société: http://iasscs.sfsu.edu/
Centre américain de documentation sur la sexualité: www.nsrc.sfsu.edu
AP

Source : http://www.edicom.ch/news/international/050620133943.mo.shtml

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13 mars 2005



Tout savoir sur le point-G et l'éjaculation féminine
Par Deborah Sundahl

Editeur : Budo
Langue : Français

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Commentaires et points de vue

Adventice.com :


L'orgasme au féminin est ici expliqué avec doigté par une spécialiste de la sexualité des femmes. Qu'est-ce que le point-G et comment l'obtenir ? Deborah Sundhal vous répond avec conseils et clarté. Il ne vous reste plus qu'à mettre en pratique les recommandations de la spécialiste. Autre chapitre attendu : l'éjaculation féminine. Là aussi, des conseils et illustrations appuient les propos de l'auteure sur cette facette méconnue du plaisir au féminin. Prenez votre pied en caressant votre prostate, et votre vagin pourra ruisseler de désir. Petite précision importante : ce livre s'adresse autant aux lesbiennes qu'aux hétérotes, Deborha Sundhal est très claire là-dessus.
Un livre essentiel à méditer seule ou à deux !

L'auteur :

Deborah Sundahl est une pionnière dans les recherches sur la sexualité féminine. Son livre sur le point et l'éjaculation féminine a été adapté dans un documentaire d'initiation à l'orgasme des femmes et traduit en plusieurs langues.

Pour commander ce livre, cliquez ici.

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06 janvier 2005



L'islam est considéré par les Français comme la religion la plus répressive en matière de sexe

Un sondage publié par "Le Monde des religions" de janvier-février montre qu'une large majorité refuse de voir les religions se transformer en instances prescriptrices de leur vie sexuelle.
Le sexe et la religion forment un couple explosif. Le Monde des religions- qui inaugure dans les kiosques, mercredi 5 janvier, une nouvelle formule -publie une enquête sur un sujet tabou. Elle mesure les représentations des Français interrogés (enquête menée par l'institut CSA auprès de 952 personnes fin novembre 2004) sur la place du sexe dans les grandes religions présentes sur le territoire.

C'est, de loin, l'islam qui se trouve le plus isolé dans une telle matière. Pour près des deux tiers des Français (72 %), il est jugé le plus "répressif" dans ses prescriptions sexuelles. Il passe pour l'ennemi du plaisir : 63 % des personnes sondées estiment que, dans l'islam, le plaisir n'a aucune "valeur positive". L'ignorance de ses pratiques se vérifie donc à nouveau. Le sexe est devenu l'emblème d'un rejet de l'islam qui a des causes bien plus complexes.

Le jugement est plus nuancé pour les autres religions, y compris le catholicisme. 43 % des Français pensent que l'Eglise catholique est "répressive" sur les affaires du sexe. Mais 46 % estiment le contraire. De même, l'épanouissement par le plaisir sexuel n'est pas jugé incompatible avec la rigueur du catholicisme : 43 % des Français créditent celui-ci d'accorder au plaisir une "valeur positive". Mais, là encore, 42 % pensent le contraire.

Cette indulgence de l'opinion - inattendue - traduit peut-être une meilleure appréciation des prises de position du magistère catholique, ou une grande indifférence. Ce sont les jeunes générations qui qualifient l'Eglise de répressive sur la question sexuelle, mais aussi les plus de 65 ans qui règlent quelques comptes avec un passé d'interdictions liées à leur souvenir de l'Eglise.

Dans cette enquête CSA - Le Monde des religions, le judaïsme ne s'en sort pas très bien. Il est estimé "répressif" dans ses prescriptions sexuelles pour plus du tiers des Français : 38 % contre 31 %. Bien plus, il serait l'ennemi du plaisir pour 45 % d'entre eux.

En revanche, le protestantisme garde sa réputation libérale. Un Français sur deux pense qu'il n'est pas du tout répressif dans le domaine sexuel, mais l'image d'une certaine austérité demeure, si on mesure la nuance des réponses à la question sur le plaisir : 37 % pensent qu'il a, pour les protestants, une "valeur positive", mais le même pourcentage estime exactement le contraire.

PAS DANS LA CHAMBRE

Quant au bouddhisme, l'opinion se montre hésitante à son sujet. La sympathie pour son absence (présumée) de règles morales strictes est égale à sa réputation de grande ascèse. C'est le bouddhisme que les Français considèrent comme le moins répressif en matière sexuelle (18 %), mais plus d'un tiers préfère ne pas se prononcer sur ce point. Ils prêtent au bouddhisme une vision positive du plaisir (35 %), mais, sur cette question aussi, le taux des non-réponses est très élevé (36 %).

En revanche, le refus des Français de voir les religions se transformer en instances prescriptrices de leur vie sexuelle est quasi unanime. Pas de religion dans la chambre à coucher ! 79 % des Français - le chiffre est énorme - n'estiment pas "justifiées" les interventions des religions pour dire "ce qui est bon ou non dans sa vie privée". Le seul rappel public des grands principes de vie morale heurte jusqu'à 71 % des personnes interrogées.

Le fossé s'amplifie donc entre une société qui - au nom de l'autonomie de la conscience - relègue la dimension religieuse à la seule sphère de la vie privée et des autorités religieuses tentées d'intervenir sur la scène publique, au nom d'une mission d'enseignement dont elles s'estiment créditées.

Jésus aurait-il pu être marié ? 43 % des Français n'excluent pas cette hypothèse qui a fait le succès du roman de Dan Brown Da Vinci Code. Mais "si les chercheurs prouvaient que cette thèse est vraie", 85 % estiment que cela ne changerait pas leur image de Jésus. Autrement dit, l'opinion ne fait pas un plat de la vie sexuelle (supposée) de Jésus ! L'essentiel est ailleurs.

Henri Tincq

Source :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-393020,0.html
Mis en ligne le 5/01/05

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